Samedi 7 novembre 2009
 


L'Angolais aime la danse comme la plupart des Africains. Au temps de l'indigénat colonial, certains chefs de poste, d'ailleurs peu scrupuleux, imposaient des amendes à ceux qui avaient un goût immodéré du tambour, ou tam-tams, pour festiver.

 

On sait que pour les villageois bakongo, du Nord de l'Angola par exemple, rien ne peut bien réussir sans en impliquer la musique et la danse. Les villagois aimaient bien battre leur tambour pour éviter l'ennui que le système les imposait, les privant de la joie de vivre, devenant des machines à travailler.

 


Alors, pour fuir tout cela, ils fuyaient loin, dans la brousse, évitant de se faire repérer par les patrouilles portugaises. Ces dernières hésitaient d'entrer dans les forêts trop touffues, craignant et les rebelles armées, et les animaux sauvages, souvent agressifs, qui pullulent dans la brousse angolaise.

 


Mais pour les villageois qui connaissaient tous les recoins du pays, ils y allaient en profondeur. Les hélicoptères qui patrouillaient souvent ne pouvaient les repérer à cause des grands arbres et des feuillages trop élevés. Ils allaient alors jouer leurs tam-tams, chanter leurs chansons de gaîtés sans retenues, et s'éclater en musique.

 



Les patrouilleurs ne pouvaient plus rien. Aussi, les services psychologiques de l'armée organisaient-ils pour les retenir, eux-aussi, et pour ceux qui se sont faits prisonniers, des danses interminables, qui exorcisent les années de privations alimentaires et chorégraphiques des survivants provinciaux du drame indépendantiste du 15 mars 1961.

 


Parmi les danses innombrables, observant les femmes angolaises, on citera la danse du feu pratiquée par les Kongo, les « Bazombo », les « Ganguela ». Les femmes choisissent une nuit sans lune pour aller en brousse. Entièrement dévêtues, elles s'attachent sur tout le corps de longues fibres pendantes, des perles autourant les reins, les fesses bien cambrées, faisant des rotations...puis elles mettent le feu, forment des cercles, entonnant alors des chants d'une voix dolente, et exécutent des pas de danse, illuminées par le brasier individuel qu'elles ont crée, et dont elles surveillent de près la combustion. A noter que les hommes n'y participaient pas toujours, pour éviter que tout cela ne se termine en orgie ! Le plaisir de la danse, de la fête, restant l'élément essentiel. Le tout, en fait, c'est de célébrer le nouveau rythme musical et culturel de leur patrimoine culturel, et vivifier la communauté.

Par alain serbin - Publié dans : actualités
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