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28 juin 2015 7 28 /06 /juin /2015 09:37

Le directeur de l'Université Populaire Africaine, Mutombo Kanyana, était dernièrement à Cuba. Nous avons voulu connaître ses impressions de voyage sur cette île castriste. Entretien.

L'actuel rapprochement USA-CUBA a permis à ce dernier pays de s'ouvrir davantage à l'extérieur, au grand bonheur de tous. En effet, subissant l'embargo, Cuba était isolé de la scène internationale. Les Etats-Unis ayant dernièmment décidé de le retirer de la leur liste noire des pays soutenant le terrorisme.

Cette décision, annoncée par le Département d'Etat américain, était attendue depuis que le président américain Barack Obama s'y était dit favorable à la mi-avril et que La Havane en avait fait une condition préalable au rétablissement de ses relations diplomatiques avec Washington.

Cuba figurait en effet sur cette fameuse liste noire depuis...1982, aux côtés de la Syrie, du Soudan et de l'Iran. L'administration Reagan l'y avait placé pour son soutien aux séparatistes basques de l'ETA (en ESpagne) et aux rebelles FARC en Colombie.

La percée de Cuba de s'en sortir de ce cercle vicieux a été possible grâceà la volonté du frère de Fidel Castro, son successeur Raul Castro. C'est aussi l'aboutissement de six mois de procédure juridique aux Etats-Unis entre la Maison Blanche, le Département d'Etat et le Congrès. Barack Obama avait fait savoir sa proposition de retrait aux élus, le 14 avril, avant quarante-cinq jours, c'est-à-dire, jusqu'au 29 mai 2015, pour manifester leur éventuelle opposition.

Comme l'a dit Joffrey Rethike, porte-parole du gouvernement américain ; " Le Secrétaire d'Etat, John Kerry, a pris la décision finale d'abroger la désignation de Cuba comme Etat soutenant le terrorisme, de manière effective le 29 mai 2015". Et le département d'Etat de préciser, " L'abrogation est le reflet de notre analyse, selon laquelle Cuba en remplit les critères statutaires. Même si les Etats-Unis ont d'importants désaccords et préoccupations concernant un large éventail d'actions et de politiques de Cuba. ".

Les deux pays, hier ennemis de la guerre froide, ont amorcé en décembre dernier un rapprochement historique, et à terme, à une normalisation complète et une levée de l'embargo économique américain imposé à La Havane depuis 1962.

Ouf ! Il était temps de mettre fin à cette situation. Les deux pays voisins vont enfin redémarrer une relation saine. Entre pays, il n'y a que des intérêts économiques. Les Etats-Unis et Cuba ne font pas exceptions.

Pour ceux qui l'auront peut-être oublier, Cuba est une île espagnole. L'île a été une colonie espagnole de 1492 à 1898 puis un Territoire des États-Unis d'Amérique jusqu'au 20 mai 1902. Depuis la révolution de 1959, Cuba se définit comme une république socialiste1, dont le Parti communiste de Cuba, créé en 1965, constitue la « force dirigeante supérieure ».

Cuba un État insulaire des Caraïbes formé de l'île de Cuba (la plus grande île des grandes Antilles), de l'île de la Jeunesse (appelée île aux Pins jusqu'en 1976) et de quelques autres petites îles. Il est situé, au nord des Antilles, à la confluence de la mer des Caraïbes, du golfe du Mexique et de l'océan Atlantique ; au sud de la côte est des États-Unis et des Bahamas ; à l'est du Mexique et à l'ouest des îles Turques et Caïques ; au nord des Îles Caïmans et de la Jamaïque.

Devant Hispaniola en superficie, Cuba est toutefois derrière en nombre d’habitants : Cuba est ainsi la deuxième île la plus peuplée des Caraïbes avec près de 11 241 161 habitants. Sa capitale est La Havane, sa langue officielle l'espagnol et deux monnaies y sont utilisées : le peso cubain et le peso cubain convertible.

Cuba est membre de l'Alliance bolivarienne pour les Amériques (ALBA) depuis la Déclaration conjointe signée par Hugo Chávez et Fidel Castro le 14 décembre 2004 à La Havane.

Le "lider maximo" Fidel Castro dirige Cuba jusqu'au 31 juillet 2006 puis c'est son frère Raúl Castro Ruz qui, après avoir assuré l'intérim du pouvoir, est élu le 24 février 2008 président du Conseil d'État et du Conseil des ministres par l'Assemblée nationale. L'année 2009 marque le cinquantième anniversaire de la révolution, célébrée par des festivités à Santiago le 1er janvier.

