La Coupe d'Afrique des Nations vient de s'achèver aujourd'hui dimanche 31 janvier 2010. On connait déjà le pays champion de cette CAN. C'est l'Egypte qui est à nouveau la Championne d'Afrique. Ce qui est le plus intéressant, c'est aussi de faire un bilan de ce qui vient de se dérouler en Angola. Un bilan de cette CAN 2010, en quelque sorte.
La grande question est d'abord de savoir ce que l'on retiendra réellement de cette coupe d'Afrique. Quelle sera l'image que l'on gardera le plus ? Les images qui feront le souvenir de cette coupe d'Afrique des Nations, sont tellement nombreuses. En déhors de la compétition proprement dite.
Tout semblait bien commencer en ce jour du 10 janvier, à Luanda. Lors de l'inauguration des festivités, en présence du président angolais et de la staff de laCAF et de la FIFA. Le pays organisateur avait bien préparé l'évènement, très sûr d'avoir réussi le contrat et les engagements pris avant le début de la CAN en Angola.
Pour les Africains, en cette prériode des crises, il fallait montrer que l'on était capable d'organiser une grande fête du football sur le continent. On allait pas se priver des moyens. Surtout pas avec un pays aussi riche en pétrole qu'est l'Angola, dirigé par le parti-Etat, le MPLA, avec à sa tête, le président José Eduardo dos Santos. La richesse provenant du pétrole a fait de l'Angola le premier pays producteur de l'Afrique subsaharienne. Luanda avait mis le paquet. En moins de temps, on a vu surgir des sables luandais, comme par enchantement, quatre nouveaux stades de fooball. Et ce, dans les quatre provinces angolaises, d'où le pays avait proposé à la CAF pour son déroulement. Le dossier présenté à la Confédération Africaine de Football (CAF) semblait convaincant. Tout semblait donc en ordre. Le pays se montrerait capable d'une telle compétition, capable d'organisation avec des moyens de logements, d'hébergements, des prises en charges, et des stades mis à disposition. Il n'y avait rien à redire. La Fédération Angolaise de Football a bien ficelé son dossier. Le Ministère des Sports a très bien appuyé le travail de présentation qui a convaincu, et la CAF et la Fédération Internationale de Football Associés(FIFA). La CAF avait déjà donné son aval. Tous ont fait confiance à l'Angola. Pour le gouvernement angolais, l'affaire était dans le sac. Tout était fin prêt.
Pour l'Afrique, c'était aussi une question de prestige. Les Africains, malgré leurs difficultés sont capables de présenter un spectacle sportif que le monde entier pouvait voir et apprécier.
Dans cette optique, avec les nouveaux réglèments de la FIFA, qui préconisaient l'alternance continentale, pour respecter l'équilible, et donner la chance à tout le monde, le continent africain devrait assurer la prochaine Coupe du Monde. L'Afrique du Sud a été désigné pour organiser la Coupe du Monde 2010.
Jusqu'à ce jour, ce sont les continents américains, et surtout européens, qui monopolisaient les réalisations des coupes du monde. Argumentant qu'ils étaient plus riches et des moyens à dispositions pour cela. L'éveil du football africain, avec ses « Stars » qui jouent dans les clubs européens, et qui sont incontestablement très bons, il fallait tenir compte de cette réalité footballistique. L'Afrique fait partie désormais des continents du football mondial. Une reconnaissance admirable pour les pays africains qui voient leurs joueurs nationaux quitter leurs terres pour aller « travailler » ailleurs, remportant des victoires en remplissant des stades et enrichir ces équipes européennes. Au vu des succès de ces joueurs prestigieux, il fallait recompenser l'Afrique pour l'évolution de son football. Qui ne connaît pas Didier Drogba, Samuel Eto'o, Rafik Halliche, Rigobert Song, Mahamadou Diarra, Sessegnon, Zé Kalanga, Flavio, Manucho, Yacubu Ayegbeni, Gedo, Mwafulirwa, Kanouté, Cousin, Karim Haggui, Walid Regragui, Emmanuel Adebayor, Salifou, Essien, Ben Saada, Kolo et Yaya Touré, Bary Koné, Rabah Saadane, Nkwankwo Kanu, Augustin Okocha,Amadou Shaibu, Mahmoud el-Khatib, Antar Yahia, Ahmed Hassan, Peter Obemwingie, Gyan, Tico-Tico, Gonçalves Fumo, C. Katongo, Gilberto, et nous en passons des meilleurs.
Pour la FIFA, l'Afrique arrivait à son heure pour organiser des grandes compétitions. Le président de la Fédération Internationale de Football Associés, le Suisse, Seep Blatter, s'est rallié à cette idée que le continent africain, mal considéré jusque là, défavorisé, peut obtenir le droit d'organiser une Coupe du Monde en 2010, aussi digne comme les autres continents. Par respect de l'alternance continentale comme prévue. Le « Mundial 2010 » se déroulera bien cette année en Afrique du Sud. Le pays étant le plus représentatif sur le continent. Il y existe des infrastructures, digne de ce nom. Au mois de Juin prochain, le monde entier aura les yeux braqués vers le Sud du continent où va sérouler cet important évènement sportif footballistique.
