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Blog sur l'actualité des Antilles et du monde.

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Le G20 s’abstient de pointer du doigt la Chine.

La Chine aura été, de bout en bout, au cœur des discussions d’Ankara (Turquie), vendredi 4 et samedi 5 septembre, entre les ministres des finances et les grands argentiers des pays du G20 mais sans être citée dans le communiqué final, malgré les pressions de l’Allemagne et des États-Unis. Le texte a retenu une formulation plus générale : les pays du G20 ont ainsi promis de « s’abstenir de procéder à toute dévaluation compétitive ».

La délégation chinoise était très attendue en Turquie. Les pays avancés comme les émergents attendaient des explications sur l’ampleur du ralentissement de la deuxième puissance économique mondiale et sur la dévaluation surprise du yuan le 11 août, qui a déclenché une tempête boursière générale et un début de « guerre des changes » dans plusieurs pays. Les délégations allemandes et américaines souhaitaient que le G20, y compris pour sa propre crédibilité, adopte dans son communiqué final un ton plus incisif, mais ils n’ont pu l’obtenir.

Lire : Le yuan : quelle dévaluation ?

Les débats, tant sur l’économie mondiale que sur les stratégies de croissance, se sont déroulés, selon un participant, sans tensions particulières. La délégation chinoise s’est voulue très rassurante sur la croissance de l’ancien Empire du milieu, assurant que le pays était dans une période de transition de l’industrie vers les services et de l’investissement vers la consommation, transition dont la rapidité était sous-estimée. Les responsables chinois ont écarté le risque d’un « hard landing », d’un atterrissage brutal de l’économie, et évoqué une croissance de 6 à 7 % l’an. Le gouverneur de la banque centrale (PBoC) a par ailleurs affirmé que la dévaluation du 11 août n’était pas destinée à faire repartir les exportations et que le pays avait dû faire face à l’éclatement d’une bulle boursière.

Lire aussi : Comment interpréter la chute de la Bourse chinoise ?

En retour, plusieurs délégations des pays avancés ont fait observer que la libéralisation des marchés des capitaux en Chine irait probablement de pair avec une certaine volatilité et qu’elle impliquait une communication « non désordonnée » de la part des autorités.

Rentrés dans la discussion de manière « assez ouverte », selon un participant européen, les Chinois ont refusé d’être désignés nommément dans le communiqué du G20. C’est d’ailleurs l’habitude au sein de ce groupe de pays qui représentent 85 % de l’économie mondiale. Le Japon et les États-Unis ont bataillé pendant trois heures pour obtenir que le texte évoque la nécessité de plus de « transparence » dans les politiques et dans les données (la qualité des statistiques chinoises étant clairement en cause).

L’autre grande question reste la politique monétaire de la Réserve fédérale — plus particulièrement, la date, peut-être prochaine, à laquelle la Fed procédera à la première hausse de son taux directeur depuis neuf ans. Ce futur resserrement monétaire, qu’un brouillon du communiqué final qualifiait de « principale menace pour l’économie mondiale », n’a finalement été évoqué que de manière très habituelle, le texte final du G20 appelant à un calibrage prudent des politiques monétaires et à une communication claire pour éviter les risques de contagion, une formulation qui peut aussi bien viser les Etats-Unis que la Chine.

Sur les autres dossiers, qu’il s’agisse de la régulation financière et de la prévention des crises systémiques ou de la concurrence fiscale, les discussions se poursuivront jusqu’au dîner du G20 finances prévue le 9 octobre en marge de l’assemblée générale annuelle du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale à Lima (Pérou), voire même jusqu’au sommet des chefs d’Etat et de gouvernements à Antalya (Turquie) à la mi-novembre. (Le Monde.fr)

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