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Blog sur l'actualité des Antilles et du monde.

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Le 1er août, fête nationale en Suisse. Kadhafi rend coup sur coup, puis soudain la fête retruve le moral...!

Il a fallu de peu pour que la fête nationale suisse soit gâchée pour une sale affaire diplômatique. Comme toute chose a une fin, la diplomatie hélvétiue est parvenue à éviter une éternelle crise, et d'aboutir à la fin de cette regrettable histoire, permettant à la Confédération Hélvétique de souffler et de fêter séreinement sa commémoration de la fête nationale dans le pays. De quoi s'agit-il ? Voici le résumé.
Le 5 juillet dernier, l'un des fils cadets du colonel Kadhafi, Hannibal (le quatrième de sa progéniture), en compagnie de son épouse et de son fils, sont en voyage en Suisse. L'épouse d'Hannibal Kadhafi est enceinte de neuf mois. Visiblement, le but du voyage paraît être le motif de cet état d'Aline, la femme du fils du président libyen Mouhammad Kadhafi. La petite famille (Hannibal, sa femme Aline et leur fils de quatre ans), est aussi accompagnée de ses gardes du corps ainsi que de ses deux domestiques (une tunisienne et une marocaine).
Tous sont logés dans une suite de cette plus luxueuse palace de Genève, l'Hôtel Président Wilson, situé au bord du lac léman. Une semaine plus tard, la police reçoit le coup de téléphone d'une des domestiques, la Marocaine. Cette dernière se plaigne du mauvais traitement qu'elle aurait subit de la part de on patron qui n'est rin d'autre que le fils du président libyen. La police se déplace mais on lui refuse l'entrée. Les deux policiers retournent brédouille.
Trois jours plus tard, à nouveau un coup de fil. L'appel provient de la même personne. Cette fois, la police emploie le grand moyen. Les policiers sont venus en renfort. Ils bousculent les gardes du corps et parvient à entrée de force et d'arrêter le fils du président, Hannibal Kadhafi. Il est arrêté, menottes aux poignets, et transféré au Palais de Justice, pour motifs d'accusation : "lésions corporelles simples, contrainte et menaces". On reproche à ses gardes, eux aussi arrêtés, leur opposition aux actes d'autorités du pays. Pour leur libration, Hannibal doit verser une caution de...309.000 euros. Les avocats d'Hannibal n'auront aucun mal de trouver la somme et payer pour leur client et tout ce beau monde arrêté. Hannibal est libéré sur le champ. Tout comme ses gardes du corps. Suite à cet incident, Aline, la femme d'Hannibal, traumatisée et choquée subira un traitement médicale. L'un des avocats d'Hannibal dénonce les conditions de l'arrêstation du fils de Kadhafi et la "mise en scène" de la domestique marocaine. Les deux femmes (domestiques) seront entendues par la police genevoise. Leurs versions de faits sont lamentabes, selon les avocats. Elles prétendent subir toutes les deux des mauvais traitement de la part de leur patron libyen, et pire, elles subissaient des violences physiques et que leur situation, tout comme leur condition de travail s'apparentait à de l'esclavage. L'une d'elles déclarerait même plus tard, à la presse : "Je ne mangeais pas, je ne dormais pas ! " Et, d'accabler leur patron Hannibal, le traitant de tous les noms et de tous les maux. Qu'elles craignaient des représailles de la part de leur patron libyen, et des Libyens, etc....
C'est vrai que le fiston de Kadhafi n'a pas toujours bonne réputation. Ses frasques à répétitions sont connues en Italie, en France, ou en Autriche. Mais lorsque l'information sur cette arrêstation de son fils sera parvenue au président Mouammar Kadhafi, celui-ci va immédiatement prendre la décision. La crise diplômatique est déclenchée. Première décision des autorités libyennes, plus de visas pour tous les Suisses voulant se rendre en Libye. Plus d'avions suisses sur le territoire. Deuxième décision, la Libye suspend la livraison de pétrole à la Suisse. L'affaire devient politiquement et économiquement sérieuse. La crise prend des proportions inquiétantes pour le gouvernement de Berne. Le président de la Confédération Hélvétique est préoccupé. Il faut très vite sortir de la crise. La Suisse importe plus de 50% de ses approvisionnements en pétrole à la Libye. C'est dire l'importance de ce pays pour l'intérêt supérieur de la Suisse. L'heure est très grave. Le président suisse en fait sa priorité. Il décide de s'entretenir personnellement avec le colonel Mouammar Kadhafi. En ce temps des crises pétroliers, il serait urgent que l'aspect économique reste primoirdial pour les citoyens suisses.
