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31 août 2016 3 31 /08 /août /2016 05:58
Les inégalités qui entravent l'activité économique des femmes en Afrique subsaharienne font perdre 95 milliards de dollars par an aux pays de cette région. C'est le constat dressé par le Programme des nations unies pour le développement (PNUD) dans son rapport 2016 sur le développement humain en Afrique.

Les facteurs politiques, économiques et sociaux qui empêchent les femmes d'avoir une activité aussi efficace économiquement que celle des hommes ont une incidence financière énorme sur ces pays.

Le manque à gagner de ces disparités hommes-femmes est évalué à 95 milliards de dollars par an par le PNUD

Si les niveaux de scolarisation et de prévention en matière de santé des femmes étaient sensiblement alignés sur ceux des hommes, leur participation à la richesse nationale en serait de beaucoup améliorée.

En effet, 60% des femmes travaillent en Afrique subsaharienne. Mais leur travail est sous-payé et il dépend bien souvent du secteur informel, ce qui ne contribue pas autant que cela devrait au PIB. Détenir un compte bancaire et accéder au crédit leur permettraient aussi de mieux déployer leur activité productive.

Restreindre l'accès des femmes au marché du travail par des normes sociales qualifiées de néfastes par le PNUD et par la même brider leurs capacités productives fait, en conclusion, perdre beaucoup d'argent aux économies d'Afrique subsaharienne.

Les inégalités entre hommes et femmes coûtent chaque année quelque 95 milliards de dollars à l'Afrique sub-saharienne, a affirmé dimanche le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), appelant le continent à prendre des mesures afin de bénéficier du "potentiel des femmes".

"Là où il y a des hauts niveaux d'inégalités entre les genres, les sociétés passent à côté de quelque chose", a regretté Helen Clark, directrice du PNUD, dans un entretien à l'afp. "Lorsqu'on n'exploite pas le plein potentiel des femmes, cela a un coût, que ce soit au niveau de la famille, de la communauté ou de la nation".
Prenant l'exemple de l'agriculture, Mme Clark a détaillé : "dans de nombreux cas, les femmes ne peuvent pas posséder de terres ou hériter de terres, ce qui rend difficile pour elles d'emprunter de l'argent. Cela a pour conséquence qu'elles n'ont pas les moyens d'acheter les meilleures graines, les meilleurs engrais".
"Donc, au final, même si elles travaillent très dur, les femmes produisent moins", a conclu Mme Clark, présente à Nairobi à l'occasion de la sixième édition de la Conférence internationale de Tokyo pour le développement de l'Afrique (Ticad).
Le PNUD a estimé dans un communiqué que l'inégalité entre hommes et femmes coûte chaque année quelque 95 milliards de dollars (84 milliards d'euros) à l'Afrique sub-saharienne, avec un pic à 105 milliards en 2014.
"L'égalité des genres est une bonne chose en soi, mais souvent, c'est seulement lorsqu'on commence à parler d'argent que les gens se disent +mon dieu, il y a des conséquences si on ne fait rien+", a ironisé Mme Clark, ex-Premier ministre de Nouvelle-Zélande et candidate à la succession de Ban Ki-moon comme secrétaire général de l'ONU.
"Le développement de l'Afrique sera plus rapide si l'égalité entre hommes et femmes est atteinte", a-t-elle soutenu.
Mme Clark s'est toutefois gardée de généraliser les inégalités entre hommes et femmes dans tous les pays d'Afrique, saluant notamment les efforts réalisés au Rwanda, où de nombreux postes à responsabilités sont occupés par des femmes, et où 64% des députés sont des femmes, soit le pourcentage le plus élevé au monde.
Le Programme des Nations unies pour le développement a par ailleurs dès lors appelé les pays africains à prendre des mesures pour supprimer, ou au moins réduire, les inégalités entre les genres, notamment en augmentant la représentation des femmes au niveau législatif, en favorisant leur émancipation économique ou leur accès à l'éducation.
"Une femme éduquée aura les compétences pour participer pleinement (à la société), elle aura, nous l'espérons, le pouvoir de dire quand elle se mariera et avec qui, le nombre d'enfants qu'elle aura", a souligné Helen Clark.

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Published by alain serbin
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