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20 décembre 2015 7 20 /12 /décembre /2015 09:09
François Hollande, qui se pose en "père" d'une nation meurtrie par les attentats, a entrepris de tendre la main à l'opposition de droite en se défendant de toutes "combinaisons" pour la présidentielle de 2017, un virage politique qui ne convainc guère l'opinion publique.

L'image jeudi a fait le tour des médias en France: une poignée de mains chaleureuse dans le nord du pays entre le président socialiste et le nouveau patron de la région, Xavier Bertrand, ancien ministre de Nicolas Sarkozy et membre du parti de droite Les Républicains, élu dimanche grâce à des voix de gauche oppposées à une accession au pouvoir de l'extrême droite.
"Ce qui compte, et c'est l'esprit qui est le mien, c'est de faire en sorte qu'autant que possible le dialogue puisse s'ouvrir et notamment avec l'opposition lorsqu'elle a des propositions à faire", a expliqué vendredi François Hollande.
"Il ne s'agit pas de chercher je ne sais quelles combinaisons qui ne relèvent pas de ma conception de la vie politique mais plutôt la concorde pour l'intérêt du pays", a-t-il plaidé.
Et de citer la lutte contre le terrorisme après la double série d'attentats meurtriers et sans précédent en France en janvier et novembre, et le combat contre le chômage endémique qui reste le point noir de son quinquennat.
Tirant le premier les leçons d'un scrutin régional dimanche qui a vu le parti d'extrême droite Front national de Marine Le Pen battre tous ses records en nombre de voix, Xavier Bertrand avait en début de semaine fait acte de contrition. Fait extrêmement rare en politique française, il a renoncé, pour se consacrer à la région nord, à ses mandats de maire et député, comme à la primaire pour la présidentielle de 2017.
Dans la foulée, un ancien Premier ministre de droite, Jean-Pierre Raffarin, proposait à la gauche au pouvoir un "pacte républicain contre le chômage" à bâtir en janvier. Chiche, a aussitôt tweeté le Premier ministre Manuel Valls, qui pense depuis longtemps que le clivage droite-gauche classique est le moteur de la désaffection des Français à l'égard du monde politique.
Selon un récent sondage de l'institut Odoxa pour le quotidien populaire Le Parisien, les Français sont 68% en faveur d'un rapprochement politique entre la gauche, le centre et la droite.
L'objectif est d'avoir "une volonté commune face à l'essentiel", a insisté François Hollande, avec une volonté claire de transcender les clivages sans pour autant les renier. Ces clivages "sont les principes mêmes de notre démocratie", a-t-il souligné.
Face à cet affichage de bonnes volontés à gauche comme à droite, les Français restent dans l'immédiat circonspects. Tous ont en tête la prochaine présidentielle pour laquelle Marine Le Pen est donnée en tête au premier tour et donc participant au deuxième comme son père l'avait fait en 2002. A l'époque, un sursaut national avait plébiscité le candidat de droite Jacques Chirac (82,1% des voix) face à son adversaire (17,9%).
Aujourd'hui, le Front national est crédité d'environ 30% des voix de l'électorat et la "concorde" appelée de ses voeux par François Hollande vise aussi à se prémunir d'une arrivée de l'extrême droite, qui progresse depuis plusieurs années localement, au plus haut niveau de l'Etat.
Avec bien-sûr en tête sa propre qualification au premier tour de la présidentielle de 2017 qui est loin d'être acquise pour ce président marqué par une forte impopularité tout au long de son mandat.
"Braconnage vers le centre", "flagrant délit minutieusement organisé": la presse de vendredi n'est pas dupe des arrières-pensées du chef de l'Etat.
"Tout l'art du politique est de savoir surfer sur l'actualité", analyse le quotidien l'Est Républicain. Le journal La République du Centre Ouest, voit dans la "concorde" souhaitée par François Hollande un exercice politicien: son objectif est de "disloquer le front que prétendait tenir le généralissime Sarkozy"...
"On est loin du renouvellement (des hommes, des règles, de l'offre) réclamé par les Français!". "Pourquoi aujourd'hui alors que la main tendue (par le centre-droit) François Bayrou est restée sans suite en 2012 ?" lors de la précédente présidentielle, s'interroge de son côté le quotidien L'Opinion.

http://www.france24.com/fr/20151119-attentats-paris-union-nationale-assemblee-deputes-droite-republicains-valls-taubira
http://www.lorientlejour.com/article/961102/sarkozy-elimine-au-premier-tour-de-la-presidentielle-selon-un-sondage-ifop.html

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Published by alain serbin
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