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Très impopulaire et dans un contexte de crise économique et de taux de chômage élevé, François Hollande est monté immédiatement en première ligne mercredi après l'attentat, commis aux cris d'Allah Akbar et qui a fait 12 morts et 11 blessés. Sur les lieux de l'attaque, la plus meurtrière en France depuis des décennies, il a lancé un appel à l'"unité nationale" avant de décréter une journée de deuil national.
Le chef de l'Etat, qui a tenu plusieurs réunions de crise avec les ministres régaliens (Intérieur, Défense, Justice, Affaires étrangères) et les principaux responsables des services de police, de gendarmerie et de renseignements, doit gérer une crise que certains ont comparé à un "11-Septembre" de la presse.
"Hollande face à son 11-Septembre", résumait ainsi jeudi le quotidien "Le Parisien".
Jusqu'ici et notamment en 2014, son mandat a été surtout marqué par de vives contestations sur son cap économique. Sa vie privée avait aussi été mise à mal avec l'étalage de sa relation difficile avec Valérie Trierweiler qu'il a quitté il y a un an.
Premier interlocuteur invité avant d'autres responsables politiques, son prédécesseur de droite Nicolas Sarkozy (2007-2012), à la tête du parti UMP et qui se pose en rival pour l'élection présidentielle de 2017, a échangé avec le chef de l'Etat une poignée de mains sur le perron de l'Elysée.
http://www.leparisien.fr/politique/videos-attentat-a-charlie-hebdo-hollande-a-recu-sarkozy-a-l-elysee-08-01-2015-4428817.php .
C'est la première fois que M. Sarkozy se rendait au siège de la présidence depuis la passation de pouvoirs en mai 2012.
"C'était mon devoir de répondre à cette invitation" pour "montrer le climat d'unité nationale face à l'attaque menée par des fanatiques déterminés contre la civilisation, la République et contre des idées qui nous sont chères", a déclaré Nicolas Sarkozy à l'issue de la rencontre.
Laissant ostensiblement de côté les querelles partisanes, l'ex-président a évoqué la nécessité d'améliorer le dispositif de vigilance de la France contre la menace terroriste "pas dans l'opposition entre la gauche et la droite mais dans un souci de protection des Français".
"C'est une guerre qui est déclarée à la civilisation et la civilisation a la responsabilité de se défendre", a-t-il conclu.
D'autres responsables de partis représentés au Parlement devaient être reçus dans la journée. François Hollande recevra en outre vendredi les principaux dirigeants des partis politiques ne disposant pas d'un groupe au Parlement: la présidente du parti d'extrême droite Front national, Marine Le Pen, le centriste François Bayrou et le président du parti de la gauche radicale Jean-Luc Mélenchon.
Plusieurs partis de gauche ont appelé à une "marche républicaine" dimanche. Convié par le Premier ministre Manuel Valls à y participer, l'UMP s'associera "si les conditions sont réunies", a répondu Nicolas Sarkozy en évoquant la nécessité d'un climat de "recueillement, de rassemblement".
Le Front national, dont les succès électoraux l'an dernier menacent la majorité socialiste au pouvoir comme l'opposition de droite dans la perspective de la présidentielle de 2017, n'a en revanche pas été convié à ce stade.
"J'attends que mon téléphone sonne pour que le Premier ministre invite évidemment la représentante d'un parti qui a fait 25% aux dernières élections à se rendre à cette manifestation d'unité nationale", a commenté jeudi Marine Le Pen, dont le parti prône notamment la lutte contre l'immigration.
http://www.frontnational.com/ ; https://www.youtube.com/watch?v=iPE-WLsTgmw .
Elle a rappelé que son parti avait participé à la cérémonie d'hommage aux victimes du jihadiste français Mohamed Merah en mars 2012 à Toulouse (sud-ouest), à l'initiative de Nicolas Sarkozy.
"Aujourd'hui il y a d'autres sujets" et la réponse sera donnée "le temps venu" même si "la philosophie, c'est une unité nationale", a botté en touche un membre de l'entourage du Premier ministre.
Après le drame national du 11 janvier 2015, les Français se sont soudés autour de leur président socialiste François Hollande. Selon deux sondages, le chef de l'Etat français et son premier ministre surfent sur l'effet 'Charlie Hebdo'. Leur gestion de la crise est largement saluée.
"C'est un phénomène rarissime dans l'histoire des baromètres d'opposition", a estimé un expert.
Abonné aux sondages désastreux, François Hollande connaît un spectaculaire rebond de popularité. Deux enquêtes d'opinions, réalisées les 16 et 17 janvier et publiées hier lundi 20, lui attribuent une remontée d'une vingtaine de points, à 40% d'opinions favorables.
Quant à son premier ministre, Manuel Valls, il atteint des sommets: trois Français sur cinq l'approuvent désormais.
A l'origine de ce brusque redressement:les attaques terroristes, qui ont fait 17 morts du 7 au 9 janvier. La gestion de la crise et de ses suites a été saluée presque unanimement dans la classe politique française (à l'exception notable de l'extrême droite).
Même l'ancien président Nicolas Sarkozy a reconnu que le duo à la tête de l'Etat avait 'fait ce qu'il devait faire'.
Plus étonnant, un des deux sondages a relevé une meilleure approbation de la politique économique du gouvernement (+7 points, à 24% à souhaiter la réélection du président actuel, François Hollande. Ils sont à présent 23%.
"Si les problèmes extérieurs reviennent au premier plan, ça ne va pas manquer: il va y avoir un tassement", prédit Philippe Braud, spécialiste de socilologie politique. François Hollande n'a pas encore fait savoir s'il briguerait un second mandat en 2017, mais presque tout le monde le pense et votera pour lui.