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Blog sur l'actualité des Antilles et du monde.

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Mémoire et Abolition de l'esclavage. LOUIS DELGRES, de la GUADELOUPE, l'autre abolitionniste méconnu en terres françaises.

Peu de gens en France le connaissent. Pourtant il a joué un grand rôle dans l'arrêt de la Traite des Noirs aux Antilles françaises. Qui est Louis Delgrès ? Eh bien, c'est l'une des personnalités historique que la GUADELOUPE devrait souvent se souvenir et honorer.
Né le 2 août 1766, Louis Degrès fut un Officier militaire dans l'armée française. Devenu Capitaine au sein de cette armée de la République Française, cet officier de couleur a participé à la formation du bataillon des Antilles, et en Bretagne, puis a reçu le titre de "lieutenant". Muté en Guadeloupe en 1795, lors des batailles contre les Anglais, il s'illustre par sa bravure, et il est nommé au grade de Capitaine. Prisonnier des Anglais en 1796, il est libéré une année plus tard. Promu Chef de bataillon en Guadeloupe, il rejoint les siens, en tant que mûlatre, et bonc, Noir.
Lorsque les Officiers de couleur, appuyés par la population guadeloupéenne, se révoltent contre Lacrosse, Louis Degrès se rallie aux rebelles. Lacrosse, officier de la marine royale, fut celui qu'on envoya par la Métropole, en Guadeloupe, pour tuer les Négres qui se révoltaient contre le système français de l'esclavage, le 30 mai 1801. Jadis, le Lacrosse compassionneur des malheurs des Noirs Antillais, en 1793, il en devint le tueur aux ordres, à Basse-Terre et à Pointe-à-Pitre, en Guadeloupe. Louis Degrès qui devrait être sous les ordres de ce Lacrosse, ne supporta pas son attitude à l'égard des Noirs Afro-Antillais. D'ailleurs Napoléon Bonaparte et sa Josephine de Bèarnais de la Martinique, étaient profondement racistes. Ce sont eux qui voulurent rétablir l'esclavage dans ces terres d'outre-mer, c'est-à-dire, à la Martinique et à la Guadeloupe. Les Antilles françaises deviendront des terrres d'exploitatons agricoles dont les esclaves venus d'Afrique seront la main d'oeuvre seviable et corvéable à souhait.
Que dire de tous ces négrophobes, de Richepance, (cet ancien général en chef de l'armée française en Guadeloupe) ? Ou encore de Pelage ? Rien à retenir d'eux, sinon les oublier, pour nous intéresser de Louis Degrès. Profondément Antillais mûlatre, Louis Delgrès, fils d'un Blanc (son père fut un fonctionnaire du roi à Tobago), et d'une métisse (sa mère était originare de la Martinique), choisit de se ranger aux côtés des Noirs, ses frères de sang. Il choisit en fait de lutter contre les injustices des autorités françaises contre les hommes de couleur aux Antilles. Les deux îles sous domination française vivaient dans la soumission raciale dûe à ce système d'esclavage qui excluait les Noirs en droits et en considération humaine. Louis Degrès constata la protestation grandissante et la cause juste de ce mécontentement, il réjoignit les Guadeloupéens, réorganisa la résistance armée dès le 8 Mai 1802. C'est même lui qui prendra la tête de cette révolte armée des Noirs. Il savait les techniques pour contrecarrer l'armée française, prenant conscience de la justesse de ce noble combat qui était décisif pour qu'enfin les Noirs retrouvent leur liberté et leur dignité. Il mesurait bien l'importance de cette longue lutte dont il savait bien q'il ne verrait pas les bénéfices, mais il le dit à ses alliés gudeloupéens, et surtout à son allié Ignace, l'autre compagnon du marronnage, dans sa lutte : " Le siècle qui commence, (le XIXè siècle), est une de ces époques fatidiques de l'histoire du monde, plus grandes encore pour les idées généreuses qu'elles enfantent que par la gloire dont elles rayonnent. Une date grandiose dans la martyrologie de l'humanité. Les semences d'une régénération universelle, éparpillées depuis deux siècles déjà sur tous les points du globe, commencent leur germination ; la faible plante grandira vite et se fera arbre pour abriter sous son ombre majestueuse la renovation générale, conquis non par l'épée mais par la pensée. Nous ne verrons pas cela, nous autres, mais du moins nous aurons la gloire de l'avoir presenti. Avant longtemps, l'esclavage sera aboli à jamais et la liberté de la race noire proclamée hautement. A nous reviendra l'honneur d'avoir les premiers affirmé glorieusement les droits de nos frères à prendre place au milieu de la grande famille humaine."
Il est dommage que les Guadeloupéens, et encore moins les Martiniquais, dans leur majorité, n'aient pas encore pu  avoir accès à l'histoire de cet homme qui a su, à temps, voir plus loin, et choisi son combat, rejettant les faveurs, les honneurs, les prestiges dans la mondanité de cette vie facilitée, mais plutôt un combat de tous les hommes, celui du respect de l'autre.
