Overblog Tous les blogs Top blogs Économie, Finance & Droit Tous les blogs Économie, Finance & Droit
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Blog sur l'actualité des Antilles et du monde.

Publicité

Françafrique, Eurafrique...l'éternel recommencement ?

Lors de son dernier périple africain (du 25 au 28 juillet 2007), l'actuel président français, Nicolas Sarkozy, s'est rendu au Sénégal et au Gabon, après avoir été en Libye rencontrer son homologue Mouhammar Kaddafi.
Déjà, en tant que Ministre de l'intérieur, il s'était rendu à Dakar, et promit de revenir pour prononcer un grand discours à l'intention de la jeunesse africaine. C'est en tant que chef de l'Etat de la République Française  que Nicolas Sarkozy, nouvellement élu, qu'il est revenu en Afrique noire. 
Partenaires privilégiés, malgré le discours démagogique ambiant qui veut que les privilèges politiques entre la France et l'Afrique dans son ensemble, avec Sarkozy, ne seront plus les mêmes, on note que rien n'a changé et ne changera pas dans la manière de regarder et concevoir la politique africaine de la France. La preuve par ce déplacement du président français dans ces pays africains francophones, considérés comme "amis". 

A l'université Cheikh Anta Diop, de Dakar au Sénégal, le 26 juillet dernier, le président français Nicolas Sarkozy a fait un curieux discours digne d'un bon adepte du néo-colonialiste ! Voire, du plus pessimiste-paternaliste. Dans l'hebdomadaire Jeune Afrique, on apprend que ce discours a été écrit par Henri Guaino (voir J.A. n°2429 du 29 juillet au 4 août), d'ailleurs diversement apprécié tant par les Africains du Sénégal que par les Français. Morceaux choisis : Dixit Nicolas Sarkozy, " J'aime l'Afrique, je respecte et j'aime les Africains."  Et ça, c'est pour l'évidence. Encore qu'il faut des preuves pour cet amour. "Je veux, ce soir, m'adresser à tous les Africains qui sont si différents différents les uns les autres, qui n'ont pas la même langue, qui n'ont pas la même religion, qui n'ont pas les mêmes coutumes, qui n'ont pas la même histoire et qui se reconnaissent les uns les autres comme des Africains. Là réside le premier mystère de l'Afrique." Oui, une Afrique qui restera mystérieuse pour un novice Européen, mais qui à bien bien des égards, ressemble à cette Europe, à cette Union Européenne, et ces Européens qui sont si différents les uns les autres, ces Européens, qui n'ont pas la même culture, qui n'ont pas la même histoire et qui pourtant se reconnaissent les uns les autres comme des Européens. Là ne résident pas du tout le mystère de cette création de l'Union Européenne car l'union fait la force, parfois cette Europe mystérieuse et toujours conquérante pour diriger et donner l'exemple dans le monde.  Les différences n'ont jamais empêchées la création d'un pays, d'une nation ou d'une organisation d'unité entre pays d'un continent. En Suisse, par exemple, les différences n'ont pas empêchées la coexistence entre Hélvètes. 
Le discours de Sarkozy en Afrique va encore plus loin : "Le drame de l'Afrique, c'est que l'Homme Africain n'est pas entré dans l'histoire." (!) Oui, on n'a pas permis l'entrée dans l'histoire conçue par l'Occident d'entrer dans 
' leur'  Histoire. " Le problème de l'Afrique, c'est qu'elle vit trop le présent dans la nostalgie du paradis perdu de l'enfance" ( ! ). Nous entrons là en plein délire paternaliste. Teinté de quelques préjugés et dénigrements. 

