Evo Moralès et Hugo Chaves ont décidés simultanément d'expulser les ambassadeurs américains dans leurs pays respectifs, la Bolivie et le Vénézuela. L'Amérique, disent-ils, avec sa politique de déstabilisation des autres pays soupçonnés d'hostilités contre leur hégémonie, n'est plus la bienvenue dans plusieurs pays de l'Amérique latine. Les Américains, avec Bush en tête, ont une vision très conservatrice de la guerre froide d'hier, entre deux blocs : le monde du bien, c'est à dire le capitalisme ; et le monde du mal, le communisme. Fabriquant des ennemis, s'il le faut, pour maintenir cet état de chose et la superpuissance américaine, alors que le monde a bien changé avec l'avènement des pays émergents et les futurs superpuissances que seront la Chine et la Russie.
En Amérique latine, les peuples savent désormais que ceux qui ne sont pas d'accord avec les Etats-Unis sont les ennemis du monde dit "libre". Cette façon de voir le monde attise le mépris et le rejet du système impérial américain. Les peuples du Sud se veulent "progressiste de gauche". Ce qui ne peut plaire à l'admnistration Bush à Washington. Qui pensent toujours avoir raison sur tout. Entraînant tout l'Occident dans cette conception très dépassée de ce XXIè siècle. Bien entendu que le monde est reconnaissant, à défaut d'être redevable, à cette Amérique qui a su si bien, hier, d'intervenir en Europe pour chasser les nazis, (même si les Américains n'étaient pas les seuls,puisque la Russie ou l'ex-URSS, fut aussi de la partie durant cette deuxième guerre mondiale). L'Amérique a pu faire tomber les murs de Berlin et du rideau de fer, et faire éclater l'empire soviétique, et libérer des peuples de l'Est européen. Mais ce nouvel statut de la seule superpuissance a conduit aux abus.
Voulant tout contrôler en privant les indépendances et la liberté des populations, les Etats-Unis ne font pas l'unanimité dans les pays du Sud. La politique Bush veut prolonger cette politique qui consiste à dicter la loi partout dans le monde, sans devoir se préoccuper des lois internationales ou des règles des nations unies. En Amérique latine, plusieurs pays s'y opposent. Et souhaite un changement à la tête de cette Amérique devenue trop impérialiste. Les peuples de l'Amérique du Sud s'opposent à la politique actuelle américaine. Ils veulent une autre politique que celle prônée par l'administration George W.Bush. Mais, cette Amérique peut-elle changer avec un nouveau locataire à la Maison Blanche, à Washington ? Attendons pour voir. Pour l'instant, cette politique bushienne fait des dégâts.
En décidant de faire virer les ambassadeurs des Etats-Unis, la Bolivie veut manifester son indépendance dans sa politique intérieure, et son raz-le-bol d'incessantes provocations américaines. On soupçonne les Américains d'exciter des gens pour diviser le pays. Les Américains répliquent : lorsque certains gouvernements sont incapables de répondre aux besoins de leurs peuples, ils adoptent cette attitude-là. Mais le vrai problème n'est pas là justement. C'est une façon aussi de jeter la patate chaude à l'autre. Le président Evo Moralès le sait bien, puisqu'il est le chantre de l'antilibéralisme à l'américaine. Ce qui fait de lui un homme à abattre pour les Américains. Actuellement en Bolivie, il est confronté depuis des mois à la fronde de cinq gouvernements provinciaux qui refusent un projet de constitution qualifié de, "étatiste", par l'opposition.
En rencontrant auparavant les gouverneurs de ces provinces boliviennes, (Santa Cruz et Ruben Costas), très séparatistes et farouchement opposés au président Evo Moralès et au gouvernement central, l'ambassadeur américain Philip Goldberg, a été accusé par le président bolivien d'encourager la rebellion et de fomenter les divisions en Bolivie. De là à soupçonner son pays d'origine les Etats-Unis derrière les troubles en Bolivie, et de vouloir le déstabiliser, il n'y avait qu'un pas qu'Evo Moralès n'a pas hésité de franchir.
Les troubles dans ces provinces ont fait, selon les premiers bilans, une dizaine de victimes. On parle de 16 morts et plusieurs centaines de blessés, dans la région de Pando, au nord de la Bolivie. Une loi martiale a été imposée dans toutes les provinces rebelles. Pour le président Moralès, la lutte des peuples indigènes pour leurs terres spoliées, est légitime. Cette lutte est connue de tous ces populations indigènes dans toute l'Amérique latine qui ont combattu pendant cinq siècles tous les empires. A commencer par les colonisateurs Espagnols.
< Là où il y a empire, il n'y a pas de développement. Quand les empires dominent un pays, il n'y a pas de sursaut, pas d'indépendance, pas de dignité ! >, a martelé Evo Moralès. Rappelant un passé que parfois certains n'aiment pas entendre, et pourtant nécessaire pour faire avancer les sociétés.
En solidarité avec le peuple indigène (indien) bolivien, dont sont issus les deux présidents Evo Moralès (Bolivie) et Hugo Chavez (Vénézuela), ce dernier n'a pas hésité de faire la même chose, en expulsant "ces Yankees de merde", comme ils les appellent.
Ils ne sont plus les seuls dans cette hostilité de la présence américaine en Amérique latine. Le Chili de la présidente Michelle Bachelot soutient les "efforts" du président Moralès et du gouvenement bolovien. Le Honduras n'a pas non plus hésité de faire de même en signe de la grande solidarité latino-américaine.
< Nous mourrons pour notre patrie ! >, a scandé Moralès. Il sait bien qu'il a le soutien de la majorité de la population paysanne indienne et pauvre, dans les Andes. Une population souvent méprisée ou déconsidérée et délaissée par les différents pouvoir qui ont succedé, privilégiant les nantis d'origines européennes (métis et blancs), qui ont occupé les terres riches et fertiles. Manifestant un mépris affiché contre les Indiens originaires de ces terres de leurs ancêtres. La plupart des pays d'Amérique du Sud a basculé idéologiquement à gauche, à cause de ces injustices, encouragées par l'administration américaine qui veut à tout prix maintenir sous-tutelles tous ces pays de la partie sud du continent américain. Du Brésil à l'Argentine, en passant par l'Uruguay, le Paraguay, le Chili, la Bolivie, l'Equateur, le Vénézuela, la Costa-Rica, le Nicaragua, le Guatemala, voire même le timide pays comme le Honduras. Tous ces pays sont de régime de "gauche", progressistes, comme ils se définissent. La situation de la Bolivie les touche profondéement, et révélatrice du changement futur d'une nouvelle conception politique qui se profile au Sud de l'Amérique latine.
Pour apaiser les tensions en Bolivie, l'opposition a fini par appeler à l'apaisement et au dialogue avec le président Evo Moralès et au gouvernment central de Las Paz, en vue de la "pacification" du pays. La crise s'éloigne.
Alors, va-t-on vers un apaisement définitif ? Tout semble indiquer que le président Evo Moralès est en train de gagner la partie, maîtrisant au mieux la situation. A condition que la sagesse gagne définitivement cette opposition.