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Anciennement nommé le Nyassaland, le Malawi est un territoire de 118.484 km2, en Afrique australe, enclavé pour moitié dans le Mozambique, le Malawi est également bordé à l'ouest par la Zambie, et au nord, par la Tanzanie. C'est un territoire qui s'étend au bord du lac Malawi (anciennement lac Nyassa), dont il épouse plus ou moins la forme. Le lac Malawi est le troisième grand lac d'Afrique par sa superficie (30.800 km2), qui couvre le 1/5 de la superficie du pays et dans lequel affluent les huit fleuves et des centaines de cours d'eau. Un pays de hauts plateaux, presque exclusivement agricole, où le maïs constitue la base de l'alimentation. Le sucre, le thé et surtout le tabac assurrent l'essentiel des exportations, toujours inférieures aux importations.
Sa capitale est Lilongwe. Les villes principales sont : Blantyre, Zomba, Salina, Kasungu, Mzimba, Rumpi, Mzuzu, Karonga, Nkhata Bay, Fort Johnson, Nsanje, etc...
L'économie du Malawi s'est toujours mal remis et de la colonisation et de la fédération des Rodhésies et du Nyassaland, qui en fut l'émanation. A ses débuts, le Malawi était considéré comme un pays pauvre. Comme toutes les colonies, il s'est vu imposer une quasi-monoculture et ensuite d'avoir reçu à l'intérieur de la fédération , la "spacialité" : dans ce système, la Rhodésie fournissait les industries et les capitaux, la Zambie les mines, et le Malawi...la main d'oeuvre.
En effet, un des problèmes majeurs du pays est la supopulation des terres cultivables. La population ayant augmentée aussi vite que prévu, alors que la superficie cultivée couvre seulement 25% du territoire et les pâturages 5,1%, tandis que 19,6% sont occupés par la forêt, et que 50,5 % sont inutiles et improductifs. Aux difficultés causées par le manque de terres il convient d'ajouter l'épuisement des sols : constitués en grande partie par des vieilles surfaces lessivées, ceux-ci sont épuisés par les incendies, l'érosion qui s'ensuit et l'absence de fumure. De plus, un système collectivisme matrilinéaire est lui-aussi en butte à des difficultés: les pâturages sont maigres et les "dambo" (dépression humide), sont souvent infestés de mouches tsé-tsé.
L'économie du Malawi repose néanmoins sur l'agriculture. Son principal atout réside dans la grande quantité d'eau dont pourrait bénéficier l'irrigation : c'est le bas Shire qui offre à cet égard le plus de possibilités. A côté d'une agriculture de subsistance, le pays se livre à quatre grandes cultures de rapport et d'exportation : l'arachide, le tabac, le thé et le coton. Le thé, principalement cultivé par les Européens (Anglais), occupe la majorité de la majorité de la main d'oeuvre. Les trois autres productions vivrières sont les maïs, le manioc, le sorgho, la patate douce et le riz. La production agricole suffit à nourrir la population, le Malawi exporte même une partie de son maïs et de son riz. Quoique en accroissement constant, le cheptel (bovins, ovins, caprins, porcins) ne suffit pas aux besoins de la population, malgré l'amélioration de l'état sanitaire des animaux. Enfin, le gouvernement attache une grande importance à la pêche, et l'encourage en créant des réseaux commerciaux stables, en s'accordant des prêts et en mettant sur pied un programme de repeuplement des lacs.
Si le sous-sol possède une grande variété de gisements (cuivre, amiante, graphite, mica, kyanite, thorium), seule la bauxite des "Mlanje Mountains" semble exister en grande quantité suffisante pour justifier une exploitation. Les activités industrielles, d'ailleurs réduites, sont liées à l'agriculture : traitement du thé, scieries, égrenage du coton, traitement du tabac, huileries, distilleries, raffineries de sucre. Des efforts sont faits enmatière d'industrie textile, d'engrais et de pâte à papier. L'énergie électrique est d'origine thermique, mais souvent ce sont les Britaniques qui accordent des prêts, au Malawi pour l'équipement, notamment l'hydraulique des chutes de Nkula, qui continuent de procurer plus de 400 mégawatts. Les réseaux routier et ferroviaire, sont toujours insuffisamment développés, à l'exception toutefois d'une route axiale praticale en toutes saisons, sont tributaires de ceux du Mozambique pour l'accès du Malawi à la mer, par les ports de Beïra et de Nacala. Longtemps dépendant de la Grande Bretagne, qui subventionnait son budget souvent déficiaire, le Malawi se tourne notamment de nos jours vers d'autres pays régionaux, (surtout la toute puissante République Sud-africaine), pour attirer investissements, dons et prêts. Malgré les progrès accomplis depuis pas mal d'années, après son indépendance, le pays n'a pas encore atteint son objectif de figurer parmi les pays émergents en Afrique.
