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Près de 200 pays rassemblés à Cancun (Mexique) ont adopté samedi une série de mécanismes - encore embryonnaires - pour lutter contre le changement climatique, un accord accueilli par une ovation qui tourne la page de l'immense déception de Copenhague, il y a un an.
Le texte prévoit la création d'un Fonds vert pour aider les pays en développement à faire face au réchauffement et lance un mécanisme pour lutter contre la déforestation. L'objectif de ce rendez-vous mexicain - aux ambitions modestes - était d'abord de redonner souffle au processus de négociation onusien, fortement ébranlé par l'immense déception née du sommet de Copenhague. Mission accomplie, selon les délégations réunies en séance plénière pour adopter le texte.
Avec cet accord, "on sauve de la faillite le système multilatéral de négociations sur le changement climatique", a déclaré la ministre française de l'Ecologie, Nathalie Kosciusko-Morizet. Le texte adopté à l'issue de 12 journées de négociations intenses et parfois tendues, "ouvre une nouvelle ère pour la coopération internationale sur le climat", a assuré la ministre mexicaine des Affaires étrangères, Patricia Espinosa, qui présidait les débats.
"Il reste beaucoup de travail à faire avant la prochaine conférence sur le climat en Afrique du Sud l'an prochain", a pour sa part souligné le Premier ministre britannique David Cameron.L'accord de Cancun est "un succès important dans un monde qui en a vraiment besoin", a estimé le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon.
Il "poursuit l'effort pour répondre au défi du changement climatique", a réagi le président américain Barack Obama. C'est "un pas important" vers un cadre global et légalement contraignant de lutte contre le réchauffement climatique, a, quant à lui, commenté le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso.
Le Premier ministre japonais Naoto Kan a qualifié de son côté l'accord de "grand pas" permettant d'impliquer "les Etats-Unis et la Chine". Seule voix discordante dans ce concert de satisfecits, celle de la Bolivie, qui est déterminée à introduire un recours auprès de la Cour internationale de justice (CIJ) contre l'accord, faisant valoir que son approbation sans consensus, contrairement aux règles de la Convention cadre de l'ONU sur le changement climatique, fragilise les règles internationales.