Blog sur l'actualité des Antilles et du monde.
"Le président Arba Diallo est décédé dans la nuit", a indiqué à l'AFP un membre de sa famille joint à Dori, sa ville natale (environ 250 km de Ouagadougou), sans préciser de quelle maladie le défunt souffrait.
"C'est un choc, une lourde perte pour nous", a commenté le chef de file de l'opposition Zéphirin Diabré, confirmant le décès.
Président du Parti pour la démocratie et le socialisme/Faso Metba, M. Diallo, 75 ans, était arrivé deuxième derrière Blaise Compaoré à la présidentielle de 2010, avec 8,21% des voix. Il était député-maire de la commune de Dori depuis 2007 et cinquième vice-président de l'Assemblée nationale.
Cet homme de teint clair, d'ethnie Peul, au ton posé, était l'un des principaux opposants au président Compaoré, au pouvoir depuis 27 ans.
M. Diallo avait fait l'essentiel de sa carrière à l'international, notamment au sein des Nations Unies.
Membre fondateur du Parti africain de l'indépendance qui prônait l'indépendance des colonies africaines, M. Diallo avait été le tout premier ministre chargé des Relations extérieures du président Thomas Sankara (1983-1987, déposé par Blaise Compaoré), avant de devenir ambassadeur au Japon, en Chine et en Inde.
Surnommé "Ho Chi Minh" à cause de sa barbichette semblable à celle du leader vietnamien, Hama Arba Diallo participait aux côtés des leaders de l'opposition à des négociations avec la majorité portant principalement sur la modification de l'article 37 de la Constitution, voulue par le pouvoir pour permettre à M. Compaoré de briguer un autre mandat.
"Pour l'opposition burkinabè, c'est une pièce maîtresse de tout le système qui s'effondre", a réagi Ablassé Ouédraogo, président du Faso Autrement (opposition), qui a déploré "une lourde perte pour le Burkina Faso, l'Afrique et le monde".