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Premier constat, l’Angola et la Guinée Equatoriale sont les deux pays qui ont été colonisés par des puissances de la péninsule ibérique, l’Espagne pour la Guinée Equatoriale et le Portugal pour l’Angola. Deuxième constat, l’Angola et la Guinée Equatoriale ont acquis tardivement leur indépendance, par rapport aux autres pays africains, la Guinée Equatoriale en 1968, et l’Angola en 1975. À ces éléments historiques s’ajoutent les réalités humaines. Les deux pays sont peuplés des bantous.
Sur le plan économique, les deux pays d’Afrique peuvent clamer haut et fort leur réussite économique : l’Angola et la Guinée Equatoriale. Si l’Angola est connu depuis longtemps sur la scène internationale par son histoire et son poids stratégique pendant la lutte de l’Afrique contre l’apartheid, la Guinée Equatoriale, elle, est demeurée méconnue, jusqu’à l’arrivée au pouvoir du président Obiang Nguema Mbasogo et plus particulièrement depuis la découverte d’immenses gisements de pétrole. Petit pays de l’Afrique centrale, la Guinée Equatoriale est, avec ses 28051 km2 et ses quelques 700 000 habitants, le troisième exportateur du pétrole, derrière le l’Angola, et le Nigéria. Si le coup de force de Teodoro Obiang Nguema, l’actuel chef d’Etat équato-guinéen, le 3 août 1979, avait été accueilli avec circonspection, quelques années plus tard l’homme fort de Malabo s’est montré à la hauteur des ambitions qu’il s’est donné pour son pays. 30 ans passés au pouvoir, le président Obiang veut encore prouver à son peuple et l’opinion internationale qu’il est encore l’homme qui détient les clés de la réussite de la Guinée Equatoriale. C’est lui qui a fait de la Guinée Equatoriale la première puissance financière de la CEMAC (Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique Centrale). La croissance du pays est soutenue depuis plus d’une décennie, de l’ordre de 10%. Le pays parvient à régler toutes ses dettes, et ses avoirs sont largement excédentaires. C’est ainsi que les institutions internationales, FMI,(Fonds Monétaire International), BM(Banque Mondiale), y compris la BAD (Banque Africaine de Développement), continuent d’appuyer la politique de la Guinée-Equatoriale. Bon nombre d’investisseurs des pays occidentaux, mais aussi, des principaux pays émergents misent sur la Guinée-Equatoriale.
À l’instar de l’Angola, la Guinée-Equatoriale voit ses partenaires politico-économiques se multiplier et frapper de plus en plus à la porte. Si l’Espagne reste un interlocuteur incontournable, surtout par les liens historiques et culturels très forts, bien d’autres pays, au plan économique, ont établi des rapports non-négligeables avec Malabo : Etats-Unis, Chine populaire, Indonésie, France, Brésil, Philippines, et la liste n’est pas exhaustive. La Chine, les Etats-Unis et, dans une certaine mesure, la France se taillent la part de lion dans le marché de l’Eldorado pétrolier équato-guinéen. Depuis peu de temps, les pays de l’Est , la Russie et l’UKrainie, notamment, se sont mises aussi dans la partie, et concurrencent désormais les Européens sur le terrain. On estime que la production de la Guinée-Equatoriale se situe autour de 1,8 milliards de barils par an. Le pays est voisin de Nigeria, ces deux pays du golfe de la Guinée sont les plus gros fournisseurs africains.
Plus au sud, c’est bien l’Angola qui se taille la part du lion sur les réserves terrestres et maritimes. En effet, ce pays lusophone a développé l’exploitation off shore de son or noir et, avec le Gabon, il cherche désormais à diversifier son économie avec la mise en valeur d’autres ressources comme l’exploitation de diamants et le développement de l’agriculture, avec le café comme produit-phare d’exportation.
