Après un "NON" de l'Irlande au Traité de Lisbonne, c'est au tour de l'Union pour la Méditerranée" de se voir refuser par les pays riverains du Sud.
Lors du processus de Barcelone en 1995, signé entre l'Union Europenne et les cinq pays méditerranéens, certains pays avaient trouvé à Lisbonne, qu'il fallait modifier ce traité qui ne prenait pas en compte les intérêts de Tous les pays européens. NicolasSarkozy, président français et l'un des chefs de file de ce traité modifié, a dit d'en faire une priorité dans sa politique étrangère, allant même jusqu'à ajouter créer cette espèce d'Union Euro-Méditerranéenne, dont les objectifs sont : le renforcement de la coopération entre les pays du Nord et le pays du Sud de la Méditerranée, dans le domaine du commerce, de l'émigration et de la sécurité. Neuf pays arabes seront concernés.
Le projet devrait être lancé lors de la réunion du 13 juillet 2008, à Paris, avec les chefs d'Etat et de gouvernement des vingt-septs pays de l'UE et ceux du pourtour de la mer Méditerranée. Un projet ambitieux dont le président français se veut le concepeur, ou l'initiateur.
La première personne a contester ce projet est, la chancelière allemande Angela Merkel, qui trouve que ce projet de Nicolas Sarkozy risquerait de diviser les membres de cette Union Européenne qui n'en feront pas partie puisqu'éloignés de ce pourtour martitime de la Méditerranée. Il fallait donc apporter quelques modifications ou rectificatifs, afin de l'adapter aux priorités et aux intérêts de l'UE.
Sur ce point, la chancelière allemade a raison. L'Europe qui se construit péniblement n'a pas encore besoin des difficultés de plus, encore moins de divisions. En le modifiant, le projet de cette nouvelle Union euro-méditerranéenne deviendra plus ou moins acceptable pour tous.
Loin de faire l'unanimité dans les pays européens, le projet Sarkozy n'en fait pas moins plus d'adhérents parmi les pays concernés au sud de la Méditerranée. Surtout en Afrique du Nord. De l'Egypte à la la Libye, de la Tunisie au Maroc, en passant par l'Algérie, les divergences surgissent. Là-bas, on se pose des questions : comment accepter encore un nouveau projet d'union alors même que ces pays peinent à créer une unité arabe de l'Afrique du Nord, à concrétiser une Union de Maghreb Arabe (UMA), et voilà une nouvelle future Union pour la Méditerranée, dont la France de Sarkozy en est l'initiatrice ? Premier point. Deuxième point, qui sont ces pays riverains qui feront partie de cette UPM ? Les pays arabes accepteront-ils d'adhérer unanimement la présence d'un pays comme Israël dont les relatons diplomatiques et politiquesne sont pas harmonieuses ? Voire même, inexisantes ? Là aussi, on risque de voir ressurgir les divisions au sein de ces pays, parce que si l'Egypte et le Maroc sont presque d'accord et prêts à adhérer à ce type de projet, l'Algérie, la Tunisie, ou la Libye ne sont pas convancus d'un telle UPM.
Ce fut le sens de ces rencontres, à Tripoli(Libye), d'abord, le mardi 10 juin. Un mini-sommet arabe, organisé par le président libyen, Mouhammar Kadhafi. Il a réuni les chefs d'Etat des pays d'Afrique du Nord et de la Syrie, où plusieurs pays ont exprimé leurs points de vue, et leurs reserves qu'ils soumettaient dans l'adhésion d'un projet de l'union pour la méditerranée. D'autres, ont au contraire, trouvé de l'intérêt à porter sur une telle initiative. C'est le président Kadhafi, comme à son habitude, qui a été incisif, tranchant, et s'est nettement distingué de ses hôtes. Il a dit clairement les choses, sans hypocrisie, ni gymnastique intellectuelle, comme savent le faire certains politiciens maghrebins. ll s'est exprmé publiquement son refus de joindre son peuple et son pays dans un tel projet, qui, selon lui, porterait atteinte à l'honneur de l'unité arabe et africaine. Pour lui, le projet proposé par Nicolas Sarkozy n'est rien d'autre qu'un affront de plus pour les pays de la rive sud de la mer Méditerranée.