Pendant ce temps, en Libye, on arrête deux ressortissants suisses et on les met en prison. Pour leur liberté, la justice libyenne  exige des cautions. Visiblement, pour Kadhafi, c'est  : "oeil pour oeil, dent pour dent !".
Pour les sortir de là, la Suisse doit payer. Un point, un trait. La  Libye n'est pas un quelconque pays africain où certains chefs d'Etat s'applatissent sans honte devant l'Occident. Certains vendent leur âme et même prêts à baisser leurs culottes pour satisfaire ces puissants pays qui dirigent encore notre monde, avec cynisme.
Pour sa dignité, Kadhafi n'a aucun complexe d'appliquer les mêmes methodes et abus de pouvoir. Désormais, il veut montrer à tous ces pays, qu'avec la Libye on ne plaisante pas avec ses sujets. Les Libyens doivent être respectés et traités humainement ou dignement. Le tout contraire de ce qui se passe lorsqu'un Africain Noir est expulsé d'un pays européen, avec cette brutalité et cette inhumanité, comme l'on a encore vu récemment :
http://www.youtube.com/watch?v=3hxiOGtMFss . Cette image de honte se repète souvent, et plus souvent encore hors caméras. Les Noirs sont traités comme du bétail lors de leurs expulsions et leurs pays se bouchent les yeux et les oreilles, sans honte ni dignité. Incapables de défendre leurs sujets quels que soient les motifs ou la gravité de leurs actes.  Pour Kadhafi, la dignité et le respect envers l'Afrique commence par le respect même de la personne africaine ! Pour l'affaire du fils de Kadhafi, la presse internationale s'est emparée de cette information.
La Suisse avit déjà compris la gravité de l'affaire et ses conséquences diplômatiques. Et surtout que l'image de cette Suisse si calme, respectueuse des droits de l'homme, risquait d'être remis en cause, à cause de cette mauvaise publicité. La Confédération décide enfin d'accorder la priorité au Département des Affaires étrangères qui doit tout faire pour calmer les choses. La Suisse avait plus à perdre que la Libye. Il ne s'agissait plus de minimiser l'affaire . Quatre jours après cet incident qui est devenu diplômatique, on apprenait que les Suisses arrêtés en Libye ont été libérés. Et que les tractations sérieuses ont bel et bien eu lieu entre les deux pays. Les Suisses libérés ne devront pas quitter la Libye, bien qu'ils soient libres de tout mouvement. Une caution a été versée et on ne saura jamais le montant exact. Le plus important est que la Suisse a payé pour libérer ses concitoyens et que les relations repartiraient sur des nouvelles belles bases politiques. Tout est donc rentré dans l'ordre. Les Suisses ne peuvent que se réjouir de cette issue heureuse.
Ainsi donc, ce premier août 2008, les Suisses peuvent à présent fêter leur fête nationale. Avec un souci en moins. Le 1er août, c'est la fête nationale en Suisse. Comme chaque année, il y aura des fêtes populaires un peu partout dans tout le pays. Fêtes populaires dans les cantons, villes, communes, quartiers. Il y aura des préparations pour les discours officiels, tout comme les cncerts de Cor des Alpes, pour respecter la tradition hélvétique, suivis dans la soirée de cortèges avec lampions, grans feux, ou feux d'artifices, explosions de fusées et de pétards. Dans tout le pays, les Suisses fêteront dans la joie. Tout le monde est convié à cette fête nationale du premier août. A Genèvem dès ce soir déjà, la fête avait commencé autour du lac, avec des concerts de musiques. Les stations touristiques seront toutes illuminées dans la nuit de ce vendredi, voire même jusqu'à très tard, ce sera réellement la fête. Pour les familles, elles auront le choix  entre sortir dehors pour aller assister aux manifestations, soit rester faire la fête à la maison, devant la retransmission télévisuelle de la fête. Rester à la maison en famille, avec les enfants, ou les amis. Pour l'historique de cette fête, voir notre article publié l'année dernière, à la même date du 1er août 2007. Pour ceux qui sont en Suisse, ne pas oublier de chanter l'hymne national suisse en cette occasion :

Paroles complètes :
  Sur nos Monts...

Sur nos monts, quand le soleil
Annonce un brillant réveil,
Et prédit d'un plus beau jour le retour,
Les beautés de la patrie
Parlent à l'âme attendrie;
Au ciel montent plus joyeux
Les accents d'un cœur pieux,
Les accents émus d'un cœur pieux.