Pour sa part, la Guinée-Equatoriale a mis au profit la ruée vers sa zone, des multiples partenaires pour créer des nouveaux consortiums. Ainsi, Malabo a signé un accord avec le géant russe, Gazprom. Autre grand partenariat EG-LNG (Equatorial Guinee Liquafied Natural Gas) regroupe la firme portugaise Galp Energia, l’espagnole Unión Fenosa et l’allemande E. On Ruhrgas. Lors des hauses spectaculaires du prix du baril, la Guinée Equatoriale, l'Angola, tout comme les autres grands producteurs de pétrole, a connu un enrichissement sans précédent avec des rentrées des devises dans les caisses de l’Etat, mais après il y a eu une chute vertigineuses des prix. Les autorités de Malabo ont appris la leçon, en 2009 le pays compte limiter sa production à 14’7 millions de tonnes, contre 17,4 millions en 2008. Cette baisse pétrolière est compensé par la monté en puissance de l’exportation du gaz qui doit augmenter cette année de l’ordre de 8.6%. Depuis l’année dernière, la Guinée-Equatoriale fait partie des quinze Etats au monde, dotés d’installations de liquéfaction et de transport de gaz naturel , d’autres projets de développement de ce secteur s’avèrent aussi prometteurs d’autant que les réserves de gaz équato-guinén sont évalués à plus de 40 milliards de mètre cube. Le grand complexe gazier situé à Punta Europa, à l’ouest de l’île Bioko, géré par Gazprom doit porter la production à 3,4 millions de tonnes par an.Quant à la production pétrolière, elle se maintiendra à 300.000 barils par jour. Avec 1.8 milliard de barils annuel le pays n’est que le 30ème producteur mondial, mais reste le 3ème exportateur de brut dans l’Afrique subsaharienne derrière l’Angola et le Nigeria. L’or noir équato-guinéen attire beaucoup de monde y compris l’ancienne puissance coloniale, l’Espagne, qui vient de faire une rentrée fracassante avec sa firme, Repsol, qui détient désormais près de 58% du gisement le «Zafiro » aux côtés de la compagnie nationale GEpetrol. La ruée vers l’or noir équato-guinéen, a remis à l’heure, le projet de développement de ce pays, au moment même où la crise de l’ économie mondialisée frappe partout. Le gouvernement de Malabo devra réajuster sa politique mettant à profit sa valeur sûre, c’est-à-dire le pétrole, moteur de la croissance que connaît le pays. Ses bénéfices ont apporté aux équato-guinéens un indice de développement humain (IDH) bien meilleur que les années précédentes, plaçant le pays au 115ème rang sur 179, de l’IDH, élaboré par les Nations Unies. Les indicateurs sociaux commencent à bouger dans le bon sens. La voie du développement est donc bien balisée. A présent, la priorité du gouvernement de Malabo est d’améliorer les conditions de vie de sa population (El Estado de bienestar). Un programme de 30 millions de dollars en cours jusqu’à 2012 vient d’être signé avec le PNUD (Programme des Nations Unies pour le Développement) pour renforcer les services de santé publique et la lutte contre les pandémies. Dans le domaine social, Malabo sollicite aussi les entreprises présentes dans le pays à réinvestir 0’5 de leurs bénéfices dans la construction d’infrastructures sanitaires.
Un plan de modernisation a été lancé en l'an 2000, et qui devrait s’achever d’ici 2020, l’administration d’Obiang Nguema a entamé un vaste programme de grands travaux dans les principaux sites du pays. C’est ainsi qu’une nouvelle métropole est en train d’émerger à Rio Muni, la région continentale, au cœur de la forêt équatoriale, dans la région d’Agnisok, au centre du pays. Quant à la capitale insulaire, Malabo, elle est pleine transformation et fait l’objet d’un toilettage absolu, avec la rénovation de ses vieux bâtiments et la construction de nouveaux quartiers plus modernes. Autre grande ville, Bata, la capitale côtière, a expérimenté ces derniers temps une croissance sans précédent avec la construction de nouveaux bâtiments et l’agrandissement de son aéroport qui devient l’une des plus grandes pistes de la région capable d’accueillir des avions de tout tonnage. D’autres villes du pays ont ainsi bénéficé de ce vaste programme de reconstruction nationale entamée le président Teodoro Obiang Nguema, Mongomo, la région natale du chef de l’Etat, Ebebiyin, la capitale économique du Nord, y compris les îles comme Annobon et Corisco, dotés tous d’infrastructure aéroportuaire. Par conséquence, la flotte aérienne du pays s’est enrichi de nouveaux appareils, augmentant du coup le volume de son trafic.
La population équato-guinéenne observe ces réalisations avec satisfaction et se réjouit du miracle économique équato-guinéen grâce à la manne pétrolière. A noter que si les critiques étaient acerbes il y a quelque temps, reprochant au président Obiang Nguema et aux membres de son gouvernement de s’enrichir au détriment de ses concitoyens, ces observations commencent à s’estomper, au vu des réalisations, et du rythme des travaux, mené par le autorités de Malabo. L’opposition parle aujourd’hui de violations des droits de l’homme. Le pouvoir accorde peu de place à la libre expression. On ne peut pas dire aujourd’hui que les Equato-Guinéens vivent dans une démocratie, et qu'ils sont libres. L’actuel homme fort de Malabo n’a pas encore cette culture politique démocratique. Certes, il manifeste un certain dégré de tolérance avecl’existence des quelques partis d’opposition, dont la plupart de ces formations sont des satellites du parti au pouvoir, le PDGE (Parti démocratique de la Guinée Equatoriale), et dont les élus composent le parlement équato-guinéen, avec seulement un seul représentant de l’opposition. Ceci s’explique par les réalités du pays et aussi pour mieux comprendre, il faut se rappeler de la trajectoire politique de ce Chef de l’Etat.