L'Histoire de ce pays nous a permis de remonter aussi loin de ses origines de création. Les Noirs qui y habitent depuis des siècles ont vu leur nombre augmenter avec l'arrivée de leurs frères bantous qui fuyaient les razzias des Négriers Arabes dans la région, dès le XIXè siècle. A partir de 1840, les Arabes avaient besoin des esclaves pour leur traite négrière en Arabie et très lucrative. Un autre événement viendra pertuber la vie paisible des Noirs au Malawi : une autre arrivée des Blancs européens. Cinq années plus tôt, le Malawi avait déjà connu une forte immigration des guerriers zoulous venus du sud du continent. Les Arabes avaient vu cette arrivée comme un suplus des bons produits d'ébène à ajouter dans leur commerce. Les esclavagistes arabes intensifièrent leur action à l'intérieur des terres malawie. C'est en septembre 1859 que le premier Blanc européen, missionnaire-explorateur écossais, David Livingstone, membre de la "London Missionnary Society", parvient au cours d'un de ses nombreux voyages de reconnaissance, sur les rives de lac Nyassa. Le milieu naturel lui paraissant propice, il fonde aussitôt une Mission, mais c'est surtout à partir de 1875 que l'implantation européenne prendra de l'ampleur. Elle a pour but non seulement d'évangelisation, ou mieux, l'acculturation des Noirs Africains, mais aussi de remplacer le commerce des esclaves par un autre commerce, plus subtil (pour ne pas dire, cynique), qu'elle estme "honnête". En fait, c'est une autre forme d'esclavage par le travail forcé, qui remplace l'esclavage de déportation humaine par des Arabes. En 1878 est fondée l' "African Lakes Company". Pour protéger les Missionnaires et Membres de la Company contre les incursions des esclavagistes arabes et les expéditions portugaises chaque jour plus menaçantes, le "Foreign Office" nomme en 1883 un Consul. Et en 1891, le Nyassaland (ancien nom du Malawi) est déclaré Protectorat britanique. Les Portgais sont définitivement évincés du pays.
Dès l'établissement du Protectorat, un changement intervient dans la direction économique du Nyassaland : le British South Africa Company, fondée deux ans plus tôt par Cecil Rhodes, rachète l'African Lakes Company, et prend alors le nom d' "African Lake Corporation". L'objectif principal du premier commissaire et consul général Harry Johnson est de poursuivre la ' pacification' du pays et la lutte contre les marchands d'esclaves, dont l'activité ne prendra réellement fin qu'à partir de 1895, avec la mort de Mlozi.
En 1904, le Nyassaland change de statut et devient une colonie de la Couronne avec à sa tête un Gouverneur général assisté d'un Conseil législatif et d'un Conseil exécutif.
Les premières troubles éclatent dans le pays en 1914 ; cependant, ce n'est guère avant 1953 que la situation s'aggrave et se détériore entre Blancs Anglais et Africains du Malawi. Cette année-là, les Européens des deux Rhodésies et du Nyassaland créent, malgré l'opposition des Noirs, une fédération grâce à laquelle ils espèrent obtenir, dans les dix prochaines années, l'indépendance pour les trois territoires. Des émeutes éclatent. Le mécontentement est canalisé par le " Nyassaland African Congress" (N.A.C, fondé en 1944).
Les nationalistes malawis et locaux ne sont pas les seuls dans leur action. En 1958 rentre d'Angleterre un homme qui n'a jamais cessé d'être en étroite relation avec eux : Hastings Kamuzu Banda.
A la tête du N.A.C., il organise en 1959 une campagne de ' désobéissance civile' . L'bjectif est clair : c'est l'Indépendance du Malawi ! Le pays doit se libérer et être dirigé par les Africains. En mars de la même année, l'état d'urgence est déclaré, le parti est interdit et les responsables emprisonnés. En septembre, Orton Chirwa constitue le New Malawi Congress Party, que Banda dirige depuis la prison. Ce dernier, relâché en avril 1960, est invité à négocier avec Londres dont il obtiendra une nouvelle Constitution.