Lorsqu'un doux rayon du soir
Joue encore dans le bois noir,
Le cœur se sent plus heureux près de Dieu.
Loin des vains bruits de la plaine,
L'âme en paix est plus sereine,
Au ciel montent plus joyeux
Les accents d'un cœur pieux,
Les accents émus d'un cœur pieux.
Lorsque dans la sombre nuit
La foudre éclate avec bruit,
Notre cœur pressent encore le Dieu fort;
Dans l'orage et la détresse
Il est notre forteresse;
Offrons-lui des cœurs pieux :
Dieu nous bénira des cieux,
Dieu nous bénira du haut des cieux.

Des grands monts vient le secours;
Suisse, espère en Dieu toujours !
Garde la foi des aïeux, Vis comme eux !
Sur l'autel de la patrie
Mets tes biens, ton cœur, ta vie !
C'est le trésor précieux
Que Dieu bénira des cieux,
Que Dieu bénira du haut des cieux.

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K
Kadhafi jr, la Suisse et la justice<br /> <br /> Les médias arrivent tellement à nous formater que, parfois, même les personnes les plus avisés se laissent entraîner à des postures relevant de la réaction de masse, de l'émotionnel collectif. Certaines réactions sur ce réseau, à propos de l'affaire Kadhafi Jr, tendent à hurler avec les loups, voire comme ces loups. <br /> Il existe des Juifs très critiques envers l'Etat d'Israël. Mais rarement un Juif se joint à des concerts de voix condamnant Israël ou un autre Juif s'il ne s'est pas assuré au préalable que dans ce concert ne se cachent des voix antisémites camouflées. C'est tout à son honneur !<br /> Nous les Noirs ou Africains, nous arrivons à trouver gratifiant et un insigne honneur de nous joindre à un lynchage publique médiatique d'un autre Noir ou Africain, jusqu'à briller en assénant les coups les plus violents, en vociférant le dédain le plus fort, le plus audible. Peut-être pour démontrer à ceux qui nous ont ainsi façonnés que nous sommes proches d'eux, que ne sommes pas tous aussi sauvages que le lynché ? Des dealers subissant des traitements humiliants de la part des policiers genevois, jusqu'à Mugabe le dictateur, combien nombreux ne sommes-nous pas à nous joindre à la vindicte médiatique lancée contre eux ? Merci Naki d'avoir pu apporter un éclairage sur cet aspect à propos des dealers.<br /> <br /> En tant que militant pour la défense des droits et de la dignité de tout Homme en général et du Noir en particulier, il convient d'être vigilant. Les injustices infligées constamment aux personnes d'origine africaine depuis quelques siècles devraient nous rendre attentifs pour nous préserver de toute posture consistant à hurler avec les loups, voire comme ces loups.<br /> Non pas pour protéger et prendre systématiquement la défense de tout Noir ou Africain, mais plutôt pour prendre du recul et soumettre la situation à notre propre analyse, à notre propre critique, en essayant autant que possible de lire entre les lignes, surtout s'agissant des médias occidentaux.<br /> Racistes par essence, ces médias nous ont habitué au traitement systématique à géométrie variable, au deux poids deux mesures, selon qu'il s'agit d'un sujet africain ou d'un sujet occidental. L'affaire Kadhafi ne déroge pas à cette règle du double standard, principe moteur de la discrimination. <br /> <br /> Clarifions tout de suite les choses. Je n'ai personnellement aucune sympathie envers Hannibal Kadhafi. Je serais plutôt enclin à l'avoir envers les employées qui ont subi des violences de sa part. Du moins, si les allégations sont établies par la justice. Quant à Kadhafi père, j'ai un petit faible pour lui comme je l'ai devant toute personne (Blanche ou Noire) qui reste verticale. A force de voir les « élites » politiques ou intellectuelles africaines dans des postures d'aplat-ventrisme, la verticalité est devenue pour moi un des premiers critères d'appréciation d'une personnalité. Et Kadhafi a su rester constant dans cette posture. C'est rare sur le continent africain. Et même ailleurs (voir l'aplat-ventrisme européen devant le maître US en Irak, etc.). Bien entendu, sa posture verticale ne dispense pas Kadhafi d'être critiqué sans concession pour ses actions.<br /> Dans le cas d'espèce, a-t-il eu raison de prendre des mesures de rétorsion contre la Suisse, après les démêlés de son fils Hannibal avec la justice genevoise ?<br /> <br /> Plutôt que de répondre à cette question très réductrice, j'aimerais plutôt apporter pour ma part dans ce débat quelques éléments d'analyse afin de mieux éclairer le cas Kadhafi jr.