Fidel Castro fut premier ministre de 1959 à 1976, puis, à l'abolition de cette charge, président du conseil d'État de 1976 à 2008. Il est devenu en 1965 premier secrétaire du Parti Communiste de Cuba et en 1976 représentant à l'Assemblée nationale de la municipalité de Santiago de Cuba. Raúl Castro a été investi par l'Assemblée nationale à la tête de l’État en juillet 2008, succédant à son frère Fidel Castro. Il lui a succédé en 2011 à la tête du parti.

Le parlement cubain est l'Assemblée nationale (Asamblea Nacional del Poder Popular). C'est l'organe suprême du pouvoir de l'État, doté des droits de voter les lois et de modifier la Constitution. Ses 614 membres sont élus pour cinq ans au scrutin uninominal majoritaire à deux tours. L'Assemblée nationale élit en son sein le Conseil d'État et son président (le chef d'État et de gouvernement, actuellement Raúl Castro) par un vote à bulletin secret. Selon la Constitution, les députés doivent rendre des comptes régulièrement à leurs électeurs et sont révocables par ceux-ci.

Le 17 décembre 2014, Cuba et les États-Unis annoncent conjointement la reprise de leurs relations diplomatiques, impliquant un assouplissement de l'embargo américain sur Cuba23. À cette occasion, les trois agents cubains toujours emprisonnés aux États-Unis sont libérés.

Comme on le voit, le destin de deux pays est étroitement lié. Sur place, Mutombo Kanyana n'a pas noté de changement, pour le moment. https://www.youtube.com/watch?v=TOJvYSRcvPk

D’après le recensement de 2002, 65 % des Cubains sont blancs, 10 % sont noirs et 25 % métis5. Selon un chercheur au Centre d'études des États-Unis (Esteban Morales), la discrimination des Noirs s’est accentuée à Cuba à partir des années 1990. Il y a 19 % des parlementaires qui sont noirs et 5 membres du Bureau politique sur 24. Les Afro-cubains sont victimes de racisme dans la capitale, en dépit des efforts du pouvoir pour l’éviter.

La crise que connaît Cuba depuis les années 1990 a entraîné une augmentation des inégalités sociales. Le salaire moyen mensuel d'un Cubain est actuellement de 15 dollars114. La population la plus pauvre a recours au recyclage et au système D car le salaire ne suffit plus. Le marché noir, lié au rationnement de la nourriture, la prostitution et la criminalité sont des phénomènes qui se développent dans l'île. Le système repose en outre sur une corruption généralisée.

La jeunesse cubaine aime se retrouver le soir, sur le Malecon, l'avenue la plus célèbre de La Havane. La nouvelle génération n'a plus pour idée fixe de s'exiler aux États-Unis mais rêve d'un avenir meilleur, à Cuba. Raúl Castro incarne peut-être ce changement. En 2012, devant des militants communistes, il a appelé les Cubains à « changer de mentalité ».

Economiquement, l'embargo est toujours là, à Cuba, aujourd'hui même s'il a été condamné plusieurs fois par l'ONU. L'embargo est l'une des principales causes des difficultés de l'île (avec la chute du Bloc de l'Est et donc de ses partenaires commerciaux). L'économie cubaine, dont les prévisions de croissance pour 2012 tournent autour de 3,4 % est toujours entravée par l'embargo. Depuis les années 2000 toutefois, les produits alimentaires et les médicaments n'y sont plus soumis. Les compagnies pétrolières américaines feraient pression sur la Maison Blanche pour lever ce blocus. Les États-Unis sont le troisième fournisseur de Cuba avec 11 % des importations en 2004-2006.

La plupart des importations agroalimentaires à Cuba viennent des États-Unis. Les agriculteurs américains souhaitent par ailleurs renforcer leurs exportations vers Cuba.

