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3 septembre 2016 6 03 /09 /septembre /2016 07:43
Le président mexicain Enrique Peña Nieto a affirmé que sa rencontre avec le candidat républicain à la Maison Blanche n'avait pas été une erreur et expliqué que l'invitation avait été lancée pour répondre à ses déclarations qui sont une "menace" pour le Mexique.

"Je suis convaincu que les problèmes, les menaces et les risques qui pèsent sur le Mexique, il faut les affronter" a expliqué Peña Nieto au cours d'une interview télévisée diffusée mercredi soir par la chaîne Televisa.
Le président mexicain considère que Trump n'est pas une menace en soit pour le Mexique, mais que certaines de ses propositions en revanche le sont, comme son intention d'expulser des millions d'immigrants clandestins mexicains, d'annuler le traité de libre-échange pour l'Amérique du nord (Alena) ou de construire un mur à la frontière des deux voisins.
Les remarques de M. Peña Nieto sur sa rencontre avec Trump sont intervenues après que le milliardaire eut réaffirmé avec virulence lors d'un meeting en Arizona en fin de journée que s'il accédait à la Maison Blanche il ferait construire ce mur dont le Mexique paierait la facture "à 100%".
"Oui, nous avons abordé le thème du mur (durant la rencontre) et j'ai été très clair et emphatique sur le fait que le Mexique ne le paierait pas. J'ai été clair sur le fait que chaque gouvernement a le droit de faire ce qu'il veut et d'agir comme bon lui semble sur sa frontière" comme le stipulent les lois, a expliqué M. Pena Nieto.
En dépit du discours incendiaire de Donald Trump tenu après leur rencontre, le président mexicain estime qu'"il y a un changement de ton, une reconnaissance de l'importance du Mexique", tout en admettant que cette première réunion avec Trump a été un rapprochement et que cela "ne va pas modifier toutes les positions" du candidat républicain à l'égard du Mexique.
La visite de Donald Trump à Mexico avait été précédée d'une vague de critiques qui s'est encore accentuée à l'issue de la rencontre, beaucoup de commentateurs ou d'internautes mexicain reprochant à Pena Nieto d'avoir été humilié et fait preuve de grande faiblesse. Rappelons que Donald Trump a proposé mercredi un véritable arsenal répressif contre l'immigration clandestine lors d'un discours applaudi par la base conservatrice, quelques heures après avoir rencontré dans une ambiance plus apaisée le président mexicain.

Le candidat républicain à la Maison Blanche a notamment contredit le président Enrique Peña Nieto, qui a affirmé sur Twitter que le Mexique refuserait quoi qu'il arrive de financer la construction du mur que Donald Trump promet de construire à la frontière pour tarir le flot de clandestins en provenance d'Amérique latine.
"Le Mexique paiera pour le mur, croyez-moi, à 100%", a déclaré Donald Trump lors d'un grand meeting consacré exclusivement à l'immigration clandestine à Phoenix, dans l'Arizona, frontalier du Mexique.
Quelques heures plus tôt, à Mexico, Donald Trump avait vanté lors d'une courte conférence de presse les qualités de l'"incroyable" peuple mexicain et témoigné de son admiration pour les Américains d'origine mexicaine.
Lors de cette visite éclair de trois heures, à l'invitation du président Peña Nieto, M. Trump a tenté de convaincre les Américains de sa stature d'homme d'Etat, avec une certaine réussite: c'était la première fois qu'il rencontrait, en tant que candidat, un dirigeant étranger.
"L'immigration illégale est un problème pour le Mexique ainsi que pour nous", avait-il déclaré, cherchant à trouver un terrain d'entente, notamment sur le trafic de drogues.
"Beaucoup de vies pourraient être sauvées des deux côtés de la frontière" a dit M. Peña Nieto, qui a tout de même fait valoir que les Mexicains vivant aux Etats-Unis méritaient "le respect de tous".
Mais la visite surprise a été vivement critiquée au Mexique, où Donald Trump est impopulaire.
"Voici la phrase qui résume la visite de #Trump à Mexico: +Humiliation à domicile+", a tweeté la chroniqueuse Denise Dresser.
Le parti de gauche PRD a déploré sur Twitter "la honteuse et déplorable image présidentielle donnée par Enrique Peña Nieto".


