Lors d'un Carnaval mariniquais, à Fort-de-France, en 1968, le maire de la ville avait souhaité la participation des groupes venus des Caraïbes et d'Afrique. C'est ainsi que l'orchestre Ryco Jazz, réunissant des Congolais à Paris, fut invité pour y participer. C'était la première fois que les Antillais invitaient desartistes africains de venir dans l'île pour ce caranaval.
Le groupe musical « Ryco Jazz », se composait des musiciens suivants : Freddy N'kounkou (leader, chanteur) ; Jean-Serge Essous (saxophoniste, clarinettiste, chanteur et choriste) ; Jerry Malekani (guitariste solo) ; Mbilia Casimir (batteur, congas, choeur) ; Pierre Ndinga (guitariste accompagnement) ; Panda Gracia (guitariste bassiste) ; Fidel Bateke (clarinettiste, choeur) ; et Chico Gelman (guitare basse, choeur).
Tous du Congo-Brazzaville. Ils participent au carnaval et décident d'y rester à la Martinique.
Deux ans plus tard, l'orchestre est de nouveau invité de participer au Festival Culturel de Fort-de-France, en 1970. Toujours invité par le maire de la ville, un certain Aimé Césaire, qui voulait
aussi voir les ballets africains pour cette manifestation. Les musiciens de l'Orchestre Ryco Jazz font une prestation tellement remarquable qui surprend tous les Martiniquais, de voir un groupe
africain s'exhiber sur scène avec leur nouveau rythme, le « tumbélé ». Un style musical qui n'existait pas jusqu'alors aux Antilles françaises. Ils connaîtront un succès foudroyant, et
recevront un Prix du public pour la Chanson de Jean-Serge Essous, intitulée « Désarmement ». Et en créole !
http://www.antilles-mizik.com/boutique/ryco-jazz-yo-la-p-2264.html?osCsid=d97c6d20f2d110d71f8462d9a7c8dc76
http://www.cdandlp.com/item/1/0-181002-0-1-0/113858556/orchestre-ryco-jazz-agacante-ce-ou-moin-le.html
Le compositeur Jean-Serge Essous remporte un tel succès qu'il va sortir d'autres chansons composées par lui, et son ami, le chanteur Freddy N'Kounkou, « Si i bon di i bon ». Ces deux
pilliers du groupe congolais ont profité de leur séjour aux antilles pour apprendre et maîtriser la langue du pays martiniquais, le créole.
Après le Festival, l'orchestre Ryco Jazz voit son succès s'aggrandir qu'il est invité partout. Freddy N'Kounkou qui s'est marié avec une Martiniquaise, tout comme Jean-Serge Essous, qui aura même
un fils avec sa Martiniquaise, tous deux restent dans l'île. Restant ouverts à toutes les musiques des Antilles françaises, jusqu'à Trinidad !
http://httpviyerimanounblogf.unblog.fr/ Le groupe Ryco Jazz , toujours en Martinique, se produit souvent à Fort-de-France, dans le Bar
« Le Bantou » (tenu par un Congolais qui vit depuis des années en Martinique). C'est dans ce bar qu'ils se font remarquer, et signer leur premier contrat d'une année, pour jouer Ã
l'Hotel Bakoua (un célèbre endroit très touristique). Ryco Jazz se charge d'agrémenter les soirées dansantes, animant les bals. Tout le monde venait à ce rendez-vous nocturne pour danser sur les
rythmes de la musique africaine « tumbélé », et la « cadence », voire même de la « biguine ».
Un grand bonheur pour les Antillais de cette époque-là . L'orchestre Ryco Jazz attire l'attention des producteurs de musique, dont Henri Debs. http://www.groovecollector.com/groove_guide_label/2/46/debs.html
Toujours à la recherche des nouveaux talents, le producteur guadeloupéen Henri Debs, fleurant le succès du groupe africain aux Antilles, leur propose de venir enregistrer dans son Studio Debs, Ã
Pointe-à -Pître, dans l'archipel de la Guadeloupe. C'est là -bas que Ryco Jazz produit son premier disque, avec un succès considérable. Plusieurs albums suivront. Jean-Serge Essous est reconnu par
les Guadeloupéens comme aussi les Martiniquais. Son style de musique influence la musique antillaise que tous les musiciens de cette période se mettent à copier le « toumbélé », la
« cadence ».
http://fr.7digital.com/artists/ry-co-jazz/bon-voyage/06-Aux-Antilles/
http://www.dailymotion.com/video/xa3pt3_ambiance-paillote-simon-jurad-mako_music
Une révolution pour la musique antillaise, qui se sent enrichit par ces Africains venus du continent de leurs ancêstres noirs. La biguine y puisant ses sources à la racine noire
: http://www.youtube.com/watch?v=hWO_ShCwDJs
Sans lui, on aurait pas connu d'excellents musiciens tels que Georges Plonquitte, Perfecta, Typical, Les Aiglons, Simon Jurad, et les autres. Un des meilleurs chanteurs, Georges Plonquitte, nous
a laissé une empreinte inoubliable.
http://www.wat.tv/audio/adelina-georges-plonquitte-10x4p_10ogj_.html, ou le Typical
http://www.youtube.com/watch?v=lMQ0fTp0j2M&feature=related
Tout le monde découvrait que ce Jean-Serge Essous avait déjà une longue carrière depuis son Afrique, puisque c'est lui qui a été à l'origine de l'OK Jazz, avec Franco, à Kinshasa (RDCongo), mais
surtout, le fondateur du célèbre « Les Bantous » à Brazzaville.
http://www.youtube.com/watch?v=cizuIcGgkDU&feature=related
Ses albums font un tabac partout. Le groupe Ryco Jazz est invité dans toute la Caraïbe ( Martinique, Guadeloupe, Porto Rico, Grenade, Barbade, Cuba, mais aussi sur le continent sud-américain, en
Guyane, au Venezuela, etc...). On oubliera pas le Compas d'Haïti qui reste inviolable.
