Pour les Algériens, c'était le « match du siècle » pour leur permettre d'aller à la Coupe du monde 2010, en Afrique du Sud. Ce fut un grand match de football entre l'Algérie et l'Egypte. Eprouvant, intensif, mais soulageant. Un vrai combat sportif entre deux grands grands pays d'Afrique du Nord, passionnés par le football et les compétitions, bien décidés à ne pas se faire des cadeaux.
Ce mercredi-là, du 18 novembre 2009, le Stade de Karthoum, au Soudan, vibrait avec ses milliers de supporters présents, et ceux des millions postés à leur poste de radio, ou surtout, devant les écrans de leurs télévisions.
Les Algériens attendaient ce match depuis...1986, année où le pays n'a plus été au rendez-vous de la coupe du monde. Avant le match, tout le monde était surexcité, l'ambiance était aussi électrique, on parlait même d'un « match explosif » et de « tous les dangers » !
On allait voir ce qu'on allait voir, promettaient les Algériens et les Egyptiens, confiants à leur victoire respctive.
Il faudrait peut-être rappeler le pourquoi pour qu'on en arrive à cet échange enflamé, pour rappeller ce qui s'était passé quatre jours plus tôt, en Egypte, lors de l'arrivée de l'équipe algérienne. Le bus des joueurs de l'équipe nationale d'Algérie était attendu, mal accueilli par les Egyptiens du Caire, attaquant à coup de pierres et autres projectiles jetés vers le bus à son arrivée dans la capitale.Plusieurs joueurs seront touchés, blessés au visage. C'est le visage ensanglatté que les joueurs algériens arriveront dans leur hôtel. Suivis de leur supporters, eux aussi attaqués. On était déjà dans l'ambiance avant l'heure du match proprement dit.
Pour les Algériens, cette attaque était préméditée : « On nous a tendu un piège. C'est un guêt-apens ! », ont déclaré les supporters et les joueurs de l'équipe nationale algérienne, les FENECS.
« Le match se joue sur le terrain de football. Ici, des 'sauvages' ont surgis des buissons longeant l'autoroute, et se sont mis à lancer des pierres contre nous ! » http://www.youtube.com/watch?v=0HsGb3HRF-8
La rencontre semblait déjà mal entamée. Etait-ce pour les intimider ? Le bus était pris pour cible entre l'aéroport et l'hôtel où l'équipe devait être logée. Jamais vu cela, en Afrique ou
ailleurs!
La haine avait pris là son paroxysme. Dévoilant des rancoeurs passés dont on ignorait. L'orgeuil était au rendez-vous de part et d'autre. L'angoisse de ne pas perdre.
Les pays affichaient dés lors leur fierté nationale. Si pour l'Egypte a vu sa dernière participation à une coupe du monde qui date de 1990, l'Algérie, quant à elle, constate que sa dernière participation remonter à 1986. Cette fois-ci, ni l'un ou l'autre ne voulait rater ce rendez-vous de l'Afrique du Sud.
L'un de deux devrait y être et participer pour le continent africain. Dépassant cela, on insistait pour dire que l'un devrait représenter l'Afrique du Nord, ou le monde musulman.
Samedi dernier, le 14 novembre 2009, au Caire, ce sont bien les Egyptiens qui l'ont remporté face aux Algériens par un score de 2 buts à 0. Mais ceci nètait pas suffisant.
Contraints de disputer un match d'appui après leur défaite au Caire, cette fois-ci les Algériens se montraient hyperdéterminés, en voulant prendre leur revanche sur un terrain neutre, au Soudan.
Quatre jours plus tard, les deux pays vont jouer au Stade Al Merreikh d'Omdurman, dans la banlieue de Khartoum, la capitale soudanaise. Devant une foule excitée, majoritairement acquise à l'équipe victime, de l'Algérie.
Sur le plan footballistique, les deux pays n'ont pas hésiter de se montrer au grand jour avec leurs meilleurs joueurs. Dont voici la composition ci-dessous.
Pour l'Algérie : Chaouchi, Belhadj, Halliche, Yahia, Saïfi, Bougherra, Yebda, Ziani, Maghni, Ghezzal, et Mansouri.
Pour l'Egypte : El Hadary, Moawad, El Sakka, Saïd, Goma'a, Fathy, Al-Muhama, Abo Treka, Hassan, Moteb, et Zaki.
Les « Fenecs », nom de léquipe nationale de l'Algérie, ont bien préparés leur jeu, se montrant très confiant pour le match annoncé : Algérie-Egypte. Du côté de la présidence (Abdelaziz Bouteflika), et du Gouvernement d'Alger, il fallait mobiliser tout le monde, mettre plus de moyens. Tous étaient bien préparer pour ce match dont le pays devait mettre toutes les chances à leur côté. Le gouvernement va affrété des avions, mobiliser la population, pour se mettre tous derrière leur équipe nationale, « Fenecs », afin de les aider pour « gagner le match ». Des milliers de supporters algériens iront par avions payés par l'Etat, d'Alger à Karthoum. Un geste apprécié par tous.
On s'attendait donc à un vrai match de football, qui allait se dérouler avec calme, sur un autre terrain. Au Soudan, terrain neutre pour les deux pays compétiteurs, Algérie et Egypte.
En dépit de quelques rares accrochages, très minimes, sur le terrain entre joueurs, le match va se dérouler sans incidence, en comparaison avec ce qui s'était passé au Caire, face à une foule hostile.
Finalement, à Kartoum, le match va très bien se dérouler, sportivement. Footballistiquement.
Les jeunes joueurs algériens de « Fenecs » vont montrer ce qu'ils savaient faire, dans un grand match comme celui-ci contre les « Pharaons » d'Egypte, en montrant un spectacle non-pollué, dépourvu d'agressivité gratuite. Sachant qu'ils avaient déjà deux buts dans la tête et qu'il fallait remporter ce match pour se qualifier. Le match se terminera par un seul but, ô précieux, pour l'Algérie. Un à zéro. Les Algériens se sont imposés grâce au but de Yahia, d'une magnifique reprise de demi-volée dans les six mètres après une belle balle en profondeur de Ziani. La belle finira au fond du filet. Le gardien égyptien Essam el-Hadary ne pouvait rien sur ce seul beau but de la rencontre. Le filet a tremblé, faisant vibrer les milliers de supporters Algériens, voire même, Soudanais. Toute l'Algérie a éclaté de joie. Une grande clameur, gigantesque, va nourrir le stade soudanais. Hou-hou, sifflet, brouhaha, c'est une foule en délire qui acceuille ce cadeau de but.
Et c'était suffisant. Le pays reprenait son souffle. L'Algérie a enfin décroché son ticket pour le Mundial 2010, en Afrique du Sud. Une victoire qui va fédérer tout le peuple algérien.
La Coupe du Monde aura lieu du 11 juin au 11 juillet au pays de Nelson Mandela.
On peut juste regretter de la tournure qu'avait pris le match précédent cairotte. Ce qui était juste un match du football, un événement sportif, tournera en conflit politique entre les deux pays.
L'Egypte ayant décidé de rappeller son ambassadeur à alger, pour « consultation ». Dommage.
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