"A ceux qui, en Afrique regardent avec méfiance ce grand projet de l'Union Méditéranéenne que la France a proposé à tous les pays riverains de la Méditéranée, je veux dire que, dans l'esprit de la France, il ne s'agit nullement de mettre à l'écart l'Afrique, qui s'étend au Sud du Sahara mais, qu'au contraire, il s'agit de faire de cette Union le pivot de l'Eurafrique, la première étape du plus grand rêve de paix et de prostpérité qu'Européens et Africains sont capables de concevoir ensemble."
Les Africains ont appris avec le temps, de lire et d'entendre à travers les mots de l'Occident. Derrière les mots,  se cachent souvent le fond profond de la pensée. Car, le mot en Afrique a parfois un sens pour celui qui veut bien écouter. Une phrase aussi censée qu'elle soit peut cacher les sous-entendus. 
Le discours du président français en terre africaine a été ressentie comme une leçon de morale, une insulte d'un ancien colon face à ses "indigènes". Un discours à la tradition de cette Françafrique chère au réseau Foccart. Un discours françafricaine certes, et  qu'il entre dans le discours ambiant de la rupture qui ne veut pas rompre !

Aller en Afrique pour dire ceci : " L'Afrique a sa part de responsabilité dans son propre malheur." ! C'est faire preuve de cynisme. Et aussi d'un certain pessimisme qui gagne les Africains eux-mêmes, qui ne croient plus à cette Afrique, en l'état, qui ne se développera jamais... Croire à l'Afrique c'est de se dire ce que l'on peut apporter comme solution à ses difficultes de tous ordres. Et non pas démissionner comme le font de plus en plus certains découragés de cette inertie du système politique actuel en vigueur en Afrique. Seront-ils encore nombreux ces Africains courageux qui vont continuer de croire à l'Afrique sans la trahir ?
C'est faire preuve de cynisme de dire : " Nul ne peut demander aux fils ou petits-fils de se répentir des fautes de leurs pères". Car il ne s'agit pas de se "répentir" mais de faire montre du courage de regarder la vérité en face.
Bon, soit. Ainsi donc, on demanderait aux fils de se repentir de se repentir, aux Africains d'être cléments et d'oubleir le passé au nom de la générosité et de la fraternité ? C'est accentuer l'hypocrisie qui un jour va aboutir à l'explosion et à des rancoeurs insuppoortables. Se dire la vérité c'est règler le problème une bonne fois pour toute et fructufier l'amour véritable entre les êtres humains. Non, ceux qui disent à l'Afrique d'oubleir le passé et à l'Europe coloniale de se repentir sont aussi dangereux que ceux qui prônent le discours "s'armer pour assurer la paix". Les vendeurs d'armes ne seront jamais des philanthropes. Ils sont à la base des désordres mondiaux. 
A la dernière guerre mondiale, on entendait partout : "L'Allemagne doit payer !" Et elle continue de payer ses erreurs sans que la communauté internationale s'en indigne. Les Allemands qui ont déjà longtemps choisis le camps de la paix sont regulièrement rappelés de leur passé (par films propagandes, histoires par livres interposés). C'est choquant ou pas ? Vont-ils toujours continuer de payer les "fautes" de leurs pères pour leurs actes génocidairesdu passé à l'égard des juifs ? Si c'est par devoir de mémoire, alors soyons justes avec les Africains. En Afrique d'ailleurs, on ne demande pas aux Blancs colonisateurs de payer, mais tout simplement qu'il y a eu une histoire douloureuse et de reconnaître celle-ci. On ne doit pas osculter le passé comme l'autruche qui plonge sa tête dans le sable pour ne pas voir arriver le danger. On affronte son passé pour reconstruire un avenir meilleur. Entre la France restera toujours l'Amour réciproque. L'amour de la culture qui unit. L'amour de la langue qui rapproche. L'amour de l'histoire commune, même si douloureuse. Pour la France, il faut une autre politique pour l'Afrique, un autre discours qui empêche la marche de l'histoire entre les deux peuples. Il faudrait repenser autrement les relations entre cette Afrique francophone et la France, imaginer différemment ces relations, pour créer autre chose afin que cette relation soit saine, apaisée et constructive, pour nos intérêts communs.
Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article