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2 septembre 2016 5 02 /09 /septembre /2016 13:07

Pourquoi la drogue et son trafic dans le monde ? Pourquoi seulement la Colombie ? Pour tenter de répondre à cette question, constatons que s'il y a trafic de la drogue, c'est qu'il y a bien des consommateurs, donc il y a une demande. Et les activités liées au trafic de la dite-drogue. Hypocritement, les pays consommateurs qui condamnent sont aussi les pays traditionnels où il y a plus de commandes, et des consommateurs.

Alors, d'où vient la drogue et ces trafiquants ? Et, pourquoi pense-t-on à la Colombie ? C’est probablement l’Etat auquel on pense en premier lorsque l’on évoque le cas des drogues illicites… La Colombie a quelque chose de mythique sur le sujet, en témoignent les grands cartels et leurs leaders charismatiques tels Pablo Escobar ou les frères Orejuela qui ont fait sa mauvaise réputation dans les années 1980.

L’Histoire veut que la chute de ces puissants cartels dans le courant des années 1990 ait entraîné une restructuration du trafic de drogue colombien. Un bouleversement que nous explique Bo Mathiasen, représentant de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC) en Colombie.

Quels sont les cartels qui ont repris le flambeau de Medellín et Calí?

Les plus gros se nomment Usuga Clan (également dénommés Los Urabeños) et le groupe paramilitaire Los Rastrojoros. Ces deux-là ne se contentent pas de trafiquer de la drogue, ils sont aussi engagés dans diverses activités illégales comme l’extorsion de fond. L’Ejército Popular de Liberación (EPL) a aussi pris de l’ampleur ces dernières années. Ils agissent au nord du pays, à la frontière vénézuélienne qu’ils franchissent pour acheter de l’essence vraiment peu chère. Ils s’en servent pour produire et raffiner la cocaïne avant de l’exporter via le Venezuela.

Sont-ils aussi puissants que leurs prédécesseurs?

C’est différent. Après des années d’un intense et difficile combat de la part du gouvernement colombien contre les cartels de la drogue, ces derniers ne sont plus aussi forts qu’ils ont pu l’être. Le trafic de la production colombienne hors de ses frontières est majoritairement géré par les cartels mexicains, qui se chargent de faire passer la drogue aux USA par exemple. Quant à l’Europe, c’est la mafia italienne qui est très impliquée. Depuis le démantèlement du cartel de Pablo Escobar et du cartel de Calí, les trafiquants colombiens n’ont plus autant de puissance à l’international que par le passé.

Les liens aussi bien gouvernementaux qu’illégaux entre la Colombie et les Etats-Unis sont-il toujours d’actualité?

Ils sont très forts. Et le partenariat entre autorités est tout à fait stratégique pour les Etats-Unis, surtout du fait de sa position géographique. L’Etat américain aide la police, la cour et les juges colombiens. Il existe d’ailleurs une coopération judiciaire entre les deux pays qui permet de gérer l’extradition des malfrats de la Colombie vers les Etats-Unis depuis des années. Les Américains soutiennent également des projets de développement, dans le milieu de l’agriculture par exemple pour inciter les producteurs de coca à s’orienter vers d’autres cultures.

Justement, il semblerait que la Colombie soit passée seconde au classement des plus gros producteurs de cocaïne…

Je ne le crois pas. C’est la première, et de loin. Entre 2013 et 2014, la Bolivie est passé de 23.000 à 20.400 hectares quant à la production de la coca. Cette feuille, qui permet ensuite de fabriquer de la cocaïne est également moins cultivée au Pérou qui, dans le même temps que la Bolivie, est passé de 49.800 à 42.900 hectares. De son côté, la Colombie est passée de 48.000 à 69.000 hectares! Ce qui a augmenté de presque 53% la quantité de cocaïne produite sur le territoire. On est passé de 290 à 442 tonnes. Cela s’explique par le fait que les cultivateurs utilisent plus de fertilisants, qu’il y a moins de maladies infestant les plantes mais également par le fait que cette période a bénéficié d’une superbe météo. Les trafiquants investissent aussi les terres des indigènes pour cultiver de la coca sans leur demander leur avis, ils s’implantent dans les parcs nationaux ainsi que dans la forêt amazonienne qu’ils rasent pour ce faire. Il est très difficile de faire cesser cela car ils minent les pourtours des champs et postent des soldats chargés de tuer les indésirables.

Cette nouvelle dynamique de production a-t-elle pour but de conquérir de nouveaux marchés?

Depuis plus de dix ans, la consommation de cocaïne ne fait que baisser aux Etats-Unis et en Europe. Et comme il y a plus de disponibilité, elle se vend moins cher. Le trafic s’est donc tourné vers l’Amérique du Sud, plus particulièrement au Brésil, en Argentine et au Chili. On note également une expansion du marché vers l’Asie avec des pays comme la Chine, l’Australie, la Nouvelle-Zélande et le Japon. L’Afrique est également une des «nouvelles» destinations de la drogue illégale.