<br /> <br /> 1. Hannibal n'est pas un individu au-dessus des lois<br /> Quelque soit son statut de fils de chef d'Etat, Hannibal est justiciable comme n'importe quelle personne. Il a ainsi déjà eu des démêlés avec la justice française, notamment en 2005 (condamnation de 4 mois avec sursis par un tribunal parisien) et 2007 (enquête d'un tribunal de Nice), sans qu'une crise diplomatique n'éclate entre la Libye et la France. <br /> En même temps, son pays a tout à fait le droit de prendre sa défense. De la même manière la France officielle a défendu les humanitaires enleveurs d'enfants au Tchad ou les USA qui interdisent à n'importe quel tribunal au monde de juger un seul citoyen US. La Suissesse Carla Del Ponte qui, vaillamment voulut en poursuivre quelques uns au lendemain de la création du Tribunal pénal pour l'ex-Yougoslavie dont elle était la Procureure, fut vite ramenée à l'ordre !<br /> <br /> 2. Hannibal n'est pas n'importe quel individu.<br /> N'en déplaise aux tenants de l'égalité absolue, et comme on vient de le voir à propos de la justiciabilité de certains individus (au Tchad et en Yougoslavie), tout le monde ne produit pas le même impact. Si Hannibal n'est pas un citoyen au-dessus des lois, le fils de chef d'Etat qu'il est n'est pas n'importe qui. Tout traitement à son égard doit toujours prendre en compte les retombées politiques. Les juges qui ont ordonné son arrestation devaient le savoir et l'inclure dans les éléments d'appréciation qui leur ont permis de forger leur décision. Hannibal était, au moment des faits, ce qu'on appelle un « cas sensible », à traiter avec mille précautions en raison des enjeux politiques en présence, sans renoncer bien sûr à l'application du droit.<br /> <br /> 3. Le principe de proportionnalité n'a pas été scrupuleusement respecté.<br /> S'agit-il de plaider ici pour un autre standard pour les fils de chef d'Etat ? Non. Tout est avant tout dans la manière. En France, la justice a fait son travail sans étalage du traitement humiliant comme cela a été le cas à Genève. Qu'on en juge : <br /> - Fils Kadhafi et Mme emmenés dans un car de police sous les yeux des badauds et de leur fils de 4 ans, <br /> - Sa femme enceinte de 9 mois et sur le point d'accoucher de façon imminente<br /> - La femme, prise d'un malaise, finit plutôt aux urgences de l'Hôpital cantonal pendant que le mari est emmené au cachot<br /> - Déplacement le lendemain de la femme en ambulance au palais de justice afin de subir avec son mari un interrogatoire pendant 4 heures avant de retourner aux urgences avec policiers<br /> - Deuxième nuit du fils Kadhafi au cachot<br /> - Libération du couple le lendemain après versement d'un demi million de francs suisses de caution<br /> Même pour des citoyens lamda, un tel traitement est tout simplement disproportionné par rapport aux faits incriminés. Or, en droit, il existe un principe qui invite tout juge de statuer selon son « intime conviction ». Il ne se réfère alors à rien de juridique. C'est à sa propre conscience, à ses propres convictions, à ses propres croyances et valeurs qu'il doit alors se référer. Selon ce principe, les juges pouvaient tout à fait réserver un autre traitement à Mme Hannibal en particulier.<br /> <br /> 4. La justice genevoise n'a pas toujours été aussi peu révérencieuse.<br /> Tout le monde salue le courage et le respect parfait de la séparation des pouvoirs par Genève. En a-t-il toujours été ainsi ? Combien de fois les fils Mobutu ou ses gardes du corps n'ont commis des frasques en Suisse, en particulier à Genève sans que la justice montre tant de zèle. Il y a quelques années une sombre histoire d'enlèvement ou de crime d'honneur avait été découvert dans une villa appartenant à une famille royale du Golfe. Le cas fut traité avec beaucoup de discrétion. <br /> La répression des délits liés au commerce et à la consommation de la drogue, délits punis par l'article 19 de la Loi fédérale sur les stupéfiants, montre bien aussi la géométrie variable de la justice suisse. Plus prompte à criminaliser, avec violence et traitements humiliants à la clé, les petits vendeurs africains, elle laisse de côté les consommateurs, rarement africains. L'année dernière, l'ONU a ainsi classé parmi les 10 premières villes consommatrices de cocaïne, trois villes suisses (St-Moritz, Zurich et Berne). Si la police faisait des descentes dans les soirées huppées de ces villes, en particulier St Moritz, la ville la plus fréquentée par les riches familles, ce sont des centaines de ces people qui finiraient chaque week end au cachot. Ce n'est jamais le cas.