Pour vendre des armes en Angola, la plupart des politiciens français se sont sucrés dans cette belle affaire juteuse. Aujourd'hui, certains d'entr'eux se retrouvent devant la justice française, et refusent de porter seuls le chapeau. La taille de ce dernier semble pour eux trop grande, alors que d'autres refusent de mettre le chapeau sur leurs têtes. Accusés, jugés et condamnés dans les premiers jugements, comme ceux qui vont suivre, ils risquent la prison et les amendes très salées. Mais tous semblent minimiser leurs implications dans cette « Affaire de l'Angolagate ». Ils ménacent même de « balancer » leurs ex-amis qui se cachent à présent derrière leur chapeau sur le visage.
Vendre des armes a toujours existé dans les pays en guerre. Principalement en Afrique noire. C'est une opération qui ne se passe pas souvent au grand jour, puisque dangereuse, et condamnable pour la communauté internationale. Un acte criminel qui n'a comme finalité que de tuer des gens souvent inoncents, des civils. Les Seigneurs de guerre restant dans l'ombre et peinard. S'inquiétant moins. Même si quelques-uns se retrouvent parfois devant le Tribunal Pénal International de la Haye. Bref, vendre des armes est une histoire qui se passe dans l'obscurité.
L'argent récolté durant cette opération est partagé entre gens de bonne compagnie et insoupçonnables. Tout le monde se sucre et tout le monde du sérail doit en bénéficier. Normal pour eux.
Dans l'affaire de l'Angolagate, ceux qui s'affichent dans ce jugement ne sont pas toujours les bonnes personnes. Les gens traduits en justice ne sont pas les seuls, parfois même ils ne sont pas les plus « mouillés » de l'histoire. Mais le jugement peut durer longtemps, l'affaire peut aussi passer à la Cassation, ou en Appel. Le Tribunal le sait. Ce qui explique l'insistance des juges d'instruction.
L'Angolagate continue de pourrir le vie politique en France. Et pas seulement. La Justice française instruit une affaire qui date entre 1993 et 1998, (donc cela ne date pas d'aujourd'hui), une affaire qui reste une opération de vente d'armes la plus sale que la France a réalisée. Dans ces années-là, la France figurait parmi les pays les plus grands vendeurs d'armes du monde. Au pouvoir, de François Mitterrand à Jacques Chirac, la pratique a toujours été maintenue.
Durant la présidence de Chirac, le premier ministre était Dominique de Villepin, le ministre de l'intérieur Charles Pasqua, (avec ses « réseaux », son bureau et les membres de son cabianet), un ministère du budget et de la finance, un ministre de la défense, sans oublier le ministère des affaires étrangères, tous mêlés dans l'affaire des ventes d'armes, de l'Angolagate.
En Angola, le pouvoir était aux mains du parti-Etat MPLA, et présidé par José Eduardo dos Santos. Ce dernier est le véritable patron du Mouvement Populaire de Libération de l'Angola, entouré par un gouvernement légal qui s'impliquait dans les stratégies politique du pays en guerre, dans ces années quatre-vingt-dix. Pour des affaires du genre d'achats d'armes, il fallait des « intermédiaires ».
Le pays était en guerre contre la rebellion de l'UNITA, dirigée par un certain chef rebelle, Jonas Malheiro Savimbi. Qui avait, lui aussi, besoin des armes pour tenter de renverser le pouvoir de Luanda. Les uns les autres avaient grandement besoin de se réarmer pour vaincre leur rival.
Les rebelles de l'Union nationale pour la liberation totale de l'Angola, était très déterminée à poursuivre leur combat en Angola. Aidés par presque tous les pays vendeurs d'armes en occident et des pays ex-de l'Est. L'Unita allait chercher des armes, tout comme le Mpla, là où l'on pouvait les trouver. La France aidait l'UNITA, en lui offrant l'asile de ses bureaux politiques et des armes.
En ce temps-là, l'Angola en guerre civile, subissait l'embargo onusien. Tout comme ses adversaires.