Esperanza Rivera a grandi dans les montagnes de Colombie où sont nées les Farc, mais, comme beaucoup d'autres dans ce berceau de la guérilla, l'accord de paix conclu avec le gouvernement génère chez elle plus de scepticisme que de certitudes.

"Nous voulons que la paix soit signée et que le "oui" l'emporte lors du plébiscite pour que la paix soit une réalité", a assuré à l'AFP cette paysanne de 41 ans sur la place de Planadas, localité du centre du pays où en 1964 une insurrection paysanne a donné naissance aux Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc, marxistes).

Dans cette zone rurale de jungle inextricable, Esperanza Rivera déplore un "autre conflit, dont on ne parle pas: la guérilla, ici à la campagne, se faisait respecter des bandits, mais maintenant, comme ils n'ont plus personne à craindre, nous nous retrouvons sans protection".
"La police n'arrive pas jusqu'ici, ni aucune autre force de l'ordre pour nous défendre de la délinquance commune. Les bandits craignaient beaucoup la guérilla et du coup, on ne volait même pas une poule", ajoute-t-elle, en exprimant l'espoir qu'avec la paix il y ait "davantage d'aide du gouvernement qui nous a abandonnés".
A l'issue de près de quatre ans de négociations, les Farc et le gouvernement du président Juan Manuel Santos ont conclu le 24 août un accord historique pour mettre fin à plus d'un demi-siècle de conflit armé, mais dont l'application dépend du résultat du référendum prévu le 2 octobre.
Sous le soleil implacable de Planadas et avec le chant des cigales en fond sonore, Jorge Ardila affirme vouloir la paix, mais il ne cache pas ses doutes sur le contenu de l'accord.
"Je ne pense pas que dans tout l'univers il existe quelqu'un qui ne veuille pas la paix, même les violents cherchent le chemin de la tranquillité pour eux et leurs familles, mais avant de me prononcer, je dois savoir en quoi consistent ces accords", explique-t-il.
A 59 ans, M. Ardila, comme tant d'autres habitants de cette municipalité du département de Tolima, a été en contact avec la guérilla et assure même que son père a été "infirmier de Tirofijo", nom de guerre de Manuel Marulanda, fondateur et leader historique des Farc, mort apparemment de cause naturelle en 2008.
"Ils l'avaient désigné comme infirmier à Marquetalia", zone de l'insurrection paysanne qui a débouché sur la formation des Farc il y a 52 ans.
Beaucoup plus réservé quant à l'accord conclu avec les Farc, Eustacio Jiménez estime que "faire la paix en Colombie est très difficile parce qu'il y a beaucoup de pauvreté, de chômage" et qu'il n'y aura pas de paix, si cela n'est pas aussi abordé.
"Il va seulement y avoir plus de sang versé", avertit cet homme de 75 ans, qui se montre pessimiste car "il y a plus de gens armés que travaillant aux champs".
M. Jiménez, qui a toujours travaillé la terre, connaît sur le bout des doigts les montagnes qui cernent Planadas et ont servi durant des décennies de "corridors" aux Farc, reliant Tolima aux départements du Cauca, du Valle del Cauca et de Huila.
Cet avantage géographique a séduit la guérilla, mais aussi d'autres acteurs du conflit colombien, qui a fait au moins 260.000 morts, 45.000 disparus et 6,9 millions de déplacés. La présence de ces groupes armés incite nombre d'habitants à taire ce qu'ils pensent.
"C'est qu'ici il y a huit ou neuf lois différentes: celle de la guérilla, des paramilitaires, des gangs, etc", déplore l'un d'eux sous couvert d'anonymat.
Des experts n'écartent pas le risque que l'espace laissé par les Farc soit occupé par d'autres comme l'Armée de libération nationale (ELN, guévariste), seconde guérilla encore active née aussi en 1964, ou des gangs criminels issus de la démobilisation des milices paramilitaires d'extrême-droite entre 2003 et 2006.

( sources : http://www.20minutes.fr/magazine/narcos/plongee-colombie/bo-mathiasen-la-colombie-reste-le-pays-numero-1-en-ce-qui-concerne-la-cocaine-9942/ ;

http://www.irenees.net/bdf_fiche-analyse-903_fr.html ; http://www.lexpress.fr/actualite/monde/amerique-sud/venezuela-accuse-de-trafic-de-drogue-un-innocent-dans-le-chaos_1799867.html ; http://cesm.marine.defense.gouv.fr/images/Cargo/2013/CARGO2013-5_narcotrafic-caraibes.pdf ; https://fr.wikipedia.org/wiki/Colombie ;

https://www.youtube.com/watch?v=DEkmq7JIE50 ; https://www.youtube.com/watch?v=wfRsnVJ_81s ; https://www.youtube.com/watch?v=eMQSMVKGs6k ; https://www.youtube.com/watch?v=DEkmq7JIE50 ).

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Published by alain serbin
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