C’est en 1979, que le lieutenenant-colonel Teodoro Obiang Nguema arrive au pouvoir. Neveu de Macias Ngueama, le premier président de la Guinée Equatoriale (1968-1979), Teodoro Obiang Nguema n’a pas hésité à démettre son oncle, le 3 août de cette année-là. Cela fait 30 ans que le président Obiang est au pouvoir en Guinée Equatoriale. Dès son arrivée, il a voulu asseoir son pouvoir sans partage. En 1991, sous son règne, le pays découvre le pétrole et commence l’exploitation du gisement Zafiro. C’est le pétrole qui va attiser les convoitises et faire venir diverses sociétés multinationales pour exploiter l’or noir équato-guinéen. Le président Teodoro Obiang Nguema est soutenu par les puissances extérieures qui tiennent à sauvegarder leurs intérêts en Guinée Equatoriale. Ayant acquis une aura international, l’homme fort de Malabo peut garantir ses acquis politiques. À chaque élection il est largement élu. Comme en 1996, lorsqu' il a remporté avec un score de 97% des voix. Il était l’unique candidat.
Six ans plus tard, il est de nouveau élu avec 97,1% des voix dans un scrutin officiel multipartite, autorisant les cinq autres candidats. Son parti, le PDGE, le parti démocratique de Guinée-Equatoriale, remporte généralement toutes les élections ( présidentielles, législatives ou communales). Officiellement, il existe d'autres partis d'opposition en Guinée-Equatoriale. Mais en réalité, ce sont des partis préfabriqués « présidentiels ». Ils sont mollement contre le pouvoir, ou les actions du gouvernement. En sous-main, c'est une opposition « alimentaire », capable de tourner la veste au moindre coup de vent. Pour éviter aux responsables de tomber dans le dénouement, en l'absence des subsides pour exister. C'est plutôt en Espagne que l'opposition peut mener des actions plus ou moins crédibles. Il existe des vrais opposants, convaincus de défendre leurs idéaux. Et souvent, cette opposition se fait entendre au pays.
D'autres opposants au régime, de par le comportement de leurs leaders, et leur façon de faire de la politique, ne sont souvent pas pris au sérieux. Généralement ils finissent par réjoindre le pouvoir à Malabo. Au grand bonheur du Président qui se réjouit de se justifier et se maintenir. On sait que plusieurs d'entre eux collaborent et dénoncent leurs anciens amis de l'opposition. Et ce n'est pas un cas de l'opposition en Guinée-Equatoriale, mais une réalité politique des Africains opportunistes. A quoi a servi toutes ces années dans l'opposition et tous ces combats ? Pour diverses raisons, les opportunistes se justifient. Ils parlent de « réalisme », lorsqu'on les retrouvent, rentrés au pays, pour disent-ils, « travailler pour leur pays, en tant que « patriotes ». Le radicalisme des uns a fondu comme neige au soleil. Ils n'impressionnent plus. Leurs retournements deviennent une moquerie. Pour le pouvoir, ce retour au pays des anciens opposants est un signe de sagesse. Une récupération des patriotes perdus à l'étranger. Combien d'entre eux ont désisté ? Inutile de les compter. La politique est parfois l'art d'improbabilités.
En Guinée-Equatoriale, la manne de pétrole a fait prendre conscience de l'enjeu. Le président Obiang n'hésite plus de montrer les réalisations faites dans le pays, grâce au pétrole. L'argent récolté de l'or noir a pu donner les moyens de réaliser certaines choses et faire avancer le développement du pays. Le pays a bien changé sous le régime de Téodoro Obiang Nguema. Trente ans à la tête du pays l'ont bien entendu transformé. Les plus fidèles disent que les résultats de sa politique ont fait de la Guinée-Equatoriale un des pays africains qui marche. Aujourd'hui, lorsqu'on évoque le nom de ce pays, on pense tout de suite au pétrole. Et le pays veut se faire connaître et se montrer. C'est ce qui fait la nouvelle donne équatoguinéenne. D'ailleurs, un projet est en cours, en Suisse. Préparé par le journaliste Joaquin Mbomio Bacheng, le projet veut montrer cette nouvelle donne de ce pays du Golfe de Guinée. De son côté, dans le cadre de son action, l'UPAF, (Université Populaire Africaine) de Genève, prévoit la célébration des « Journées Culturelles », consacrées à la Guinée-Equatoriale. Un pays subsaharien qui présente la particularité d'être le seul pays hispanophone du continent africain.