Il y a quelques années, les arts angolais étaient méconnus du grand public, alors qu'ils sont parmi les plus riches qui puissent exister en Afrique australe. Même si les années d'occupation coloniale ont étouffé sa renomée, voire même, spoliées cet aspect culturel du patrimoine angolais, les Angolais ont essayé de continuer dans la création artistique. On sait aussi que le pillage systématique d'objets d'art africain a apauvrie les musées en Afrique. Il suffit d'aller visiter les musées de Lisbonne, Bruxelles, Amsterdam, Londres, Paris ou Berlin, pour mesurer le vol des colonalistes européens dans la préservation de l'art nègre du continent. Ces objets d'art apartiennent à l'Afrique et les Africains feraient mieux de les réclamer pour enrichir leur part culturel. Le viol des objets sacrés est un crime.
Les Angolais ont raison de tenter de reconstituer leur art qu'ils considèrent comme leur véritable âme noire, c'est-à-dire tout simplement, leur art véritable. Cet art qui croupisse loin de ses origines et qu'on cherche à récupérer pour le réhabiliter dans le terroir originel. Un art qui trouve la parenté bien au-delà des frontières du pays.
L'art angolais est très riche. Il suffit en cela, d'observer par exemple les oeuvres que partagent des groupes ethniques tels que les "Lunda", "Tshokwé", "Kongo", "Suku", ou "Mucubal", etc...
On retrouve en Angola les qualités décoratives de la sculpture tshokwé, empruntées au métal et à la fibre, richesse d'invention dans l'ornementation des armes de parade, motifs rituels en faible relief sur des objets devenus oeuvres d'art par la grâce du terme "Utotombo", qui signifie : exécuté avec habilité, adresse, amour, un soin minutieux dans la facture, une application à faire parfait.
Chez les "Kongo" d'Angola, les artistes s'inspirent souvent de leur ' culte de l'ancêtre ', c'est-à-dre, là ou l'idéaliisation et le réalisme se produit harmonieusement.
Dans les masques "Bazombo", les traits du visage présentent un caractère expressif accusant un profond relief où joue la magie des ombres. Le masque représentatif de la féminité bonifie la mère, la maternité.
La statuette d'ancêtre "zombo" qui appelle l'abondance et protège de la stérilité, est mise en exergue. On note aussi que les bazombo font partie de l'ethnie "Kongo". Leurs rerésentations des statuettes sont assez expressives. Que ce soit sur les masques ou les statues. Cette sculpture est d'une richesse ésotérique. C'est dans les ritestraditionnels que jaillissent cette part artistique. Lors des funérailles, par exemple, des objets sacrés servent de décor sur les tombeaux d'une personnalité respectable disparue. Le culte funéraire hérité des ancêtres veut qu'on vénère la personne en lui rendant un hommage artistique flamboyant. Un mosaïque de couleurs pour les caveaux et une sobriété pour les masques et statuettes. Ce contraste cadre bien avec cet esprit du respect jusqu'à la dernière demeure du sage disparu. La sobriété et la puissance caractéisent les oeuvres des artistes bazombo qui ne sont pas forcément des portraits de défunts, mais plutôt des réceptacles de leur essence spirituelle. Sur ces sculptures sur bois, on retrouve la même majesté, la même rigueur ; qu'il s'agisse de figures d'ancêtres ou de fétiches.
Sur le plan déscriptif, on y voit les premiers témoignages d'une exécution soignée, qui tient compte des proportions du corps humain et des détails, et être classé dans la hiérarchie de la société d'origine locale. La coiffure, les tatouages, et les divers ornements, sont les détails les plus visibles. On peut dire que l'usage de ces objets répondent aux difficiles relations qu'entretiennent les esprits de morts et des vivants. L'homme africain, en général, vit sa mythologie dans un environnement peuplé des choses visibles et invisibles. Seuls les inititiés, dit-on, y trouvent des répères dans cette reconnaissances des choses exposées. Dans les cérémonies d'initiation, les masques sont sympbloques. Ils sont peint en blanc, et parfois des couleurs vives. Un initié doit en comprendre le sens. De même artistiquement, pour se prétendre ou se considérer comme un véritable "artiste". Il y a toute une période de préparation, de répérages pour les jeunes initiés et les néophytes. Avant d'être pris en considération.
L'environnement "Kongo" est ainsi peuplé de mystères et de la sorcellerie. Ce sont les "Anciens" qui consacrent les jeunes dans leur travail comme lors de leur entrée dans la vie. Pour être accepter, le jeune doit apprendre à reconnaître les codes de la société dans laquelle il vit. Et lorsqu'il a appris, il se distingue dans cet environnement.
C'est le cas d'un artiste qui exécute ces oeuvres culturelles. Il doit apprendre les symboles et avec son talent, pouvoir le montrer dans ses oeuvres artistiques. C'est très courant dans la société sécrète. Surtout chez les Bazombo dont une figure d'art doit signifier et symboliser leur environnement. Sinon, cela restera une oeuvre sans vie. Donc, sans importance et n'a pas sa place dans les représentations de la coutume du village ou de la société traditionnelle. Ainsi, c'est dans les pays Kongo que l'art reste un objet sacré. Chaque individu doit pouvoir défendre cette représentation pour préserver le patrimoine culturel. On peut regretter que depuis un certain temps l'art angolais a été négligé. Aujourd'hui, la conscience revient pour sauver la part culturelle du pays qui s'étiolait.