A Phoenix, Donald Trump a mis la barre à droite et dénoncé pendant une heure et quart le coût et le danger de l'immigration clandestine, ruinant les espoirs de ceux qui pensaient que le milliardaire adopterait un ton, sinon un programme, plus conciliant afin de remonter sa cote auprès des électeurs modérés.
Il est actuellement distancé dans les sondages par la démocrate Hillary Clinton, bien qu'une nouvelle étude Fox News montre un resserrement des intentions de vote, sous le coup de l'affaire des messages de l'ancienne cheffe de la diplomatie.
La semaine dernière, Donald Trump avait entr'ouvert la porte de régularisations pour les familles de clandestins résidant ici depuis 15 ou 20 ans, avant de faire machine arrière.
Mercredi, dans une salle chauffée à blanc, il a longuement cité des affaires de meurtres perpétrés par des clandestins, comme cet homme de 90 ans battu à mort dans sa propre maison.
Puis le candidat républicain a décliné un plan en dix points pour réformer le système d'immigration. Et il a exclu toute régularisation pour les 11 millions de clandestins présents aux Etats-Unis.
"Notre message au monde sera: vous ne pourrez pas obtenir de statut légal ou devenir citoyen des Etats-Unis en entrant illégalement dans notre pays", a-t-il déclaré.
Il commencera par expulser, "dès la première heure", deux millions de clandestins "criminels". Il annulera les décrets de régularisation temporaire signés par Barack Obama.
Donald Trump entend tripler le nombre d'agents du service fédéral d'immigration (ICE) et créer 5.000 postes de policiers aux frontières, en plus des quelque 20.000 existants.
Le républicain veut aussi renforcer les contrôles sur les visiteurs pour empêcher le dépassement de visas, réformer le système de visas et limiter le regroupement familial.
Comment les clandestins installés ici depuis des années et sans casier judiciaire pourront-ils obtenir des papiers?
"Ils auront un moyen et un seul: retourner chez eux et faire une demande de ré-entrée, selon les règles du nouveau système d'immigration que je viens de décrire", a expliqué Donald Trump.
Dans "plusieurs années", a-t-il ensuite dit, une fois le mur construit et l'immigration clandestine tarie, des "mesures appropriées" pourraient être envisagées pour les personnes qui resteraient.
"Il n'y a pas d'autre Donald Trump. Il n'a pas changé", a réagi Hillary Clinton.
"Ce discours est une occasion manquée", a regretté le directeur du National Immigration Forum et militant d'une réforme migratoire Ali Noorani. "L'Amérique vaut mieux que la véhémence de Donald Trump contre les immigrés".
Mais à droite de la droite, on se réjouissait. L'activiste Ann Coulter a estimé qu'il s'agissait du "plus beau discours jamais prononcé".

Enfin, Donald Trump s'est engagé mercredi à ne procéder à aucune régularisation de clandestins s'il était élu à la Maison Blanche en novembre, confirmant une ligne dure quelques heures seulement après avoir rencontré le président mexicain.

"Nous allons briser le cycle des amnisties et de l'immigration clandestine", a-t-il déclaré lors d'un discours à Phoenix, dans l'Arizona (sud-ouest). "Notre message au monde sera: vous ne pourrez pas obtenir de statut légal ou devenir citoyen des Etats-Unis en entrant illégalement dans notre pays".
Dans un discours virulent contre l'immigration clandestine, le candidat républicain à la Maison Blanche a ensuite expliqué que "dans plusieurs années", une fois atteints les objectifs de construction du mur frontalier et d'expulsion des clandestins dangereux, "nous serons en position d'envisager des mesures appropriées pour les individus qui resteraient".
Lors du même discours, il a énuméré plusieurs mesures et martelé que le Mexique paierait la construction du mur promis, malgré les dénégations du président Enrique Pena Nieto.

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Published by alain serbin
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