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6 juillet 2016 3 06 /07 /juillet /2016 04:48
La France a connu hier mardi sa douzième journée de mobilisation sociale contre une réforme du droit du travail qui doit être à nouveau discutée par l'Assemblée nationale sans que le gouvernement socialiste ait une majorité pour le soutenir.

Comme lors du premier examen devant les députés de ce texte qui divise la gauche, le Premier ministre Manuel Valls pourrait poser la question de confiance, une arme constitutionnelle qui permet d'éviter un vote.
L'exécutif, très impopulaire, n'entend rien céder sur le fond et des concessions de dernière minute n'ont pas suffi à ce stade pour désarmer un petit groupe de députés socialistes "frondeurs". Un de leurs chefs de file, Christian Paul, juge "un compromis à portée de main", mais renvoie la balle au gouvernement.
M. Valls a assuré ces derniers jours, après un nouveau tour de piste des partenaires sociaux, qu'il saurait prendre ses "responsabilités" à l'Assemblée, quitte à passer en force.
Il ne peut espérer un vote favorable des élus de droite qui dénoncent un texte vidé de sa substance au fil des mois de fronde. Lors du passage du texte au Sénat où elle est majoritaire, la droite a infléchi le texte dans un sens plus favorable aux revendications patronales (notamment sur le temps de travail hebdomadaire) mais c'est le texte gouvernemental qui est soumis à l'Assemblée nationale pour adoption définitive.
Cette réforme, la dernière d'importance du quinquennat de François Hollande dix mois avant la prochaine élection présidentielle, est censée donner de la fluidité au marché du travail dans un pays où le chômage culmine à 10%. Mais ses détracteurs à gauche la jugent trop favorable aux employeurs au détriment des salariés.
Au coeur de la contestation, une disposition accorde la priorité aux accords d'entreprises sur ceux conclus au niveau des branches professionnelles.
Les syndicats réformistes y sont favorables, y voyant des occasions de donner plus de place aux négociations. Mais pas les syndicats contestataires, principalement CGT et FO, majoritaires, dont la culture est façonnée par l'idée de lutte de classes.
Pour le syndicat CFDT, qui soutient le projet, "le gouvernement a une grosse responsabilité dans la perception que les Français ont de ce projet". "Quand la fusée est mal lancée, elle ne se remet jamais droite", souligne dans un entretien au quotidien Libération son dirigeant Laurent Berger.
Le 28 juin, ils ont encore été 64.000 manifestants selon la police et 200.000 selon les organisateurs à participer à différents défilés organisés en France.
Le gouvernement "n'en a pas fini avec la loi travail", a averti dans un entretien au quotidien communiste L'Humanité Philippe Martinez, dirigeant du syndicat CGT, en promettant "des temps forts à la rentrée".
Des réunions sont déjà prévues pour la fin de l'été, comme à Nantes (ouest) le 28 août, où la contestation sociale a plusieurs fois pris un tour violent faisant des blessés.
Ce climat a conduit le Parti socialiste à annuler son université d'été prévue dans cette ville à la même date. Ses permanences, ainsi que des locaux syndicaux, ont été récemment vandalisés dans plusieurs villes de France.
Le chef du PS, Jean-Christophe Cambadélis, a mis en cause dimanche "une ultra-gauche antidémocratique", mais le député socialiste frondeur Yann Galut a estimé que l'annulation de l'université d'été montrait "l'état de rupture du gouvernement avec les Français".
Ses divisions mettent le parti au pouvoir en mauvaise posture pour rassembler la gauche à l'approche de la présidentielle, face à la droite qui rêve de revanche et de l'extrême droite qui a le vent en poupe.
L'impopularité de François Hollande fait qu'il n'apparaît pas à beaucoup comme le candidat naturel de la gauche. Le PS a été contraint d'annoncer une primaire pour début 2017. Un ancien candidat de gauche radicale à la présidentielle de 2012, Jean-Luc Mélenchon, a déjà annoncé sa candidature à la présidentielle de 2017.
Le paysage politique en France a rarement été aussi éclaté. Dans l'opposition, l'ancien président Nicolas Sarkozy, chef du parti Les Républicains, a fait adopter samedi par ses troupes un programme en vue de la présidentielle. Mais ses nombreux rivaux au sein du parti ont fait savoir qu'ils n'étaient pas liés par ses orientations.

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http://www.bfmtv.com/mediaplayer/video/loi-travail-le-nouveau-passage-en-force-de-manuel-valls-841101.html

http://www.bfmtv.com/mediaplayer/video/presidentielle-2017-francois-hollande-est-il-deja-en-campagne-839409.html

http://www.closermag.fr/article/manuel-valls-devoile-le-secret-de-sa-forme-je-me-suis-mis-a-la-boxe-522216

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Published by alain serbin
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