Pour ce faire, l'achat d'armes nécessitait des intermédiaires. Ces derniers ont été sollicités, parfois ils proposaient eux-mêmes leurs services aux parties en conflits. D'autres « intermédiaires » se chaargeaient de la « transaction financière», ou facilitaient les livraisons d'armes.
Des noms circulaient. Au sommet de l'Etat français, l'ancien ministre de l'Intérieur avait un très bon « carnet d'adresses », très intéressant.
Arcady Gaydamak, un homme d'affaires avisé, savait s'y faire. C'est lui qui se chargera de transaction avec le gouvernement angolais concernant la livraison des armes. Aidé en cela par Pierre Falcone ; ajouté aussi aux autres personnalités, comme Jacques Attali, l'ancien conseiller du président François Mitterrand (1981-1995) ; Jean-Christophe Mitterrand, le fils du Président et Conseiller pour les Affaires Africaines à l'Elysée, du temps du gouvernement socialiste (1986-1992) ; Hubert Védrine ; Bernard Guillet ; Yves Bertrand ; Paul-Loup Sullitzer, etc..., car la liste risque de s'allonger indéfinimement, parce que tous ces gens cités ont joué d'une façon ou d'une autre un rôle, à des degrés divers dans cette « Affaire de l'Angolagate ».
Le pouvoir français, tout comme ses « services », tous savaient ce genre d'opération de trafic d'armes, entre la France et ses clients des pays étrangers.
Des sociétés-écrans (comme par exemple, la Brenco, ou Glencore, Sofreni, etc.), toutes se livraient à ces « opérations de ventes d'armes ou de balnchissement d'argent sale ».
La DGSE, (service secret français), surveillait tout ce beau monde, de loin, ou souvent de très près.
Et lorsque ce trafic était dénoncé, ou l'affaire risquait de prendre de l'ampleur, éclabousser les différents milieux politiques, il fallait soit l'étouffer, ou monter des scénarios abracadabrantesques.
Il fallait bien entendu masquer les affaires, protéger les personnes impliquées. Mais la justice souvent ingrate, veille, tire des vieux os du placcard pour rappeller aux politiques leurs manquements ou manoeuvres politiques déliqueuses.
Si en Angola l'opération d'achats d'armes avait permis au pays de sortir d'une situation qui faillie morceller le pays et le régime, les hommes impliqués, (du pouvoir ou de la rebellion), n'avaient rien à craindre, pour les poursuites judiciaires, ce n'était pas la même chose pour la France. D'ailleurs, l'Angola a contesté et rejetté ce jugement de l'Angolagate dont le pays n'a rien à se reprocher.
Dans un pays démocratique, la justice est indépendante, et il suffit de changement du régime pour que celle-ci dépoussière les dossiers étouffés...et remette à jour les « affaires » cachées, sans excès de zèle. L'affaire en soi est une affaire des gros sous, où beaucoup de monde en ont profité. Des hommes politiques, des autorités ou personnalités diverses ont dû toucher des « commissions ».
Selon la loi, ce trafic ne respectait pas les règles internationaux imposés à la France et à tous les pays occidentaux membres de l'organisation des nations-unies et de l'OTAN.
C'est cette violation qui a fait venir à la barre, des accusés, pour être jugés. Certains d'entr'eux seront même condamnés. Ainsi, l'ancien Ministre de l'Intérieur fut entendu et reproché d'avoir su et de n'avoir rien dit à la justice, et sera condamné à un an d'emprisonnement ferme.
Ne voulant pas payer seul la facture de ce trafic, alors que selon lui, il n'était pas seul, l'ancien président de la république, Jacques Chirac et son premier ministre Dominique de Villepin, étaient tous les deux au courant. Porter seul le chapeau, Pasqua ne le veut pas, et promet de tout « balancer », et ne se gênera pas d'ébranler le « sytème politique français » ! Charles Pasqua demande, pour se faire, la « levée de secret-défense » de l'Etat français. Sachant que cette « levée » va mettre beaucoup de monde devant la Justice. Ils ne pourront plus se cacher derrière leur petit chapeau sur le visage. Ils risquent tous de tout perdre, en dévoilant leurs véritables faces.
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