Le statut d'autonomie interne est accordé le 1èr février 1963, et l'indépendance déclarée le 6 juillet 1964. En 1966, le Malawi devient une république avec Hastings Kamuzu Banda devient le président de la république, dont la politique suivra deux directions : personnalisation et renforcement du pouvoir à son profit. Le plus grâve encore, le président Kamuzu Banda, après avoir reprimé en 1965 un coup d'Etat fomenté par son ministre Chilembwe, il s'est rapproché de l'Afrique du Sud, pays d'apartheid de l'époque, cette pratique politico-sociale du pouvoir Blanc d'origine européenne excluant les autochtones Noirs d'Afrique du Sud. Banda justifiant son attitude par la "prospérité très réelle que le pays de l'apartheid assure au Malawi", tout en ajoutant que cela se justifie aussi par le "désengagement britanique en Afrique australe dont le Malawi fait partie intégrante". En fait, il ne convainc pas du tout : il a choisi un autre colon remplaçant un nouveau colon raciste, pour faire avancer son pays du Malawi !.
Sur le plan intérieur, le président-dictateur Banda a vite montré qu'il ne tolérerait pas d'opposition ; il s'en est suivi la formation d'un gouvernement en exil après cette tentative malheureuse de prise de pouvoir. En 1970, Hastings Kamuzu Banda devenait le "président à vie" de Malawi, et le "Malawi Congress Party" avait seul droit de cité. En instituant le seul parti unique dans le pays, la dictature dévoilait son vrai visage. Le pays sombra brutalement dans la dictature et l'autocratie.
A l'extérieur, le Malawi tente une amorce d'une politique conciliation à l'égard de son alliée l'Afrique, mais plus encore, avec les gouvernements du Mozambique et de la Rhodhésie de Ian Smith, avec laquelle le Malawi est resté économiquement lié. La même année, le premier ministre sud-africain B.J.VOSTER était reçu en grande pompe à Blantyre, la capitale. Un tapis rouge pour un responsable de ce pays d'Apartheid.
L'année suivante, le président-dictateur du Malawi, Hastings Kamuzu BANDA lui rendait sa visite.
Pour les progressistes en Afrique et dans le monde, le dictateur malawi Kamuzu Banda est le prototype même des chefs de l'Etat africain que l'on ne veut plus voir en Afrique, estiment des nombreux Africains. Que retiendra-t-on de lui ?
Hastings Kamuzu Banda est né en 1906, au Malawi, mais c'est un pur produit du système nécocolonial, prêt à vendre son pays et ses propres frères et soeurs. Il a longtemps vécu en Grande Bretagne, fréquenté l'école des Blancs jusqu'au mimétisme absurde des lettrés africains. Pourtant, il a joué à la démagogie avec des déclarations fracassantes pour séduire les Noirs, contre la présence des Blancs en Afrique, et surtout à l'égard des "Etats Blancs en Afrique" et néocolonisateurs. Il deviendra même le leader du parti indépendantiste et "nationaliste", le N.A.C., (Nyassaland African Congress), dès 1958. Militant actif, tribun, Hastings Kamuzu Banda va embobinner son peuple, pour avoir son estime avant de le trahir. Dictateur africain, démagogue, son anticommunisme primaire a fait de lui un allié docile de l'Occident chrétien et néocolonialiste. Son ralliement au camp du régime raciste sud-africain lui vaudra même le titre de "Sage de l'Afrique", et de "Président réaliste" qui aime son pays, selon ses alliés occidentaux.
De 1971, l'année qu'il se déclare "président à vie", jusqu'aux années 1990, aux côtés de ses alliés racistes sud-africains, il se rangea définitivement parmi les "traitres" de la dignité africaine.
En 1993, confronté à une confrontation et contestation intérieure grandissante, le président du Malawi H.Kamuzu Banda est contraint d'organiser un référendum sur l'introduction du multipartisme, qui est approuvé par son peuple.
Le peuple du Malawi met fin à sa dictature : la présidence à vie est abrogée.
