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Second tour de la présidentielle aux Seychelles. L'opposition espère pouvoir déloger le président James Michel.

L'archipel des Seychelles, dans l'océan Indien, vote de mercredi à vendredi pour un second tour inédit de l'élection présidentielle, qui voit l'opposition menacer pour la première fois le président sortant James Michel, au pouvoir depuis 2004.

Le scrutin pourrait remettre en cause la prééminence du parti au pouvoir depuis le retour du multipartisme en 1993. Il se déroule sur trois jours en raison de l'éloignement de nombre des 115 îles de l'archipel, distantes parfois d'un millier de kilomètres de l'île principale, Mahé, qui abrite la capitale Victoria.
M. Michel, 71 ans, qui brigue un troisième mandat de cinq ans, le dernier que lui autorise la Constitution, avait largement fini en tête du premier tour début décembre, avec 47,76% des voix.
Mais pour la première fois depuis 1993, l'opposition a gagné le droit à un second tour, où elle sera représentée par Wavel Ramkalawan, 54 ans. Candidat pour la cinquième fois, ce révérend anglican a obtenu 35,33% des voix au 1er tour.
Jusque-là, le parti de M. Michel, "Lepep" ("Le peuple", en créole) - issu de l'ancien parti unique, et au pouvoir depuis 1993 - avait toujours remporté la présidentielle dès le premier tour, avec au moins 54% des voix.
Les cinq candidats opposés à M. Michel - qui ont totalisé 52,23% des voix au premier tour - se sont ralliés derrière M. Ramkalawan, chef du Parti national seychellois (SNP). Celui-ci peut donc espérer faire tomber M. Michel, mais aura besoin d'un report parfait des voix.
"J'invite tous mes supporteurs à voter pour Wavel Ramkalawan, car il incarne notre philosophie de changement", a déclaré à cette occasion Patrick Pillay, ancien ministre des Affaires étrangères et de la Santé du président Michel, dimanche lors du dernier grand meeting de campagne à Victoria.
Ex-cacique du Lepep, M. Pillay en a claqué récemment la porte avec d'autres cadres pour fonder Lalyans Seselwa ("L'alliance seychelloise"). Il est arrivé en troisième position au premier tour, avec 14,19% des voix.

Certains analystes estiment cependant que nombre d'anciens partisans mécontents de Lepep ayant apporté leur suffrage à M. Pillay refuseront de voter pour le candidat du SNP.
"Les supporteurs de Lepep qui ont voté pour Lalyans ne voteront pas pour Wavel, qui a toujours mené une politique de confrontation avec le parti au pouvoir et ses supporteurs", prédit Paul Chow, économiste et ancien député, aujourd'hui retraité de la politique.
"Ce deuxième tour est une opportunité pour ramener l'unité qu'il y avait aux Seychelles avant le coup d'Etat et pour rendre leur liberté aux Seychellois", a tenté de convaincre M. Ramkalawan.
M. Michel, alors vice-président, est devenu président en 2004 en succédant constitutionnellement à France Albert René, qui avait instauré un régime de parti unique après avoir pris le pouvoir en 1977 lors d'un coup d'Etat.
M. René, qui avait démissionné avant l'expiration de son mandat, l'avait toujours emporté au premier tour depuis qu'il avait accepté de rétablir le multipartisme en 1993. M. Michel a été élu en 2006 puis réélu en 2011, au premier tour à chaque fois.
M. Michel, qui avait au cours de la campagne appelé les Seychellois à lui permettre de terminer le travail entrepris, notamment les réformes économiques lancées depuis 2008, a reconnu après le premier tour que la population était mécontente.
Mais il a assuré être le seul en mesure d'y remédier. "Notre pays a besoin d'un vrai dirigeant qui peut prendre des décisions et celui qui peut faire cela c'est le candidat du Lepep", a-t-il déclaré.
Confronté à une fronde au sein de son parti et à une hémorragie de cadres, M. Michel avait convoqué cette présidentielle anticipée dans le but, selon les observateurs, de donner une nouvelle légitimité à son pouvoir.
Comme au premier tour, l'élection se déroulera sur trois jours. La Commission électorale se rendra mercredi dans les îles dites "éloignées", et jeudi dans les îles dites "proches", à l'exception des trois îles principales de Mahé, Praslin et La Digue. Celles-ci, où vivent l'essentiel des quelque 91.000 Seychellois, voteront vendredi.

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