Le gouvernement américain a autorisé la mise en vente aux États-Unis de deux vaccins élaborés à Cuba, devenu un grand exportateur de médicaments génériques. Washington possède une Section d'intérêts des États-Unis à La Havane97. Enfin, les Cubains exilés en Floride envoient sur l'île des Remesas, c'est-à-dire de l'argent sous forme de mandats. Après avoir été légalisé comme les autres monnaies étrangères en août 1993, le dollar américain ne peut plus être utilisé comme moyen de paiement direct depuis 2004. En avril 2004, 77 entreprises ont été condamnées à une amende de 200 millions de USD. dont la banque suisse UBS pour 100 millions de dollars, pour avoir fait du commerce avec Cuba malgré l'embargo des USA, dont pour l'UBS pour avoir fait du change pour l'état cubain et d'autres états concernés par les embargos des USA. La Banque suisse UBS a répercuté cette amende à son client cubain. Pour contrer cette mesure, l'état cubain a décidé que les USD doivent être convertis en Peso Convertible Cubain (CUC) dans un bureau de change agréé. Le change des USD en CUC subissent une taxe de 10 % correspondant au taux d'amende américain. Lors de sa visite à Cuba, le pape Jean-Paul II avait bien fait comprendre qu'il était contre cet embargo103. Le président élu Barack Obama s'est déclaré favorable à un allègement de l'embargo imposé à Cuba, mais cette mesure est soumise à l'autorisation du congrès. L'embargo a été légèrement assoupli sous la présidence de Barack Obama : en mars 2009, le Congrès autorise les citoyens américains d'origine cubaine à se rendre à Cuba une fois par an ; puis, le 13 avril 2009, le président annonce la fin des restrictions sur les voyages et les transferts d'argent des Américano-Cubains vers l'île. Il est toujours interdit d'envoyer de l'argent à des membres de la fonction publique ou de l'armée cubaine, et le blocus est, dans sa plus grande partie, maintenu.

Arrivé à l'aéroport José Marti, de La Havane, Mutombo Kanyana a été très surpris. Malgré l'embargo, la ville semble normale. On ne perçoit rien d'anormale. Le pays semble bien géré. Taxi, les routes, l'architecture de la capitale cubaine, les vieilles bâtisses et autres immeubles coloniaux, trônent toujours. Comme aussi les grosses et vieilles voitures américaines qui semblent traverser les époques, les temps qui semblent figés. Bien entendu, les chambres d'hôtel et les services sont bien tenues. Tourisme oblige". L'ambiance tropicale faisant le charme de cette île de Cuba.

https://www.youtube.com/watch?v=GAxaly-WZFY ; https://fr.wikipedia.org/wiki/Cuba ;

https://fr.wikipedia.org/wiki/A%C3%A9roport_international_Jos%C3%A9_Mart%C3%AD ;

Et d'ajouter encore, "Je pense que le système étatique, donc dirigiste, fonctionne toujours.", constate le directeur de l'UPAF, Kanyana Mutombo. "Certains Cubains paraient s'accomoder à un système qui essaye d'aider les plus faibles qui ne survivent que grâce à ceci. Education gratuite, santé et soins médicaux pris en charge par l'Etat Cubain. Le seul problème, c'est l'approvisionnement en produits indispensables, en nourritures et en matériels modernes. Les gens se contentant du repas de base, à savoir : riz, haricot, oeufs". Ici, on utilise encore des 'bons' pour s'approvisionner.

Pays agricole, Cuba possède encore des atouts qu'il faudrait exploiter avec la libéralisme.

D’après le recensement de 2002, 65 % des Cubains sont blancs, 10 % sont noirs et 25 % métis. Selon un chercheur au Centre d'études des États-Unis (Esteban Morales), la discrimination des Noirs s’est accentuée à Cuba à partir des années 1990. Il y a 19 % des parlementaires qui sont noirs et 5 membres du Bureau politique sur 24. Les Afro-cubains sont victimes de racisme dans la capitale, en dépit des efforts du pouvoir pour l’éviter.

La crise que connaît Cuba depuis les années 1990 a entraîné une augmentation des inégalités sociales. Le salaire moyen mensuel d'un Cubain est actuellement de 15 dollars. La population la plus pauvre a recours au recyclage et au système D car le salaire ne suffit plus. Le marché noir, lié au rationnement de la nourriture, la prostitution et la criminalité sont des phénomènes qui se développent dans l'île. Le système repose en outre sur une corruption généralisée.

La jeunesse cubaine aime se retrouver le soir, sur le Malecon, l'avenue la plus célèbre de La Havane. La nouvelle génération n'a plus pour idée fixe de s'exiler aux États-Unis mais rêve d'un avenir meilleur, à Cuba. Raúl Castro incarne peut-être ce changement. En 2012, devant des militants communistes, il a appelé les Cubains à « changer de mentalité ».

Le voyage du président de l'Upaf, Mutombo Kanyana, fut très riche en rencontres culturelles, touristiques et humaines. Alors, pour vous, Cuba a encore de belles perspectives pour son avenir ? "L'avenir de Cuba dépendra du modèle socio-politique que les nouveaux gouvernants voudraient bien suivre. Il y a de bonne raison de croire que les Cubains feront le bon choix !".

(Propos recueillis par A.S., le mardi 16 juin 2015 à Plan-les-Ouates (Genève/CH).

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Published by alain serbin
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