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France. Le président François Hollande affiche sa fermeté face à la fronde sociale.

Le président François Hollande a martelé vendredi sa volonté de "tenir bon" face à la fronde sociale qui perdure depuis plus de deux mois en France, de manifestations en blocages de sites industriels, et qui pourrait s'intensifier.

Forts de la mobilisation enregistrée la veille, avec des dizaines de milliers de manifestants (300.000 selon le syndicat CGT, 153.000 selon les autorités) dans toute la France, les huit syndicats opposés au projet de loi ont appelé vendredi "à poursuivre et amplifier les mobilisations".
Le président François Hollande leur a répondu du Japon où il participait à une réunion du G7. "Je tiendrai bon parce que je pense que c'est une bonne réforme", a déclaré le chef de l'Etat, à propos d'un texte qui a divisé sa majorité socialiste au Parlement et menace de paralyser le pays.
Jeudi, c'était la huitième journée d'action contre ce projet de loi destiné à apporter de la flexibilité aux entreprises selon le gouvernement, mais qui risque, selon ses opposants, d'accentuer la précarisation des salariés.
Ces derniers jours, le mouvement s'est durci, avec le blocage de ports, de raffineries et de dépôts de carburants, un défi de taille au gouvernement soucieux de conjurer une paralysie du pays à deux semaines du début de l'Euro de football.
Neuf centrales nucléaires, sur les 19 que compte le pays, ont également connu des baisses de production, selon la CGT, sans toutefois entraver l'approvisionnement électrique selon le gestionnaire du réseau.
Face aux blocages, le "premier devoir" de l'exécutif est d'assurer "la liberté de circuler" et "le bon fonctionnement de l'économie", a souligné M. Hollande, visage fermé, en soulignant que "ce n'est pas le moment de mettre en difficulté l'économie française".
Artisans et entreprises n'ont pas caché leur exaspération grandissante devant ce conflit qui grippe les rouages d'une économie qui semblait donner quelques signes d'embellie, avec une petite poussée de croissance et une légère décrue du chômage ces derniers mois.
Vendredi, le responsable du patronat français, Pierre Gattaz, a dénoncé des "méthodes de voyous" et "d'irresponsables" et appelé à "résister au chantage" des syndicats contestataires.
La fermeté affichée par le président Hollande est venue clarifier des ambiguités au sein du gouvernement. Le Premier ministre Manuel Valls a été contraint de recadrer jeudi son ministre des Finances Michel Sapin, qui évoquait de possibles aménagements sur le point le plus contesté du projet. Cet article, jugé inacceptable par les syndicats contestataires, octroie aux entreprises et non plus aux branches professionnelles la primauté de négociation sur l'aménagement du temps de travail.
Manuel Valls a évoqué des "améliorations" possibles du projet de loi, mais a exclu de revenir sur ce principe.
Les syndicats opposés au projet, qui ont demandé à être reçus par Francois Hollande la semaine dernière sans obtenir de réponse, ont déploré vendredi le silence de l'exécutif, critiquant "son entêtement à ne pas retirer le projet de loi".
Jean-Claude Mailly, secrétaire général du syndicat Force Ouvrière (FO), a appelé le gouvernement à suspendre les débats au Parlement sur le projet de loi afin d'ouvrir des négociations.
"S'il y a une suspension, qu'on n'est plus soumis à un calendrier et qu'on est prêt à discuter sur le fond, mais bien sûr qu'on peut en sortir" de ce conflit, a-t-il estimé.
D'ici là, la pression syndicale demeure. Outre la poursuite de nombreux blocages, une neuvième journée de mobilisation est déjà programmée le 14 juin, avec "une puissante manifestation nationale" à Paris. Une date choisie pour coincider avec le début des débats sur le texte au Sénat.
Les syndicats ont par ailleurs annoncé l'organisation "dès le début de la semaine prochaine" d'une "votation citoyenne", une grande consultation sur le projet de loi qui doit être menée jusqu'au 14 juin dans "les entreprises, les administrations et lieux d'études".
Les perturbations restent néanmoins limitées à ce jour dans les transports ferroviaires et aériens, malgré les multiples appels à la grève. Le secteur est névralgique à l'approche de l'Euro-2016, qui va drainer vers la France des dizaines de milliers de supporters.

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