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29 février 2016 1 29 /02 /février /2016 07:32
Le médiateur de l'ONU en Syrie Staffan de Mistura a annoncé vendredi son intention de convoquer pour le 7 mars à Genève une nouvelle session de négociations de paix entre gouvernement et opposition.

Il a cependant fixé comme conditions que le cessez-le-feu entré en vigueur à minuit heure de Damas (22H00 GMT vendredi) tienne et que l'aide humanitaire continue de parvenir aux millions de Syriens pris au piège des combats.
Immédiatement après son exposé au Conseil de sécurité, par vidéoconférence depuis Genève, les 15 pays du Conseil ont adopté une résolution, proposée par Washington et Moscou, entérinant l'accord de cessation des hostilités en Syrie.
"A condition que la cessation des hostilités tienne globalement, si Dieu le veut, et que l'accès humanitaire soit maintenu, j'ai l'intention de convoquer à nouveau (..) des discussions inter-syriennes le lundi 7 mars", a déclaré M. de Mistura.
Les précédents pourparlers menés à Genève avaient été suspendus début février.
"Je compte sur les membres du Groupe international de soutien à la Syrie (GISS) et sur le Conseil de sécurité pour garantir que les parties prenantes reviennent à Genève prêtes à dialoguer et à maintenir ce dialogue sur les questions de fond", a-t-il ajouté.
Il a souligné qu'il s'agissait toujours de parvenir à "un processus de transition politique" en Syrie.
C'est "un jour et une nuit exceptionnels pour les Syriens", a affirmé le médiateur en référence à la trêve.
"L'accord des parties prenantes au conflit (pour une trêve) est encourageant mais il y a encore beaucoup de travail (..) et la communauté internationale doit rester tenace", a-t-il estimé.
Sur le plan humanitaire, a-t-il ajouté, "il y a eu une arrivée accrue d'aide mais ce n'est pas assez".
L'adoption à l'unanimité de la résolution du Conseil a eu lieu moins d'une heure avant l'entrée en vigueur de la trêve, dont beaucoup redoutent qu'elle soit de courte durée.
"La journée de samedi sera critique", a prédit M. de Mistura. "Il y aura sans doute beaucoup d'efforts cherchant à nuire à ce processus".
L'ambassadrice américaine Samantha Power a jugé que "ce scepticisme est plus que raisonnable".
Elle s'est dite "profondément inquiète de la poursuite des bombardements aériens russes et syriens" juste avant la trêve. "Il est difficile de se dire sincère à propos d'une cessation des hostilités quand on intensifie les combats jusqu'à la dernière minute".
L'ambassadeur français François Delattre a lui aussi dénoncé "l'intensification, de mauvaise augure, des bombardements des forces armées de Syrie et de Russie".
Le cessez-le-feu "sera un test pour juger de la bonne foi des parties sur le terrain, y compris les puissances étrangères qui l'on accepté", a-t-il estimé.
Pour le vice-ministre russe des affaires étrangères Guennadi Gatilov, qui représentait son pays au Conseil, l'accord américano-russe peut "marquer un tournant dans le conflit syrien". "Nous avons maintenant une vraie chance de mettre fin à la violence et d'intensifier notre combat collectif contre le terrorisme".
Aux termes de la résolution adoptée vendredi, le Conseil "approuve pleinement" l'accord de cessez-le-feu. Il réclame que "toutes les parties à qui s'applique la cessation des hostilités la respectent".
Il exhorte les membres du GISS à "user de leur influence sur les parties prenantes afin de garantir le respect de ces engagements" et de favoriser la mise en place d'un "cessez-le-feu durable".
La résolution réclame une nouvelle fois un accès humanitaire "libre, sûr et rapide" en Syrie, en particulier pour les quelque 4,6 millions de Syriens bloqués dans des zones assiégées ou difficiles à atteindre.
Le Conseil demande aussi à Staffan de Mistura de convoquer "dès que possible" une nouvelle session de négociations et invite le gouvernement et l'opposition syrienne à y participer "de bonne foi".
Le cessez-le-feu a été accepté en principe par le régime et l'opposition ainsi que par les milices kurdes opérant dans le nord de la Syrie. Mais il exclura les puissants groupes jihadistes Etat islamique (EI) et Front Al-Nosra (branche syrienne d'Al-Qaïda) qui contrôlent de larges pans du territoire syrien.
Une précédente trêve annoncé à l'initiative de Washington et Moscou avait été ignorée par les belligérants.

Le calme régnait dans les régions de Syrie tenues par les rebelles et le régime après l'entrée en vigueur dans la nuit de vendredi à samedi d'un cessez-le-feu initié par Washington et Moscou et soutenu par l'ONU.