Louis Delgrès a indirectement participé à cette lutte contre l'esclavage, comme tous ceux qui ont, dans leur combat quotidien, accéléré le moment pour l'abolition du système de l'esclavage aux Caraïbes.
Le gouverneur de la Guadeloupe abolit l'esclavage dès le 27 mai 1848, tout comme Victor Schoelcher, gouverneur de la Martinique, dès le 22 mai 1848.
En Guyane, c'est le 10 avril 1848 qu'entrera en vigueur cette loi, et le 20 décembre 1848, à La Réunion. Il faudrait aussi souligner l'action d'une Guyannaise qui fut à l'origine de la reconnaissance marquante de ce fait de l'histoire.
Ainsi, il faut dire qu'officiellement, la France n'a aboli l'esclavage qu'en 1866. Toussaint Louverture avait déjà tracée le chemin de la fin de l'esclavage en Haïti dès 1802. D'ailleurs grâce à lui, le vent de la liberté va se propager dans toute la Caraïbe. Pour Bonaparte, cet Haïtien qui a proclamé l'autonomie de cette partie  de la grande île  de Saint-Domingue, devrait être neutraliser et q'il n'était pas question d'offrir à la Martinique ou à la Guadeloupe le spectacle d'une armée de noirs affranchis par eux-mêmes et de mûlatres acquis à la cause de l'indépendance et du progrès.
Les Haïtiens vont payer cher cette liberté, et continuent encore de nos jours à le payer. Les Blancs ne supportant difficilement pas la liberté d'un Noir, aussi intelligent ou blanchi qu'il soit ! Toussaint Louverture sera capturé, et mourrut de froid en prison...en France. A Fort de Joux, en 1803.
En effet, l'esclavage officiel abolit, il restera ce combat pour la reconnaissance de ce passé qui a fait trop de mal aux Noirs d'Afrique. Le combat ne faisait que commencer. Car l'idéologie raciste reste encore le combat de tous.
A la Martinique, il a fallu un Aimé Césaire, pour retablir la vérité historique et rendre la dignité à la race noire. En 1939, son "Cahierd'un retour au pays natal" entre dans cette lignée. Son deuxième livre important, "Discours sur le colonialisme", renvoie à la face des Blancs colonisateurs la pratique de leur bêtise et leur mensonge.
L'autre personnalité est Frantz Fanon, qui en 1952, jeta un pavé dans la marre avec son livre-miroir "Peau noire, masques blancs", face aux Antillais et aux Africains. Comment lls ont été travaillés mentalement par la colonisation. Certains se reniant soi-mêmes !
N'oublions pas non plus, cette contribution littéraire du Guyanais René Maran, qui, dans son excellent roman  "BATOUALA", paru aux Editions Albin Michel, qui reçut aussitôt le Prix Goncourt en 1921, pour sa qualité littéraire, certes, mais surtout dans la préface, René Maran dénonçait le système colonial français qui vida les populations en Afrique, et pilla les richesses des terres d'Afrique. Ancien fonctionnaire, il savait de quoi il parlait... 
Pour finir, revenons encore à la Guyane, pour dire que, c'est bien une Guyanaise, Chritiane Taubira, avec ce Comité pour la Mémoire de l'Esclavage, dans leur Rapport remis au premier ministre français, qui proposait le 10 mai 2005, jour du vote de la loi Taubira, une date de la Commémoration de la fin de l'Esclavage. Christiane Taubira en est l'inspiratrice et l'auteur. Le Rapport demandait aussi, que l'esclavage occupe une place plus importante, plus centrale, dans l'enseignement de l'Histoire de France, et notamment dans les manuels scolaires.
Et la loi du 21 mai 2001 tend à reconnaître de la Traite négrière et de l'Esclavage, en tant que crime contre l'Humanité.
Ce qui prouve que la lutte de Louis Delgrès ne fut pas vaine. Louis Delgrès est donc ce symbole de résistance à l'Esclavage. Né libre, il meurt libre, dressé contre la servitude. Aujourd'hui, les Antillais, qu'ils soient de la Guadeloupe, de la Martinique ou de la Guyane, et d'ailleurs, on devrait célébrer la vie de cet homme qui a tout sacrifié pour la Liberté. Louis Delgrès restera un homme debout !
Pour terminer, disons que même si après sa bataille anti-esclavagiste, Delgrès s'était évacué de Fort Saint-Charles, aux hauteurs de Matouba, en Guadeloupe, son ennemi juré Richepanse, ne lui laissera pas letemps de réorganiser l'offensive à l'Habitation Danglemont, de Matouba, lui faisant sauter des barils de poudre, le 28 mai, pour se suicider avec ses compagnons de lute, symbolisant une mort glorieuse pour la libération des peuples opprimés non seulement en Guadeloupe, mais un peu partout dans le monde caraïbéen. 
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