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6 juin 2015 6 06 /06 /juin /2015 05:05
Le médiateur de l'ONU pour la Libye a exhorté mercredi les parties prenantes au conflit libyen à faire des concessions, sous peine d'un effondrement du pays, à l'ouverture d'un nouveau round de négociations à Alger entre responsables libyens rivaux.

"Il faut des concessions pour parvenir à un accord final" sur un gouvernement d'union nationale, a déclaré Bernardino Leon.
Pour lui, ces négociations constituent "une dernière chance, un moment crucial (..) pour la paix et la reconstruction de la Libye au moment où le pays est confronté à un effondrement de son économie et à une montée en puissance de Daech", acronyme arabe du groupe Etat islamique.
La Libye, en proie à une guerre civile, est actuellement divisée entre deux gouvernements --et Parlements-- rivaux: l'un à Tripoli sous la coupe Fajr Libya, coalition de milices dont certaines sont islamistes, et l'autre à Tobrouk, dans l'est du pays, reconnu par la communauté internationale.
"On ne peut plus continuer à accuser le gouvernement installé à Tobrouk de représenter la continuité de l'ancien régime (de Mouammar Kadhafi, NDLR) et Fajr Libya de représenter les organisations terroristes", a-t-il estimé, soulignant que Fajr Libya combat le groupe Etat islamique.
L'ONU tente depuis des mois de trouver un compromis pour mettre fin au conflit et favoriser la formation d'un gouvernement d'union nationale qui serait la principale institution du pays.
"La seule alternative pour l'avenir de la Libye est d'aboutir à un accord. Le temps est venu de conclure cet accord", a martelé l'émissaire de l'ONU.
Bernardino Leon a précisé que les négociations d'Alger devraient permettre d'aboutir à un quatrième projet d'accord, les trois premiers n'ayant pas convaincu les parties en conflit.
"Nous allons discuter comment améliorer le projet (de l'ONU) et envoyer un message qui soit accepté par tous les Libyens et permette de résoudre définitivement le conflit", a précisé M. Leon.
"Nous pouvons apporter de nouveaux éléments et prendre en compte certaines préoccupations, de sorte à faire accepter le projet (d'accord) par tous", a-t-il dit.
Le ministre algérien des Affaires magrébines Abdelkader Messahel a lui aussi souligné la nécessité de parvenir à une solution négociée.
"En dépit des complications de la situation en Libye, nous sommes convaincus que la solution pacifique reste la seule voie", a ajouté M. Messahel.
Alger a déjà abrité depuis mars deux rencontres rassemblant des responsables libyens.

Le dialogue politique entre les parties en conflit en Libye va reprendre lundi au Maroc, a annoncé vendredi l'ONU au lendemain d'une rencontre à Alger entre des responsables libyens qui ont appelé à la formation "rapide" d'un gouvernement d'union nationale.

"La rencontre à Skhirat permettra de débattre d'un nouveau projet d'accord élaboré à partir des dernières remarques en date des parties", a indiqué vendredi dans un communiqué la Mission d'appui des Nations Unies en Libye (Manul), estimant que que "ce round sera décisif".
Elle ne précise pas de date de fin pour cette rencontre à Skhirat, ville balnéaire située entre Rabat et Casablanca.
L'ONU tente depuis des mois de trouver un compromis permettant la formation d'un gouvernement d'union nationale.
La Libye, en proie à une guerre civile, est actuellement divisée entre deux gouvernements --et Parlements-- rivaux: l'un à Tripoli sous la coupe de Fajr Libya, coalition de milices dont certaines islamistes, et l'autre à Tobrouk, dans l'est du pays, le seul reconnu par la communauté internationale.
Estimant que les pourparlers sont arrivés "à un point critique", l'ONU a appelé "toutes les parties en Libye à prendre leurs responsabilités face à l'histoire", leur rappelant "qu'il n'y a pas de solution militaire possible dans le conflit en cours".
Mercredi et jeudi, 27 représentants libyens se sont retrouvés à Alger en présence du médiateur de l'ONU pour la Libye Bernardino Leon. Ils ont appelé les parties "à faire des concessions pour parvenir à un accord politique (...) et à former rapidement un gouvernement d'union nationale".
M. Leon a indiqué jeudi à la presse qu'il travaillait sur un quatrième projet d'accord incluant des amendements qui viendraient consacrer "le principe de l'équilibre entre toutes les institutions en Libye et du consensus". Les trois premiers projets d'accord n'avaient pas convaincu les parties au conflit.
Signe que l'ONU est déterminée à faire aboutir le processus politique, elle examine des sanctions contre deux Libyens accusés d'entraver les négociations: Adboul Rahman Swehli, un homme politique de Misrata, et Othman Maliqta, un commandant d'une des brigades.

A suivre aussi pour comprendre la crise libyenne et le Maghreb :

https://www.ifri.org/fr/debats/crise-libyenne-consequences-repercussions-voisins-africains-0 ;

La Conférence de Bernard Lugan : https://www.youtube.com/watch?v=9nN5PSS4Yww ;

https://www.youtube.com/watch?v=MJvuBJJFQms .

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Published by alain serbin
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