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17 septembre 2016 6 17 /09 /septembre /2016 06:16

L'ex-président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva a été accusé mercredi d'être le «chef suprême» d'un réseau de corruption autour de l'entreprise pétrolière publique Petrobras. Retour sur ce scandale qui secoue le Brésil.

Quinze jours après la destitution de la présidente brésilienne Dilma Rousseff, son prédécesseur Luiz Inacio Lula da Silva a été accusé, ce mercredi, par le parquet d'avoir «joué un rôle central» dans le réseau de corruption au sein du géant public pétrolier Petobras. «Le parquet accuse Luiz Inacio Lula da Silva d'être le chef suprême du réseau de corruption» qui opérait à Petrobras, a déclaré le procureur Deltan Dallagnol, qui a transmis à la justice le dossier d'inculpation de Lula pour corruption et blanchiment. Ce scandale a coûté plus de deux milliards de dollars à la compagnie pétrolière. De nombreux politiques, des entrepreneurs du BTP et des cadres de Petrobras ont été éclaboussés dans cette affaire.

Mars-Novembre 2014 : début du scandale et premières arrestations

Le 20 mars 2014, l'ancien chef du raffinage et de l'approvisionnement de Petrobras est arrêté pour corruption présumée. Cet évènement marque le début d'un scandale politico-judiciaire sans précédent au Brésil. Il éclabousse la campagne présidentielle de 2014 et notamment Dilma Roussef à travers le Parti des travailleurs (PT), soupçonné d'avoir bénéficié d'un système généralisé de pots-de-vin.

Le 26 octobre, Roussef est réelue malgré les soupçons de corruption. L'enquête se poursuit et, moins d'un mois plus tard, seize personnes sont arrêtées.

Octobre 2015-Mars 2016 : Lula sous le feu des projecteurs

Le 3 octobre 2015, la Cour suprême du Brésil autorise la police à interroger l'ex-président Lula dans le cadre de l'affaire. D'après le juge, «il aurait pu obtenir des avantages» de ce réseau de corruption. Une dizaine de jours plus tôt, Joao Vaccari, l'ancien trésorier du PT de Lula, inculpé dans l'affaire, avait été condamné à 15 ans de prison. L'ex-chef de cabinet de Lula avait, lui, été mis en examen.

Le 4 mars 2016, Lula est interpellé et interrogé par la police dans le cadre de l'enquête. Son domicile de Sao Paulo est perquisitionné.

Mars-Avril 2016 : le début de la fin pour Dilma RoussefLe 13 mars, trois millions de Brésiliens défilent pour la destitution de la présidente Dilma Roussef lors de manifestations d'ampleur historique. C'est l'apogée de mois de mobilisation orchestrée par l'opposition de droite pour demander le départ de Dilma Rousseff. Deux jours plus tard, elle est mise en cause: l'ancien chef de groupe sénatorial du PT, inculpé dans l'affaire, accuse le ministre de l'Education, Aloizo Mercadante, d'avoir voulu acheter son silence et affirme aux enquêteurs que le ministre aurait agi «en tant qu'émissaire de la présidente de la République».

Le 16 mars, Lula est nommé chef de cabinet de Dilma Rousseff. Le soir même, le juge Sergio Moro divulgue l'enregistrement d'une conversation téléphonique entre la présidente et Lula suggérant que cette nomination a pour objectif de protéger l'ancien président d'une possible mise en détention. Sa nomination est gelée le jour même par la justice.

Le 29 mars, le Parti du mouvement démocratique brésilien (PMDB), poussé par son chef, le vice-président Michel Temer, claque la porte de la coalition au pouvoir.

Le 17 avril, les députés approuvent avec une forte majorité la procédure de destitution de Dilma Rousseff pour maquillage des comptes publics et son renvoi devant le Sénat.

Mai-Août 2016 : Roussef suspendue puis destituée, Michel Temer prend l'intérim

Le 12 mai, Dilma Rousseff est suspendue de ses fonctions par le Sénat et remplacée par son vice-président Michel Temer, dans l'attente de son procès en destitution.

Entre-temps, le 29 juillet, Lula est inculpé pour «tentative d'entrave à la justice» dans le cadre de l'enquête. Et un peu plus d'un mois plus tard, le 31 août, 61 sénateurs, plus que les deux tiers requis, votent la destitution de la dirigeante de gauche. Seuls 20 votent contre. Dilma Rousseff est définitivement écartée de la présidence.

L'ex-présidente, qui dénonce un «coup d'État parlementaire», fait appel auprès de la Cour suprême pour demander un nouveau procès.

Septembre 2016 : Lula accusé par le parquet d'être le «chef suprême» du réseau de corruption

Le 14 septembre, le parquet brésilien demande l'inculpation de Lula, affirmant qu'il était le «chef suprême» du réseau de corruption dans le scandale Petrobras. Le procureur transmet son dossier d'inculpation pour corruption et blanchiment d'argent au juge Sergio Moro, à qui il revient de décider s'il accepte ou non celle-ci. «Sans le pouvoir de décision de Lula, ce réseau aurait été impossible», a souligné le procureur Deltan Dallagnol, ajoutant que l'ancien président se trouvait «en haut de la pyramide». L'ex-chef de l'État brésilien s'est défendu en affirmant que ses accusateurs voulaient «détruire» sa vie politique. «Prouvez ma corruption et j'irai à pied me livrer à la police», a déclaré l'ancien dirigeant de 70 ans.

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Published by alain serbin
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