Le président Mouhammar Kadhaf s'est toujours présenté comme le chantre de l'Unité africaine. Panafricain, il veut que les pays arabes du Nord du continent adoptent une position commune avant le 13 juillet de cette année, date de lancement officiel de ce projet sarkozyste de la création de l'union pour la méditerranée. " Si les Européens veulent coopérer, ils doivent le faire avec l'ensemble de l'Afrique, au sein de l'Union Africaine, et de la Ligue Arabe."
Avertissant dans la foulée que, "la concrétisation de l'UPM porterait atteinte à notre Union Africaine, tout comme à notre unité arabe".
Même son de cloche le vendredi 13 juin à Alger,(Algérie), lors du FORUM DES PAYS DE LA MEDITERRANEE ( le FORMED). Ce Forum voulait, par exemple, des "éclaircissements" sur la participation d'Israël à un tel projet.
Dans son idée, le président Nicolas Sarkozy veut renforcer les liens entre les pays du Nord et les pays du Sud. Excellente idée en soi. Mais alors, se demande-t-on, pourquoi veut-il, lui, se limiter à la Méiterranée ? Et surtout, que les arguties contaignantes vont se renforcer contre les immigrés dont tout le monde sait qu'il vise les Africains sud-sahariens, représentant à ses yeux une menace pour la pure Europe ! Plutôt que de prendre les choses autrement. Par exemple, renforcer la coopération et les aides sur des nouvelles bases saines.
En Europe, beaucoup restent scéptiques sur ce projet de Sarkozy. Aucune barrière ne pourra empêcher les hommes de franchir des frontières à la recherche de son bien-être, pour améliorer sa condition de vie. Ni les barbelés, les murs aussi hauts qu'ils soient ! La misère brise les barbelés et les murs, voire même les mers. Au prix des sacrifices humains. Mouhammar Kadhafi dit tout haut ce que les Africains et les autres hommes de bonnes volonté disent tout bas. Il l'a répéter fortement : Pas question d'accepter ce plan de Sarkozy qui ne fera qu'augmenté le fossé, les suspicions à l'égard des Noirs venus d'Afrique ou tout autre Africain à la recherche du rêve et du bonheur. " Les projets économiques promis par les pays européens aux pays du Sud de la Méditerranée ne sont qu'un appât, des os que l'on jetterait à des chiens ou à des affamés. Si les Européens veulent coopérer, qu'ils proposent des domaines comme la lutte contre la famine ou les maladies, ou encore le rechauffement climatique", a encore martelé Kadhafi lors de son sommet de Tripoli. Le ton tranché du président lybien ne surprend pas pour ce personnage habitué à dire ce qu'il pense. Il ne fait pas désespérer l'Afrique.
Par la bouche de son porte-parole, Luc Chatel, le gouvernement français veut rassurer, et surtout maintenir le dialogue : " Nous maintenons le dialogue avec la Libye parce que nous pensons que ce projet est important et qu'il faut que l'ensemble des acteurs concernés y soient présents", a précisé le porte-parole français lors de son point de presse du 11 juin, à l'issue d'un conseil des ministres.
Les plus scéptiques reprochent au président Sarkozy sa précipitation de lancer un tel projet ambitieux, au lieu d'abord, de commencer par la consultation préliminaire des concernés de l'Afrique du Nord. Il est vrai qu'il en avait parlé mais suffisamment expliqué ? Sa tournée dans le Maghreb a commencé par l'Algérie, puis en Tunisie, au Maroc et en Egypte. Mais lors de ses contacts s'est-il bien expliqué ou compris par ses interlocuteurs arabes ?
D'ailleurs, les chefs d'Etat des pays africains sont loin de faire l'unanimité dans la politique étrangère de la France de Sarkozy. Faut-il annoncer que le projet risque de capoter sans avoir fait l'unité espérée ?
En tout cas, la personnalité même du président libyen Mouhammar Kadhafi va très certainement jouer, dans la réalisation ou pas, d'une telle initiative.