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7 septembre 2015 1 07 /09 /septembre /2015 05:54

Reportage à lire dans le journal "Libération" :

Finalement invisible à l'université d'été du parti d'extrême droite, le cofondateur du Front national n'a pas troublé des débats centrés sur l'immigration. Tout ça pour ça. En appelant samedi les frontistes à «l’unité», en tergiversant sur la constitution de listes dissidentes aux régionales, en ne se présentant pas dimanche à l'université d’été du parti à Marseille, Jean-Marie Le Pen a marqué le pas dans son aventure dissidente. Armistice ou simple répit, ce relatif effacement a permis au parti de dérouler sans encombre un discours recentré sur l’immigration.

Peu de sujets régaliens auront manqué au discours de la présidente du FN, délivré dimanche après-midi devant 3 500 à 4 000 personnes enthousiastes. Mais la «terrifiante crise migratoire» en a constitué la pièce de résistance. «Des migrants errent dans nos quartiers, autour des gares, dans des bidonvilles, a décrit la présidente du FN. L’immigration n’est pas une chance, c’est un fardeau. On ne peut plus accueillir personne voilà la réalité !» L’eurodéputée a rappelé le programme du FN : contrôles aux frontières, suppression du droit du sol, réaffirmation de la priorité nationale, réforme du droit d’asile. Et a provoqué plusieurs ovations en promettant de «mettre l’islam radical à genoux».

«L’immigration massive est le terreau du communautarisme et fait le lit de l’islamisme, avait, plus tôt dans la journée, martelé le secrétaire général du FN, Nicolas Bay. Combien de Kouachi, de [Amedy] Coulibaly, de [Mehdi] Nemmouche, de Sid Ahmed Ghlam, ou d’Ayoub el-Khazzani parmi ces clandestins ?» La veille, le vice-président du parti d'extrême droite, Florian Philippot, avait qualifié de «criminels en puissance» «ceux qui ont récupéré la mort d’un gosse pour nous empêcher de réfléchir». Le vice-président du FN ne s’est «pas opposé à des quotas de migrants par pays, à condition que pour la France ce soit un quota zéro !»

Le scrutin de décembre aura été l’autre grand sujet du week-end. Animées par des cadres du parti, la plupart des tables rondes étaient consacrées au rôle des régions. Le FN ambitionne de remporter «quatre ou cinq» d’entre elles, le Nord-Pas-de-Calais-Picardie et Paca étant ses meilleures chances de victoire. Dans son discours, Marine Le Pen a déclaré sentir chez ses adversaires une «trouille bleue de la débandade qui s’annonce en décembre», et prédit une «fessée électorale pour le PS».

Une confiance que Jean-Marie Le Pen n’aura donc pas troublée, sinon par les rumeurs contradictoires quant à une éventuelle irruption aux universités d’été frontistes. «Je ne ferais que rendre service à Marine Le Pen en attirant l’attention sur elle alors qu’elle en est réduite aux miettes médiatiques ce week-end», a déclaré le cofondateur du FN, récemment exclu du parti. Dimanche martin, seuls quelques-uns de ses partisans s’étaient présentés sur le site. «Nous avons juré fidélité à Jean-Marie Le Pen et l’aiderons à entrer s’il décide de venir», a expliqué l’un d’eux, ancien membre du service d’ordre du FN, déclarant avoir été «radié» du FN deux jours plus tôt. Surveillée de près par la sécurité frontiste, la petite bande a finalement levé le camp en milieu d’après-midi.

La veille, Jean-Marie Le Pen a désappointé une partie de ses soutiens en n’annonçant pas la présentation de listes dissidentes aux régionales, mais le lancement d’une nouvelle structure. Pressés d’en découdre avec le «néo-FN» mariniste, ces derniers ne se sont vus proposer que la création d’un «Rassemblement Bleu Blanc Rouge». La structure viserait à rassembler les tenants du FN «canal historique», membres ou non du mouvement, afin de peser sur sa ligne. Les partisans de Jean-Marie Le Pen veulent toutefois croire que l’eurodéputé n’a pas totalement écarté une aventure électorale : «Il cherche un terrain d’entente avec Marion [Maréchal-Le Pen], juge Laurent Comas, conseiller régional sortant et dissident. Il souhaite que Marion s’appuie sur son expérience. A défaut, il y aurait sans doute des listes parallèles et elle pourrait dire adieu à la région.»

En clair, il s’agirait pour Marion Maréchal-Le Pen d’intégrer à ses listes certains amis de Jean-Marie Le Pen. Une demande à laquelle la tête de liste FN n’a pas voulu répondre dimanche, indiquant simplement qu’elle en discuterait «directement» avec son grand-père.«Cela m’étonnerait que ça se fasse, indiquait un membre de son équipe de campagne. On ne va pas embarquer des gens qui ont passé les dernières semaines à lui cracher dessus. A titre personnel, je m’y opposerai.» - Dominique Albertini / envoyé spécial à Marseille.

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http://www.liberation.fr/politiques/2015/09/06/au-fn-jean-marie-le-pen-laisse-le-terrain-a-sa-fille_1376852 ; http://www.frontnational.com/ ;

https://fr.news.yahoo.com/video/le-lapsus-sarkozy-la-france-143935145.html .

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Published by alain serbin
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