Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
25 mai 2016 3 25 /05 /mai /2016 13:42
Confronté à une fronde sociale de plus en plus dure, le gouvernement français tentait mardi d'endiguer le risque d'une pénurie d'essence qui menace de paralyser le pays à moins de trois semaines du début de l'Euro de football.

Les forces de l'ordre ont débloqué au petit matin une raffinerie et un dépôt de carburant dans le sud-est du pays, dont les accès étaient occupés depuis la veille par des militants du syndicat contestataire CGT opposés à une réforme du code du travail jugée trop libérale.
Sur place, les policiers ont rencontré "une résistance importante" avec jets de projectiles, feux de palettes et de pneus, selon la préfecture de police, qui a fait état de sept policiers légèrement blessés. Peu après l'intervention, des camions citernes recommençaient à pénétrer dans les sites d'approvisionnement, a constaté l'AFP.
Deux mois et demi après son lancement, et alors que le mouvement contre le projet de réforme du code du travail s'est plutôt essouflé dans la rue, la fronde s'est singulièrement durcie ces derniers jours, avec le blocage de dépôts de carburants et raffineries un peu partout dans le pays orchestrés par les militants de la CGT.
Et le conflit prend désormais des allures de bras de fer entre le gouvernement socialiste et la centrale, historiquement proche du Parti communiste et qui reste le premier syndicat de France.
Le président François Hollande a dénoncé mardi le "blocage" des sites pétroliers comme "une stratégie portée par une minorité".
"Il est hors de question que les Français se retrouvent dans cette situation de pénurie, de blocage, que notre économie soit bloquée", a souligné pour sa part le Premier ministre Manuel Valls, en déplacement en Israël. "Il n'y aura pas de retrait du texte" de loi, a-t-il réaffirmé.
Pour le chef du gouvernement, le syndicat "CGT est dans une impasse. (...). Prendre ainsi en otage les consommateurs, notre économie, notre industrie, continuer des actions qui visent à faire retirer le texte, ça n'est pas démocratique". "La CGT trouvera une réponse extrêmement ferme, nette de la part du gouvernement (...)", a-t-il prévenu.
Pour le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, en revanche, c'est le Premier ministre qui "joue un jeu dangereux" en essayant "d'opposer la CGT aux citoyens".
L'"opinion publique" reste toujours acquise à la "contestation" du projet de loi travail, a-t-il assuré, souhaitant ouvertement que la grève se généralise.
Six raffineries sur les huit que compte le pays étaient touchées depuis lundi soir contre quatre la veille, le mouvement s'étendant du grand Ouest au Sud-Est. Ces blocages provoquent depuis plusieurs jours des difficultés d'approvisionnement de stations-service, entraînant des ruées d'automobilistes aux pompes.
Selon le secrétaire d'Etat aux Transports, Alain Vidalies, "autour de 20% des stations sont fermées ou en grande difficulté" (sur 12.000).
Les autorités ont appelé les automobilistes à ne pas procéder à des "approvisionnements de précaution" en carburant, estimant que "rien ne les justifie".
"La CGT peut-elle mettre le pays à l'arrêt?", s'interrogeait mardi le quotidien de gauche Libération, soulignant que le syndicat, qui sort d'une difficile crise de succession depuis deux ans, "n'a pas forcément les moyens de ses ambitions".
La suite du conflit dépendra aussi en grande partie de la réponse gouvernementale, pointaient mardi plusieurs journaux français.
Car la "convergence des luttes", voulue par beaucoup d'opposants radicaux à la loi travail, semble avoir marqué le pas: la mobilisation dans les universités est "retombée" et le mouvement citoyen Nuit Debout, sur l'emblématique place de la République à Paris "paraît, pour l'heure, s'éteindre doucement", selon Libération.
Le mouvement des routiers, lancé il y a une semaine, semblait lui aussi en perte de vitesse après des garanties apportées par le gouvernement sur le paiement de leurs heures supplémentaires. Côté rail, la grève lundi a été peu suivie sur le réseau de Paris et sa banlieue.
Mais d'autres foyers pourraient bien s'allumer dans les prochaines heures. La CGT a ainsi appelé les conducteurs du métro à une grève illimitée à partir du 2 juin.
La centrale syndicale a également appelé les cheminots à une grève reconductible tous les mercredis et jeudi: "un nouveau concept fait pour installer le mouvement dans la durée", selon le journal La Croix. Et surtout un scénario cauchemar pour le gouvernement, qui attend près de 7 millions de visiteurs en France à partir du 10 juin pour l'Euro-2016.

Partager cet article

Repost 0
Published by alain serbin
commenter cet article

commentaires