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22 mai 2016 7 22 /05 /mai /2016 08:57

L'armée vénézuélienne, qui organisait vendredi et samedi des exercices militaires pour faire face à la menace d'une "intervention extérieure", dispose d'un vaste pouvoir au sein du gouvernement de Nicolas Maduro dans des secteurs stratégiques comme le pétrole.

Sur la trentaine de ministres du gouvernement de Nicolas Maduro, dix sont des militaires : six en activité et quatre à la retraite.
Des portefeuilles stratégiques dans la crise que traverse actuellement le pays leurs ont été confiés : le ministère de l'Alimentation, de l'Agriculture et de la pêche. Ils doivent faire face à la terrible pénurie d'aliments que connaît le Venezuela.
Fin avril, le Parlement, où l'opposition est majoritaire, a destitué le colonel à la retraite Rodolfo Marco Torres en charge de l'Alimentation, l'accusant d'être responsable du manque d'aliments de première nécessité.
Mais le Tribunal suprême de justice, plus haute autorité judiciaire du pays, accusée par l'opposition d'être aux ordres de Nicolas Maduro, a annulé la décision.
La crise énergétique a également été gérée par un autre militaire, Luis Motta Dominguez depuis le Ministère de l'Energie en imposant une série de mesures dont le rationnement de l'électricité dans presque tout le pays.
De son côté, le ministre du Logement, le général Manuel Quevedo, est en charge d'un des programmes clés du gouvernement via lequel ont été remis plus d'un million de maisons et appartements subventionnés.
L'opposition critique l'implication des militaires dans le gouvernement et leur "politisation". "La pire erreur de (Hugo) Chavez a été de sortir les militaires de leurs casernes. Qui va les y renvoyer ?", a déclaré le président du Parlement, Henry Ramos Allup.

Une chaîne de télévision, une banque, une usine d'assemblage de véhicules et une entreprise de construction : voilà quelques unes des entreprises contrôlées par les militaires vénézuéliens. A cette liste s'ajoute un nouvel actif, créé le 10 février, la Compagnie anonyme militaire des industries minière, pétrolière et gazière (Camimpeg).
Ce groupe aura les mêmes fonctions que l'entreprise publique Pdvsa (Petroleos de Venezuela) : réhabiliter et entretenir les puits, vendre et distribuer des produits dans les domaines des mines, du pétrole et de la pétrochimie et du gaz.
Camimpeg est au coeur du "moteur industriel militaire", qui fait partie de la quinzaine de secteurs récemment mis en place par le président vénézuélien pour tenter de réactiver l'économie en invitant les entrepreneurs locaux et étrangers à y investir. M. Maduro a mis en place cette stratégie pour affronter ce qu'il considère une "guerre économique" menée par l'opposition et les entrepreneurs afin de, estime-t-il, déstabiliser le gouvernement.

L'Armée nationale Bolivarienne compte 165.000 militaires actifs, 25.000 réservistes et plusieurs milliers de civils armés appartenant à ce qui est appelé la milice populaire.
En 2006, les Etats-Unis ont interdit la vente et le transfert d'armements et de technologie militaire nord-américaine au Venezuela, ce qui a poussé le président de l'époque Hugo Chavez (1999-2013) à faire appel à de nouveaux "alliés stratégiques" : la Russie et la Chine.
L'ONG Contrôle citoyen, qui supervise l'activité militaire, signale dans un rapport "qu'il n'a pas été possible de déterminer avec précision la quantité, les modèles et le coût des équipements militaires acquis par le Venezuela sur la période 2005-2012", les accords militaires étant restés confidentiels, en accord avec la loi vénézuélienne.
Cependant, l'organisation non gouvernementale souligne que lors de cette période, la Russie aurait fourni au Venezuela des fusils, des lance-roquettes anti-chars, des blindés, des chars de combat, des véhicules de combat d'infanterie, d'artillerie, des systèmes de défense anti-aérienne, des avions de combat, des hélicoptères et des missiles.
Il est prévu qu'en 2017 soit inaugurée une usine de fabrication de fusils d'assaut AK-103/AK-104 et de munitions.
La Chine de son côté a fait don au Venezuela d'équipements de communication, de tenues militaires, d'accessoires anti-émeutes, de radars, de blindés ainsi que d'avions et d'hélicoptères.

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Published by alain serbin
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