A minuit précise, les armes se sont tues dans la banlieue de Damas, dans la ville d'Alep et sa banlieue ouest, contrôlée par les rebelles, où les gens veillaient dans les rues en profitant de ce moment exceptionnel de quiétude, selon les correspondants de l'AFP.
"Je me sens plus en sécurité, c'est très calme depuis une demi-heure. Je vais peut-être me coucher tard ce soir et je souhaite ne pas être réveillé demain par le son des avions" (militaires), a affirmé à l'AFP le jeune marié Mohamad Nohad, qui habite le quartier rebelle al-Kalassé à Alep.
A Jobar, quartier périphérique de Damas, Abdel Rahmane Issa, soldat de l'armée syrienne âgé de 24 ans et mobilisé depuis plus de trois ans, profitait lui aussi de la trêve.
"Je ne peux pas cacher que je suis heureux que la guerre s'arrête même pour quelques minutes et si cela continue on pourra rentrer chez nous", a-t-il confié à l'AFP.
Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), l'aviation russe, alliée du président syrien Bachar al-Assad, n'a effectué aucune sortie depuis minuit au nord de Lattaquié, et le calme régnait dans les provinces centrales de Homs et Hama.
Seuls quelques accrochages intermittents ont opposé les forces prorégime aux jihadistes ultra-radicaux du groupe Etat islamique (EI) et au Front Al-Nosra, branche syrienne d'Al-Qaïda, selon l'OSDH. Quelques accrochages ont également eu lieu entre jihadistes et forces kurdes dans la province de Raqa (nord).
L'EI et le Front Al-Nosra sont exclus de l'accord de cessation des hostilités.
La trêve, soutenue par une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU, est la première de cette ampleur dans un conflit qui a fait plus de 270.000 morts depuis 2011, déplacé plus de la moitié de la population et qui voit s'affronter une multitude d'acteurs, syriens et internationaux.


Elle est censée favoriser un règlement politique de la guerre et l'émissaire de l'ONU pour la Syrie Staffan de Mistura a annoncé son intention de re-convoquer des discussions de paix le lundi 7 mars, "à condition que la cessation des hostilités tienne globalement".
Bachar al-Assad, une centaine de factions rebelles et les forces kurdes ont dit qu'ils respecteraient le cessez-le-feu.
En revanche, le régime syrien et son allié russe, ainsi que la coalition internationale dirigée par les Etats-Unis pourront continuer à cibler l'EI et Al-Nosra, qui contrôlent plus de la moitié du territoire.
Le chef du Front Al-Nosra, qui est allié à de nombreuses factions rebelles, a appelé tous les insurgés à poursuivre les combats pour "extirper le régime de ses racines".
Dans les heures qui ont précédé le cessez-le-feu, le régime syrien et la Russie ont mené de violents bombardements contre les zones rebelles, effectuant 180 raids aériens sur la région de Damas et contre les provinces septentrionale d'Alep et centrales de Homs et de Hama, selon l'OSDH.
Un déluge de feu s'est notamment abattu sur la Ghouta orientale, près de Damas et sa principale ville, Douma, où cinq civils dont un père et ses deux enfants ont péri, selon l'OSDH. "Il y a beaucoup de blessés graves ou sous les décombres".
D'intenses raids ont également frappé Jobar, quartier périphérique de Damas où Al-Nosra est influent.
La localité de Daraya, proche de Damas, a aussi été bombardée par le régime, mais à minuit tout était calme dans la ville, selon l'OSDH.
Daraya est un exemple des difficultés à appliquer la trêve, le régime affirmant qu'elle n'est pas concernée par la cessation des hostilités car elle abrite le Front Al-Nosra et l'opposition niant toute présence du groupe jihadiste et promettant de riposter à toute "agression".
Mettre en application la trêve sera "très complexe, car les territoires sont très mixtes" dans de nombreuses régions, où se trouvent ensemble le Front Al-Nosra et les rebelles face au régime, souligne le directeur de l'OSDH Rami Abdel Rahmane.
A Moscou, le président russe Vladimir Poutine a insisté sur le fait que son pays continuerait, après l'entrée en vigueur de la trêve, sa "lutte implacable" contre l'EI, le Front al-Nosra et les "autres organisations terroristes" sans préciser lesquelles.
Cette mention "d'autres organisations terroristes" va davantage compliquer la donne, le régime comme l'allié russe qualifiant de "terroristes" tous les opposants au pouvoir syrien.
Les Etats-Unis, qui eux soutiennent l'opposition à M. Assad, ont exhorté Moscou à respecter l'accord tout en disant ne pas se faire "trop d'illusions" sur cette trêve.
"Les Russes se sont engagés à ne pas effectuer de frappes aériennes contre des groupes que nous considérons comme faisant partie de l'opposition modérée", a indiqué le porte-parole du département d'Etat Mark Toner.
La Turquie, poids lourd régional s'est dite "sérieusement inquiète" de la viabilité du cessez-le-feu et affirmé qu'elle n'excluait pas des raids aériens contre une milice kurde syrienne.

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Published by alain serbin
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