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12 septembre 2015 6 12 /09 /septembre /2015 09:24

Les autorités cubaines ont décidé d’amnistier 3 522 prisonniers, un geste exceptionnel. L’annonce en a été faite vendredi 11 septembre par le Conseil d’Etat, organe suprême de l’exécutif cubain, dans le quotidien d’Etat Granma, une semaine avant la visite sur l’île du pape François, artisan du rapprochement entre La Havane et Washington, du 19 au 22 septembre.

La Havane avait déjà élargi près de trois mille prisonniers avant la visite de Benoît XVI, en 2012, et environ trois cents un mois après celle de Jean-Paul II, en 1998.

Parmi les bénéficiaires de cette amnistie figurent des détenus âgés de plus de 60 ans ou de moins de 20 ans sans antécédents pénaux, des malades chroniques, des femmes, ceux dont la liberté conditionnelle prend fin en 2016 et des étrangers, dont le pays garantit l’extradition.

Cette mesure tient compte « de la nature des faits pour lesquels ils ont été condamnés, de leur comportement en prison, du temps de peine déjà purgé et de leur santé », précise le quotidien Granma. Sauf quelques « exceptions humanitaires » sont maintenus en détention les auteurs d’assassinats, de meurtres, de viols, d’actes pédophiles, de trafic de drogue, de violences et d’atteintes à la sûreté de l’Etat. Cette décision sera effective dans soixante-douze heures.

Les autorités n’ont pas publié de chiffres sur le nombre de prisonniers sur l’île depuis 2012. A cette époque, la population carcérale y était estimée à environ cinquante-sept mille personnes dans deux cents centres de détention.

Après des années de fortes tensions, les relations entre l’Eglise et les autorités cubaines se sont progressivement détendues dans les années 2000, à la suite de la visite de Jean-Paul II. Et en 2010, le cardinal Jaime Ortega, chef de l’Eglise cubaine, avait mené une médiation décisive pour la libération de dissidents, ouvrant un dialogue jamais interrompu depuis avec les autorités.

Depuis la libération de cinquante-trois prisonniers dans le cadre du récent dégel avec les Etats-Unis, il n’existe officiellement plus de prisonniers politiques dans les prisons du pays. La Commission cubaine des droits humains, interdite mais tolérée par les autorités, en dénombre, elle, une soixantaine. (Source : Le Monde.fr)

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Published by alain serbin
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