Et sur le plan continental, c'est la Confédération Africaine de Football qui a choisi l'Angola pour une Coupe d'Afrique des Nations-Orange 2010. Elle a eu lieu du 10 janvier au 31 du même mois. Vingt-et-un jours de fête footballistique. Le pays, après avoir vécu des drames, qui vient aussi de sortir des années de guerres et autres troubles politiques, affiche une réelle volonté de s'en sortir et se redresse positivement et avec beaucoup de succès. Sur plusieurs plans. Le pays vient de donner des gages pour organiser et acceuillir les équipes continentales participantes. Sera-t-il à la hauteur de ce défi ? Pour la majorité des dirigeants et amateurs de football, la réponse est : oui. Le gouvernement, à Luanda, a assuré de bien faire et correctement, pour respecter le cahier des charges présenté par la CAF et la FIFA.
Après quelques interrogations, voire même, quelques hésitations, les deux organes supérieures ont répondu positivement à l'Angola. Ce dernier disposerait des moyens financiers suffisants.
La CAF a son siège au Caire, en Egypte. Son président actuel est le Camerounais Issa Hayatou, en place depuis 1988. L'Egypte restant encore à ce jour, le digne représentant du football africain sur le plan international et continental. Le pays détient le reccord, avec la détention des coupes d'Afrique remportées. Cette année encore, le pays était bien présent pour la finale de la CAN en Angola.
L'Egypte a échoué de peu pour sa participation à la prochaine Coupe du Monde 2010 en Afrique du Sud, éliminée par l'Algérie, lors du dernier match de qualification qui a eu lieu à Khartoum, au Soudan. Score un but à zéro. L'Algérie avait finalement gagné son ticket pour le pays de Nelson Mandela.
L'Egypte prendra sa revanche lors de la CAN 2010 en Angola, en lui infligeant une sévère correction avec une étonnante victoire de 4 buts. Les Algériens dominés en tout point de vue du match. L'Algérie terminera d'ailleurs quatrième de la compétition, battue une fois de plus par le Nigéria, troisième au classement. Les deux équipes de tête restant le Ghana et l'Egypte.
Nous avons assisté à une belle coupe qui aurait pu être parfaite si elle n'avait pas été tâchée par l'évènement que tout le monde connaît. Le mitraillage du bus transportant les coéquipiers d'Adebayor, faisant deux morts, poussant le gouvernement togolais de rappeller son équipe nationale de rentrer précipitamment au pays. Dès lors, le réglèment précisant de ne jamais quitter de cette façon des compétitions engagées, sans devoir risquer des sanctions. La politique ne peut non plus intérférer dans les affaires sportives. La CAF est restée catégorique en cas de non-respect dudit réglèment. Sur les deux motifs, la confédération africaine a estimée que l'équipe togolaise n'a pas respectée les règles. Ou du moins, le gouvernemnt de Lomé. Quant aux joueurs qui se sont vu privés de leur participation aux deux prochaines coupe d'Afrique des nations, ils ont ressentis cela comme une injustice. Eux qui ont payé cher. Le pays veut d'ores et déjà faire un recours de la décision auprès des instances comptétentes de la CAF et de la FIFA.
En attendant de statuer sur cette affaire, la décision est entrée de fait. Le Togo ne participera pas aux deux compétitions de la prochaine coupe d'Afrique des Nations. Avec toutes nos regrets sur cette sévère décision. On aurait pu prendre en compte le coup des émotions après un tel drame national.
Entretemps, la Coupe d'Afrique des Nations a continué jusqu'au 31 décembre comme convenue. On peut dire aussi que le football et la politique ne font pas bon menage. Mais alors, peut-on éviter la politique dans le monde d'aujourd'hui ? Autant d'intérêts interférants dans toutes les autres manifestations, sportives ou non-sportives. L'Angola a fait de son mieux pour tenir son engagement d'organiser cette coupe du continent. Fallait-il arrêter ou continuer les compétitions après ce qui s'est passé ? La réponse est négative. La vie continue malgré la mort de nos proches. On pourra peut-être l'Angola, ou la CAF, d'adopter une attitude qui s'apparenterait à une no-compassionnelle. Tout individu doit savoir et pouvoir se surmonter les drames de la vie. Le football ne doit pas servir de tribune à tous les extrêmistes pour exprimer leurs révendications. Il y a des lieux faits pour cela. Les stades ou toute organisation sportive ne doivent pas devenir des lieux de gagner des guerres. Aussi nobles soient-elles.
