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2 mars 2016 3 02 /03 /mars /2016 05:02
L'exécutif socialiste français a reporté lundi sous la pression la présentation d'une réforme du code du travail, vivement contestée par des syndicats et une partie de la gauche, pour tenter de préserver une majorité déjà sérieusement émiettée.

Ce projet, l'une des dernières grandes réformes du mandat du président François Hollande avant la présidentielle de 2017, devait être adopté en Conseil des ministres le 9 mars. Le texte visant à faciliter le licenciement économique et assouplir la durée du travail sera finalement présenté le 24 mars, selon une source gouvernementale.
"Se donner quelques jours de plus pour réussir l'adoption d'un texte est (le signe d') une très grande volonté d'écoute. Le recul, ce serait abandonner le texte", a tenté de se justifier le Premier ministre Manuel Valls. Il a précisé qu'il recevrait d'ici une semaine les partenaires sociaux, organisations syndicales et patronales afin de "lever un certain nombre d'incompréhensions".
Avec cette réforme, le gouvernement, qui vient d'être remanié avec le retour d'écologistes pour tenter d'élargir son assise politique, avait d'emblée ouvert une brèche supplémentaire au sein de la gauche qui se désolidarise de plus en plus de la politique menée.
Signe de ce repli, déjà amorcé avec le départ de plusieurs ministres en désaccord avec la politique de François Hollande, "quatre ou cinq" secrétaires nationaux, également opposés à ses orientations, vont prochainement quitter la direction du Parti socialiste.
Après avoir déjà profondément divisé cette formation en proposant de déchoir de leur nationalité les auteurs de crimes et délits terroristes, l'exécutif a été vivement attaqué la semaine dernière par plusieurs ténors, dont une ex-patronne du Parti socialiste, Martine Aubry, qui l'accusent de mener à un "affaiblissement de la France".
Les signataires d'une tribune publiée par le quotidien Le Monde, qui a fait l'effet d'un coup de massue, dénoncent tout à la fois les allègements de charges en faveur des entreprises, le "désolant débat" sur la déchéance de nationalité ou encore "l'indécent discours" de M. Valls sur les réfugiés critiquant la politique d'accueil de la chancelière allemande Angela Merkel.

"Il faut être sourd et aveugle pour ne pas voir que la gauche est en vrac, éclatée, désemparée, atomisée après quatre ans de pouvoir", résume un député socialiste, Jean Glavany, cité lundi dans le quotidien conservateur Le Figaro.
"On assiste à l'implosion en direct de la majorité", a renchéri lundi Guillaume Larrivé, un député du parti de droite Les Républicains de l'ex-président Nicolas Sarkozy.
Très impopulaire depuis son arrivée au pouvoir en 2012, François Hollande tente de maintenir un cap de réformes économiques réclamées à Berlin comme à Bruxelles, tout en faisant fi des critiques à gauche dénonçant un virage libéral.
Avec la réforme du droit du travail, saluée par le patronat et soutenue par l'opposition de droite, le président cherche à instaurer "une flexi-sécurité à la française", en apportant davantage de "souplesse" aux entreprises en matière d'embauche et de licenciement, tout en assurant vouloir maintenir la sécurité des salariés.
L'aménagement du temps de travail ou le taux de rémunération des heures supplémentaires, toujours encadrés par la loi, devront par exemple être décidés par des accords d'entreprises. Les licenciements pour motifs économiques seront également facilités. L'objectif est de lever la peur de l'embauche chez les chefs d'entreprise, dans un contexte marqué par un chômage de plus de 10%.
François Hollande a fait de la baisse du chômage la condition de sa candidature pour un second mandat. Or depuis son élection, les demandeurs d'emploi sont passés de 4,4 millions à 5,5 millions.
Le cofondateur du Parti de gauche Jean-Luc Mélenchon s'est réjoui lundi du report de la réforme tout en continuant d'en demander le "retrait total". Les responsables syndicaux ont réclamé soit un rééquilibrage du texte, soit son annulation pure et simple.
Une pétition sur internet baptisée "Loi travail, non merci!", a battu des records de signatures en France, avec plus de 770.000 signataires recensés lundi sur le site Change.org. Son initiatrice, Caroline De Haas, a continué à plaider lundi pour "le retrait de la loi". (afp)

http://www.franceinfo.fr/actu/politique/article/la-reforme-du-code-du-travail-doit-etre-faite-dans-le-dialogue-et-le-respect-selon-francois-hollande

http://www.france24.com/fr/20160301-reforme-loi-travail-fronde-myriam-el-khomri-pierre-jacquemain-jeunesse-manifestation

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Published by alain serbin
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