L'Affaire de l'ANGOLAGATE s'est ouverte le 6 octobre, à Paris. Une sale histoire de la vente illégale d'armes de la France à l'Angola en guerre, de 1993 à 1997. Près de 500 pages, (ou, plus précisement, 468 pages !), pour ce dossier.
http://www.dailymotion.com/relevance/search/angolagate/video/x6za9t_langolagate_news Rappel des faits : En 1975, le MPLA, mouvement indépendantiste angolas, accède au pouvoir le 11 novembre, à Luanda. Mais le Mouvement populaire pour l'indépence de l'Angola (MPLA) est en guerre contre l'autre mouvement indépendantiste, l'UNITA, (l'Union nationale pour l'indépendance totale de l'Angola). Le nouveau gouvernement du président Agostinho Neto a du mal à mâter ce redoutable mouvement rebelle, après le départ de son principal allié cubain. Dans ces alliances, le MPLA, à tendance marxiste, était soutenu par l'URSS et le Cuba, tandis que l'UNITA était soutenue par les Etats-Unis et l'Afrique du Sud, du temps de l'apartheid.
En 1979, le président de la République Populaire d'Angola, Agostinho Neto, meurt. Aussitôt, il est remplacé par José Eduardo dos Santos. Son arrivée au pouvoir n'arrête pas la guerre. Au contraire. La lutte armée de la rebellion s'intensifie et les rebelles s'accaparent d'une grande partie du pays. Le gouvernement de Luanda a besoin des armes. Le MPLA au pouvoir sait que la rebellion est aussi soutenue par l'Occident qui lui livre des armes. Dont, le pays comme la France. Mais pour le MPLA, il faut à tout prix en trouver pour sauver le gouvernement. Coûte que coûte. L'Angola, qui avait besoin d'argent, exploite le pétrole à grande échelle, grâce à l'aide des compagnies pétrolières étrangères françaises, ELF, et américaine, la GULF OIL. La France commence ainsi à jouer la carte de Luanda, tout comme les Américains. Les caisses de l'Etat se voit enfin remplir des ressources financières grâce au pétrole. Le MPLA met la mainmise sur cette matière première de l'or noir, qui lui permettra d'acheter des armes.
Quant à l'UNITA, ce sont les exploitations des diamants qui lui serviront pour l'achat des armes de pour sa guérilla. La France sera un bon client pour l'UNITA. Ce qui ne va pas arranger les relations diplomatiques entre les deux gouvernements angolais et français. Il faudra attendre l'année 1993 pour voir le changement dans la politique étrangère française face au conflit intérieur angolais. Les rapprochements vont s'opérer discrètement. Cette année-là. deux hommes vont jouer un grand rôle : il s'agit du Français Pierre Falcone, et du franco-russe-israëlien, Arcadi Gaydamack. Ce sont qui seront les acteurs de ce renouement et rapprochement, et permettront l'acquisition et la vente des armes au gouverment angolais. Plusieurs intermédiaires vont ainsi toucher des commissions pour la concrétisation de ce marché des armes à l'Angola. Des armes qui seront d'ailleurs déterminantes pour la victoire totale du MPLA contre l'UNITA de Jonas Savimbi, (qui sera de toutes les façons tué dans cette guerre).
Dans l'opération de vente, plusieurs personnalités sont impliqués : le fils du feu président français, Christophe Mitterrand ; l'ancien conseiller à l'Elysée de François Mitterrand, Jacques Attali ; l'ancien ministre de l'intérieur, Charles Pasqua ; l'agent secret des services français, Jean-Charles Marchiani ; l'écrivain Paul-Loup Sullitzer, et tant d'autres noms encore... Deux sociétés-écrans mis en place ont permis à Pierre Falcone et Arcadi Gaydamack, de réaliser des opérations financières, ou les montages nécessaires à cette affaire de vente d'armes entre la Russie pour l'Angola : les banques "ZTS Osos" et "BRENCO", toutes deux domiciliées en France, mais avec des filiales ailleurs. Il y a aussi la Banque PARIBAS. Sans oublier des transactions qui passeront par la Suisse, à la banque UBS, sur les comptes de Brenco et compagnies, et une autre banque suisse, la CANTRATE ORMOND BURRUS.
Pierre Falcone et Arcadi Gaydamack ont reçu, par le truchement de leurs sociétés, la somme de 790.879.677 dollars ! Les versements de ces sommes ont aussi transité par la " CANADIAN IMPERIAL BANK OF COMMERCE, de Genève, voir même jusqu'au Luxembourg, à la Banque privée EDMOND DE ROTHSCHILD.
Comme on le voit, cette affaire implique beaucoup de monde, tant en Angola qu'en Europe.
L'ouverture de cette affaire de l'ANGOLAGE embarrasse non seulement le gouvernement angolais, (dont le nom du président José Eduardo dos Santos est régulièrement cité), mais aussi en France, dont certains noms risquent d'être revélés. A l'annonce de l'ouverture de ce procès de l'Angolagate, le gouvernement de Luanda a fait savoir que cela ne l'intéresse plus et que c'est du passé à oublier. Avertissant la France des éventuelles conséquences. Le gouvernement angolais demande l'annulation pure et simple d'un tel procès. Bien entendu que celui-ci risque de nuire à la réputation des autorités angolaises, pas seulement, mais plus encore, entâchera les fragiles relations franco-angolaises, dont la visite du 23 mai 2008, en Angola, du président Nicolas Sarkozy, avait permis les rapprochements et surtout permis d'apaiser les tensions existantes entre les deux pays.
La Justice française qui prend le risque de reouvrir ce dossier ira-t-elle jusqu'au bout ? On le saura dans quelques jours. Selon elle, cinq mois de débats sont nécessaires pour examiner les conditions dans lesquelles ces trafics d'armes se sont déroulés, et l'usage qui a été fait des fonds versés en réglèment.
Une chose est sûr, l'Angolagate risque de secouer quelques cocotiers à Luanda, tout comme le microcosme politico-financier en France. Alors, va-t-on enfin assister au grand déballage dans cette affaire ?
Pour les Angolais qui souffrent, et cherchent à s'en sortir péniblement de ces tracas, comme par exemple ici,
http://fr.news.yahoo.com/afp/20081003/video/vwl-en-angola-des-enfants-abandonns-pour-acb3f14.html , l'affaire de l'Angolagate ne leur sortira pas de leur misère, encore moins du quotidien. Bien entendu, le gouvernement a une très large resposabilité dans la pauvreté des Angolais. Il serait temps que le pays adopte une nouvelle politique qui prendra en compte les préoccupations des plus faibles de la société angolaise.