Dès ce dimanche 16 novembre, la Guinée-Bissau a connu des très importantes élections législatives. Vingt partis politiques ont tenu des campagnes assez révélatrices sur les enjeux de ces élections pour les Bissao-Guinéens.
On a noté les partis en campagne comme le PAIGC (Parti africain pour l'indépendance de la Guinée-Bissau), de Carlos Domingos Gomès ; le PRID (Parti républicain de l'indépendance pour le développement), d'Aristide Gomes ; le PRS (Parti de la rénovation), de Koumba Yala ; le PSGB (Parti Socialiste), de Cirilio Rodrigues de Oliveira ; l'AFP (Alliance des Forces Patriotiques), ou encore le PPD (Parti populaire démocratique), ainsi que d'autres partis, (en tout, ils sont 21 partis en lice), tous, très bien partie en ces campagnes dans tout le pays.
Chaque parti cherchait à présenter son programme sous les meilleures auspices auprès de ses électeurs. On connaîtra très bientôt qui va l'emporter.
Le mythique et historique parti indépendantiste, le PAIGC, pense reconquérir son bastion de Bissau la capitale de la Guinée-Bissau. Le premier ministre "Cadogo" Carlos Domingos Gomès, son leader, reste confiant. Même si en 2005, l'actuel président de la république, Joao Bernado Vieira, l'avait déposé, le chef du PAIGC pense réconquérir le coeur des militants un peu déboussolé et blasé par des années d'un réel décollage du pays. Réconquérir ces militants sera un peu difficile pour lui, parce qu'en face de lui, l'ancien président Koumba Yala du PRS, à 55ans, n'a pas dit son dernier mot, et il est loin de prendre sa retraite politique. Le bonhomme au bonnet rouge se veut un politicien rusé et combatif. En tacticien, ce paysan ne cache plus son ambition de retrouver le premier plan dans la politique de son pays. Et même s'il n'arrivait pas, pourquoi ne pas se contenter d'un bon poste de premier ministre ? Pour y parvenir, il veut d'abord s'imposer au sein de son parti et emmener celui-ci vers la victoire.
Ces élections sont importantes à plus d'un titre. La Guinée-Bissau est régulièrement accusée de faciliter le passage du trafic de la drogue sur son territoire, en Afrique de l'Ouest, avant de prendre d'autres chemins. D'ailleurs, la plupart de ses dirigeants sont soit directement impliqués ou indirecetement concernés. La politique et les affaires faisant curieusement souvent bon menage. Comme le Cap-Vert, le pays intéresse les narco-trafiquants. On sait que les deux pays ont des liens très particuliers.
Les élections qui viennent de se dérouler sont importantes pour élire des nouveaux dirigeants aussi "propres" que possible pour redonner une autre image de ce pays de la Guinée-Bissau, une ex-colonie portugaise.