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Ce voyage officiel, il y a une composante historiquement sous-jacente: d'une part, c’est la première fois un président socialiste effectue une visite officielle en Angola, et de l’'autre, Paris a voulu donner un signe d’une réciprocité diplomatique rapide et appropriée en réponse au voyage en avril 2014 du Président angolais.
Le voyage du Président de la République d'Angola en France "a été soigneusement préparé, acquérant un caractère d’Etat suffisamment cohérent tant du point de vue politique comme diplomatique sans être trop lourd, ni avec des formalités paralysantes", a déclaré l'ambassadeur d'Angola en France Miguel da Costa, cité par le quotidien angolais "Jornal de Angola".
Selon lui, l'Angola aura certainement l’envie de reproduire le même symbolisme de courtoisie diplomatique sans mettre de côté la volonté de faire avancer le dialogue politique de haut niveau dans l'agenda politique et diplomatique, multilatéral comme régional sans oublier le volet bilatéral.
En outre, il note que le caractère historique du voyage est renforcé par le poids et le prestige international de la France.
"En fait, la France est membre permanent du Conseil de sécurité de l'ONU, la première puissance politique et militaire en Europe et la deuxième puissance économique après l'Allemagne. En Afrique, elle est la puissance occidentale la plus influente dans les domaines politique et diplomatiques, économique et commercial, ainsi que culturel et linguistique", a rappelé le diplomate.
Il a ajouté que la France, comme la plupart des pays occidentaux, estimait que l'Angola est incontournable dans la géopolitique régionale et continentale. Conformément aux équilibres de la guerre froide, l'Angola a été placé dans un jeu d'échecs politique complexe qui lui autorise aujourd'hui de jouer un rôle clé à la fois en Afrique Australe et Centrale ou dans la région des Grands Lacs, sans oublier les pays africains de langue officielle portugaise (PALOP).
En conséquence, selon le diplomate, l'Angola et la France entretiennent un dialogue permanent, notamment sur les questions de sécurité régionale, en particulier par rapport aux pays et régions suivants : la République Centrafricaine, les Grands Lacs, le Golfe de Guinée, la Guinée-Bissau, le Soudan et le Sahel.
L’Angola et la France partagent de nombreux intérêts économiques. Le commerce bilatéral entre les deux pays a atteint le chiffre de 1,4 milliards d'euros en 2013, ayant été noté un ralentissement accentué à partir 2008, quand il a atteint un niveau record de 3,2 milliards d'euros.
En 2014, le commerce bilatéral a augmenté de 67 pour cent. Après une baisse de 21 pour cent en 2012 et 2013, les exportations françaises vers l'Angola ont de nouveau augmenté en 2014, avec une valeur estimée à 770 millions d'euros, représentant plus de 67 pour cent par rapport à l'année précédente.
Les exportations se composent principalement des équipements nécessaires à l'industrie pétrolière, mais il une certaine diversification, entre autres, dans les domaines de l'alimentation, de la santé, de l'automobile, des biens de consommation, de la mécanique, de l'électricité, de l'électronique et de l'informatique, des produits chimiques et cosmétiques et des parfums.
Les exportations sont constituées principalement de pétrole brut. La société française Total est devenue la première opératrice du pays, avec une production de 700 mille barils par jour en 2014, ce qui représente environ un tiers de la production nationale angolaise.
Les deux pays ont une coopération culturelle et scientifique dense, en particulier dans le domaine de l'enseignement supérieur. Cette coopération a été renforcée par la signature de l'accord entre le Gouvernement de l'Angola et le Gouvernement de la France dans le domaine de l'enseignement supérieur et de la formation de cadres, valable pour cinq ans, paraphé le 29 avril 2014, lors de la visite officielle en France du Président de la République d'Angola.
Selon les statistiques officielles, la communauté française en Angola est estimée à trois mille habitants, alors que la communauté angolaise en France est d'environ 15.000. La langue française est parlée par des millions d'Africains et de la communauté francophone angolaise fait partie des 265 millions de personnes dans le monde qui ont le français en partage.
La France, première puissance agricole en Europe et la deuxième de l’Occident, après les États-Unis, par l'expérience africaine et l'avance dans les services, dispose d'atouts pour accompagner la diversification de l'économie qui est la priorité de l'Angola.