Après toutes ces expériences de voyages et de musiques, Jean-Serge Essous et quelques amis du groupe, retournent à Paris. Quant à Freddy N'Kounkou, il a choisi de rester à la Martinique.
En France, le groupe Ryco Jazz se disloque. Jean-Serge Essous et sa femme Martiniquaise avec leur fils, toute la famille retourne vivre un temps à Paris. Mais, l'appel de l'Afrique est plus fort pour Jean-Serge, qui décide de rentrer à Brazzaville, au Congo, son pays d'origine.
Là -bas, il continue la musique, en réintégrant son premier groupe, l'Orchestre « Les Bantous de la Capitale », retrouvant ses anciens amis. L'orchestre qu'il avait fondé a continuer
d'exister sans lui, gardant intact le succès d'antan. Sans Jean-Serge Essous, il n'y aurait pas des talentueux chanteurs comme Pamelo Munk'a, (auteur des célèbres succès « Ce n'est que ma
secrétaire », « L'argent appelle l'argent », « Samantha ».
http://www.youtube.com/watch?v=SJwAdp4tULs&feature=related
http://www.youtube.com/watch?v=6RnxugRZRPg&feature=player_embedded Après les Pamelo
Mounk'a et les autres, les influences de Essous vont faire monter des artistes Congolais comme Aurlus Mabélé,
http://www.youtube.com/watch?v=D26D1BAuXrM&feature=related Des souvenirs. Des tubes inoubliables. Quel
succès !
Quant à Jean-Serge Essous, son succès et sa célébrité ne sont plus à démontrer. C'est lui le véritable compositeur de la chanson « Philosophie » (que les mauvaises langues attribuent à Gérard La Vigny. Une très belle chanson très célèbre aux Antilles, comme tant d'autres, et qu'il a composées, dont on voit la paternité confiée...à d'autres !) Il suffit de voir sa discographie pour comprendre le talent de compositeur de J.-S. Essous, surnommé « Les Trois 'S' ». On retiendra pour Ryco Jazz, des chansons comme « Marie-José », « Mami Wata », « Mambo Ryco », « Pa reté camarad' », « Philosophie », « Mi désarmement », « Si si bon di i bon », « Tu bois beaucoup », et des milliers d'autres ! Plusieurs chansons en créole, composées par le Congolais Jean-Serge Essous, sont souvent reprises, copiées, plagiées, sans menagement. Mais c'est un honneur que cet artiste d'enrichir le repertoire de la musique des Antilles, dont on sait aussi que les origines sont africaines.
En 1993, comme pour rappeller à son bon souvenir, l'Orchestre Ryco Jazz avait sorti un ultime album « Yo là ! »,
http://www.antilles-mizik.com/boutique/ryco-jazz-yo-la-p-2264.html?osCsid=d97c6d20f2d110d71f8462d9a7c8dc76
avec Jean-Serge Essous, (chant, saxophone, et choeur) ; l'excellent chanteur Freddy N'Kounkou (chant, claviers et congas) ; Jerry Malekani (Ã la guitare-solo). Les trois pilliers de Ryco Jazz ont
fait appel à un ancien comme eux, le saxophoniste Manu Dibango ; ainsi que du sang neuf, le temps de cet abum historique, Shimita et Ballou Canta (pour les choeurs) ; Lokassa Ya Mbongo (pour la
partie guitare rythmique), et enfin, Ngouma (Ã la guitare basse).
Les jeunes artistes antillais d'aujourd'hui ne s'en plaignent pas. Au contraire, ils s'en inspirent et respectent le « vieux » Jean-Serge Essous. Ce dernier qui vient de nous quitter le 25 novembre 2009, à Brazzaville, après une longue maladie. Merci à Essous Jean-Serge, qui, vieilli, peu de jurs avant sa mort, a chanté difficilement cette dernière chanson, composée par son petit-fils, à Brazzaville, "Ecce homo" : http://www.youtube.com/watch?v=pLeOmaHeTmE
On lui rend un hommage mérité car sans lui, le groupe Kassav', http://www.youtube.com/watch?v=52Q5jErmSTs&feature=PlayList&p=35CF4D3C408A63DC&playnext=1&playnext_from=PL&index=30 et
les jeunes « zoukeurs » d'aujourd'hui, et les jolies filles zoukeuses,
de Leïla Chicot http://www.dailymotion.com/video/x8sn7t_2009-leila-chicot-renaissance_music
à la princesse ursulla http://www.youtube.com/watch?v=XuGzPxmu5e0&feature=related (voir son
site
http://www.princessursula.com/ )
http://www.tropicalzouk.com/spip.php?article149par exemple, n'auraient pas trouvé si facilement des sources d'inspirations, ou cette
belle voie déjà tracée, pour continuer à faire rayonner encore la belle musique antillaise du moment.
| Février 2010 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | ||||
| 8 | 9 | 10 | 11 | 12 | 13 | 14 | ||||
| 15 | 16 | 17 | 18 | 19 | 20 | 21 | ||||
| 22 | 23 | 24 | 25 | 26 | 27 | 28 | ||||
|
||||||||||