Pour les négociations de l'OMC qui viennent d'avoir lieu récemment à Genève, lemoins que l'on puisse dire, c'est que l'Organisation mondiale du commerce n'a pas été capable de trouver un terrain d'attente entre les pays du Nord (riches), et les pays du Sud (très pauvres). Les négociations portaient sur la libéralisation des échanges commerciaux. Se référant aux Accords de Doha, il était question d'appliquer ce principe de libre échange aux bénéfices des pays dits-pauvres.
Les pays développés étaient tous d'accord de reconnaître que certains pays pauvres supportaient mal ce système, et dont les coûts de ces échanges commerciaux ne leur bénéficiaient pas du tout. L'organisation mondiale du commerce est en effet la seule organisation internationale qui s'occupe des règles régisant ce commerce entre les pays. Au coeur de cette organisation se trouvent les Accords de l'ONC, négociés et signés par la majeure partie des puissances du monde et ratifiés par leurs parlements. Son but est d'aider les producteurs de marchandises et de services, les exportateurs et les importateurs, à mener leurs activités. Ce qui s'est passé en cette fin du mois de juillet à Genève, conforte l'idée même que l'on se fait de cette organisation du commerce mondial, avec les malentendus et surtout, les divergences entre les belles paroles des discours, des longues rencontres interminables qui n'en finissent à rien, sinon renforcer des injustices, des documents écrits et des signatures qui ne valent que ceux qui les signent. Le 12 août, M. Don Stephenson, président du Groupe de négociation sur l'accès aux marchés pour les prduits non-agricoles, a rendu son rapport concernant les discussios sur le "paquet" dee juillet 2008, au Comité des négociations commerciales. Plusieurs pays ont tenté de défendre leurs intérêts respectifs, notamment les fléxibilités additionnelles, une certaine considération pour le traitement des dossiersou les calculs de la limitation de la valeur des échanges affectée par les flexibilités.
Les pays pauvres veulent des exemptions de réductions tarifaires. C'est cela le noeud du problème. Pourquoi ne pas traiter les problèmes rencontrés globalement ? Presque tous les pays riches reconnaissent les problèmes que rencontrent les pays pauvres, donc les injustices sont palpables. On sait bien aussi, que les obstacles non tarifaires (ONT) sont des mesures restrictives sans rapport avec les droits de douane, que les gouvernements prennent, pour des raisons techniques, sanitaires ou autres, font aussi partie de la négociation. Il est admis que le concept d'accès aux marchés pour les marchandises recouvre à l'organisation mondiale du commerce les conditions ainsi que les mesures tarifaires et non tarifaires convenues par les pays membres pour l'admission de produits spécifiques sur leurs marchés. Les engagements tarifaires visant les marchandises figurent dans les "listes de concessions" des pays concernant les marchandises. ar le biais de ces listes, les pays s'engagent à ne pas appliquer des droits de douane supérieurs aux taux indiqués qui sont "consolidés". Les mesures non tarifaires sont traitées dans des accords spécifique de l'OMC.
Pour Pascal Lamy, directeur général de l'Organisation Mondiale du Commerce, les négociations de Genève ne sont pas un échec, puisque les pays membres ont clairement dit que les négociations doivent se poursuivre, parce que les résultats obtenus sont trop importants pour être laissés de côté. Oui mais, à quoi servent ces négociations si les décisions prises ne sont même pas respectées par leurs signataires ? Négocier, oui mais pour quels résultats ? Voilà les questions que les pays pauvres se posent. Il faudrait bien leur rassurer en se montrant tout d'abord coopératifs. Lorsque les Américains et les Indiens ne parviennent pas à se mettre d'accord, c'est tout le système qui est mis en lumière. Et c'est bien là le blocage. Un exemple de divergences d'appréciations entre le Nord et le Sud. Comment dans cette position de dominés peut-on défendre au mieux ses intérêts ?
Les pays du Sud souhaitent se protéger du flux d'importation des produits venus du Nord, et qui menaceraient les productions locales dans ces pays pauvres. Ces derniers exigeraient, par exemple, une augmentation s'accompagnant d'une régulation des droits de douane en bonne et due formes. Dans ce jeu, ou plutôt dans cette partie de poker-menteur, les pays africains ne verront que dalle. Ils auront de toutes les façons, beaucoup à perdre.
Les exemples des produits comme le coton et la banane l'illustrent fort bien. L'Afrique n'exporte que 25% de ses bananes, tandis que la majorité revient à la part sud-américaine. Idem pour le coton. Que pèsent des pays comme le Mali, Burkina Faso ou autres dans ce gigantesque marché bien rôdé et dominés par les puissants du Nord ?
Maigre consolation, il faudrait que les pays riches appliquent à la lettre ce que le cycle de Doha prévoyait, à savoir, exporter 97% de leurs produits vers les pays riches sans droit de douane. Ce que refusent les pays riches. En plus, leurs agriculteurs sont subventionnés par rapport aux pauvres paysans africains. Ce n'est donc pas un traitement de faveur. Au vu de ce qui se passe au sein de l'OMC, avec ses discussions à ne pas en finir, les pays pauvres, singulièrment les pays africains, ont intérêt de continuer de batailler dur face à ces pays riches très egoïstes, pour faire valoir au moins leurs droits au sein de l'OMC.