<br /> De même plusieurs cas de maltraitance d'employés dans les résidences d'ambassadeurs qui ne sont pas non plus traités avec descente de cars de police, etc. Immunité diplomatique ? Peut-être. Mais alors, pourquoi les politiques n'interviennent pas pour signifier au moins à ces ambassadeurs le respect des droits de l'homme sur le sol suisse ?<br /> <br /> 5. La séparation du judiciaire et du politique est une vue d'esprit, en Suisse comme dans n'importe quel pays au monde.<br /> A Genève, comme dans le reste de la Suisse, les procureurs de la République sont élus par le peuple. Mais ils sont proposés par les partis politiques. Celui de Genève a été réélu dernièrement grâce notamment aux partis de droite et surtout l'UDC (extrême-droite, qui a fait de la « criminalité des étrangers » son fonds de commerce). Rien d'étonnant à ce que, systématiquement depuis qu'il est en poste, il classe toutes les affaires visant les éléments de la police, notamment quant aux traitements violant les principes élémentaires des droits de l'homme à l'endroit des Africains.<br /> Ailleurs, hors de Suisse, c'est encore pire. En France, Chirac n'est toujours pas poursuivi malgré tout ce qui a été dit à l'arrivée de Sarko au pouvoir. En Italie, le triomphant Berlusconi n'a pas traîné pour mettre au pas les juges et se tailler des lois sur mesure afin d'échapper aux tribunaux et aux actions qui y sont pendantes contre lui. La Belgique, dans une hardiesse vaine, a osé adopter une loi de « compétence universelle », autorisant tout crime commis n'importe où. Sharon l'Israélien a été parmi les premiers à y être déféré pour ses crimes au Liban (massacres de Sabra et Chatilla). Les réactions d'Israël et des nombreux Juifs n'ont pas tardé d'amener les Belges, non seulement à retirer l'action en poursuite, mais en plus à modifier cette loi qui, depuis, n'est appliquée qu'à des Congolais et autres racailles planétaires.<br /> Alors, ceux qui, contre Hannibal, entonnent des chants griotiques quant à la « séparation des pouvoirs » en Suisse et ici au Nord, devraient revisiter l'actualité politico-judiciaire sous ces latitudes.<br /> <br /> 6. Le contexte international actuel tend vers la banalisation des Grands Justiciables africains.<br /> On ne peut l'écarter non plus.<br /> Taylor, Lubanga, Mbemba, El-Bachir … Ces noms ne signifient peut-être rien pour certains d'entre nous. Ils sont pourtant associés aux personnes inculpées jusqu'à présent par la Cour pénale internationale de La Haye (CPI). Des noms tous africains. Un hasard ? Si les seuls responsables politiques que la CPI arrive à inculper sont tous africains, cela est peut-être en effet le fruit du hasard. Soit.<br /> Mais a-t-on suffisamment mesuré l'impact dans l'opinion publique de ces inculpés africains ? Il n'y a pas que la confirmation ici du principe établi par le Code Noir et universalisé depuis, à savoir : le Noir se définit comme un être criminel par essence (a contrario, le Blanc est toujours blanc comme l'établit encore une fois le Code Noir). Il y a surtout le fait que si inculper un grand de ce monde peut constituer parfois un risque, ce risque devient de plus en plus écarté s'agissant des Grands Justiciables africains. L'inculpation du chef d'Etat en exercice du Soudan a sans doute lancé un message qui n'a pas échappé aux juges genevois : inculper un « Grand » africain est devenu banal et, donc, ne comporte plus de risque. Sauf que, il y a Africain et Africain. Les Africains libyens, sous la houlette de Kadhafi, n'ont aucun complexe face au système occidental Blanc. Ils sont au moins conscients que l'Occident est le dernier à pouvoir leur donner des leçons en matière de respect des droits de l'Homme, au regard de l'histoire aussi bien présente que passée.<br /> <br /> Elargissons notre spectre d'analyse lorsque nous nous donnons la peine de nous arrêter sur des cas comme celui de Kadhafi jr.<br /> <br /> Mutombo Kanyana<br /> Journaliste à "Regards Africains"<br /> Genève (Suisse)
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