On admettra de reprocher à l'Angola, la cherté dans la vie dans ce pays où la majorité de la population n'est pas si riche comme le miroite la richesse du pétrole et les dividendes que le gouvernement tire de cette manne pétrolière. Les hôtes étrangers qui ont participé à cette CAN-Orange 2010 en Angola, tous se sont plaints sur les prix de chambres des Hôtels mis à la disposition. Il a fallu étudier ce problème avant d'accueillir les invités footballistiques. Ce qui a dissuadé quelques personnes de se rendre en Angola. Même si l'on sait que les sponsors ont payé cher pour faire passer leurs publicités ou soutenir cette Coupe en Afrique. Beaucoup de pays d'Afrique n'ont pas pu, non plus, diffuser les images des matchs de la CAN en Angola. Certains sponsors ayant monoplisé les droits de diffusions ou de rédiffusions. Un comble, pour les amateurs de football en Afrique ! Comment peut-on privé les Africains de voir leurs propres matchs qui se déroulent dans un autre pays africain ? C'est inconcevable. Si le public angolais ont pu suivre tous les matchs à la télévision et à la radio, ce n'était pas toujours le cas dans les autres pays, frontaliers ou éloignés de l'Angola. Cette polémique a été aussi un des problèmes de cette Coupe d'Afrique des Nations au pays du président José Eduardo dos Santos. Jamais les droits de retransmission de la CAN n'avait atteint une telle hausse. Même en Europe, les résidents Africains se sont vu privés de voir les matchs qui se déroulaient en Angola. Il fallait s'armer de patience, pianoter longuement les touches de télécommande pour tomber sur une chaîne de télévision où on passait des matchs de la coupe d'Afrique. Si la BBC a pu passer quelques matchs, il n'y en avait pas de masse dans les pays du Nord qui se passionnaient du football continental africain. On verra aussi ce qui va se passer pour la Coupe du Monde en Afrique du Sud.
Il n'y a qu'en Egypte, en Algérie, au Nigéria, voire même le Burkina Faso, pour ne citer que ces pays africains, qui ont déboursé de l'argent pour satisfaire leurs peuples fanatiques du football. Idem pour les radios. Mis à part, Radio France Internationale, et Africa n°1 (au Gabon) qui ont inondé les marches des pays francophones, très peu étaient en mesure de diffuser en direct les matchs de la CAN-Orange2010, en Angola. Les pays arabes du Golfe Persique n'avaient aucun problème pour voir la Coupe d'Afrique. La chaîne Al-Jazira avait racheter des droits d'exclusivités et avaient ses propres clients pour la diffusion, et la rédiffusion des matchs de la CAF. Le Quatar a mis le paquet pour le football africain et les droits de la retransmission. Certains pays se sont contentés de passer en différé certains matchs.
On peut le dire à l'heure du bilan, l'Angola a tenu son pari. La coupe s'est plus ou moins bien passé. Si sur le plan sportif, on ne peut rien reprocher à l'Angola, qui a bien assuré, en revanche, il y a encore des choses à dire pour l'amélioration de l'état des pelouses dans les nouveaux stades construits en Angola, pour cette CAN. Ce sont les Chinois qui se sont atélés, à la hâte, pour ériger ces étonnants beaux stades. On peut excuser pour les délais, à quelques mois seulement du début des compétitions. L'Angola voulait présenté des nouveautés. D'où ces quatre stades, à Luanda, à Benguela, à Lubango et à Cabinda. Pour le pays, l'évènement de la CAN a été aussi une occasion de réveiller un sentiment patriotique. Sur ce plan, le gouvernement a bien réussi ce pari de bien faire.
Les Angolais ont resseré leurs liens nationalistes. On était fiers de voir un si grand évènement se dérouler dans le pays, après des années des désordres. L'absence de loisirs s'est fait sentir. A chaque match de l'équipe nationale, les « Palancas Negras », les stades étaient bondés pour soutenir les joueurs angolais. Les gradins étaient remplis de supporters enthousiastes. Le jour des matchs, tout était coloré en rouge-jaune-noir, les couleurs nationales, les couleurs du drapeau angolais. L'ambiance était très très chaude, avant, durant, et après les matchs. Comme on vient de le voir pour les finales de la CAN 2010, avec la troisième victoire consécutive de l'Egypte.
La Confédération Africaine de Football a désigné deux nouveaux pays pour organiser les prochaines compétitions de la Coupe d'Afrique des Nations, en 2012. Ce seront le Gabon et la Guinée-Equatoriale. Les délégations de deux pays étaient présents en Angola pour étudier les leçons de l'Organisation de cette CAN à Luanda, ainsi que dans les autres stades provinciaux.
Cette fois, la FIFA devra bien s'assurer les bons déroulements de la Coupe d'Afrique des Nations aux Pays de Bongo et de Teodoro Obiang Nguema. A Libreville, comme à Bata, les matchs seront bien suivis. Tant sur le plan organisationel que celui de la sécurité des joueurs et des autres.
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