En 1994, c'est l'élection de ELSON BAKILI MULUZI, principal opposant de Banda, qui prend sa place et devient Président de la République du Malawi, à l'issue des premières élections pluralistes. Le Malawi retrouve enfin le chemin de la démocratie et surtout, en 1995, la nouvelle Constitution prévoit que le président de la république est élu au suffrage universel tous les cinq ans. Le président E.Bakili Muluzi remplira son mandat de cinq ans et à la fin de ce mandat, c'est un nouveau visage qui prend la place : il s'agit du président Yasmine Elmediousi.
Selon la Constitution nouvelle, le président nomme un vice-président appartenant à un parti politique. Les membres du Cabinet sont choisis par le président. L'Assemblée Nationale est composée de 193 députés élus pour cinq ans. Le Sénat abrite 80 sièges représentant toutes les régions du pays, ayant des intérêts spécifiques. Le système judiciaire indépendant est basé sur le modèle anglais, avec une Cour de premier niveau, une Haute-Cour, et une Cour Suprême d'Appel.
Pour bien apprécier la stabilité du pays et la solidité de sa Constitution, le système politique actuel montre bien que le Malawi est effectivement une démocratie. Les élections qui sont libres, se déroulent aussi de manière pacifiques.
Quand on voit l'Histoire de ce pays, qui aurait dit quelques années auparavant le Malawi vivra un jour dans une démocratie ? La réalité politique est actuellement là.
C'est un pays assez libéré et en voie de cette démocratie effective à encourager. La capitale du pays est bien LILONGWE, tandis que la ville principale est BLANTYRE, du nom d'un explorateur célèbre d'origine écossaise. Sir David Livingstone est né à Blantyre, en Ecosse, en 1813. Missionnaire protestant, c'est lui qui inaugura en 1849 une série de voyages en Afrique entrale et orientale, pour le compte de la Couronne britanique. Avec son accolyte, Sir Morton Stanley, cet autre explorateur anglais, envoyé en Afrique Centrale, à la recherche de Livingstone dont on avait plus des nouvelles, et qu'il retrouva en 1871. Stanley découvrit l'embouchure du fleuve Congo et partit à la recherche de son compatriote. A eux deux, ils recherchèrent en vain les sources du fleuve Nil. La légende nous dit que David Livingstone fut un adversaire décidé de l'eslavagisme arabe en Afrique Orientale.
Malgré une importante christianisation un peu partout en Afrique noire, l'islam resteencore influent. Les "Yao" du Malawi sont les premiers de tribus à être convertis à la réligion musulmane, par pur opportunisme, afin d'échapper à la traite des Arabes dans leur région. On raconte que la tribu Yaoserait venue de la V allée de la Rovuma, qui marque la frontière entre la Tanzanie et le Mozambique. Comme les autres pays du Nord du Limpompo, le Malawi a accueilli une des nombreuses tribus zouloues dispersées au XIXè siècle, par les guerriers du roi CHAKA, celle des Angoni, (le nom est une déformation de Ngoni, nom générique de l'ethnie à laquelle appartient les Maravi (déformation de Malawi), qui en langue 'chichewa' veut dire "flamme". Et aussi, les CHEWA et les TOMBUKA. Tout ce monde essayait de vivre ensemble en harmonie dans ce pays nommé Malawi. Le pays, après tant d'années, a retrouvé son équilibre.
Les élections démocratiques qui sew sont déroulées, ont toutes été saluées positivement par la Communauté internationale (autrement dit, par l'Occident, maître moral du monde). L'UNITED DEMOCRATIC FRONT, (UDF), de l'ancien président Bakili Muluzi s'est uni avec l'AFORD, (ALLIANCE FOR DEMOCRACY). Puis, une coalition avec le plus vieux parti du pays, l'ancien NYASSALAND AFRICAN CONGRESS (NAC), débaptisé plus tard, le MCP (MALAWI CONGRESS PARTY). En 2000, l'UDF remportera 70% des sièges.
En 2004, BINGU WA MUTHARIKA, de l'UDF bat le MCP (MALAWI CONGRESS PARTY), et devient le nouveau PRESIDENT DU MALAWI, et reste à nos jours une forte personnalité dans le pays.
Prochain article : SPECIAL A N G O L A - situation actuelle en Afrique australe, à la veille des élections.
(en cinq grands articles, avec des informations et des analyses. Enquête sur une démocratie naissante).