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CINQUANTENAIRE DES INDEPENDANCES AFRICAINES : Le héros panafricain Patrice Lumumba et le cas de deux « Congo ».
C'est le 30 juin 1960 que le Congo ex-belge obtint son indépendance. Celle-ci ne fut possible que par la volonté de tout un peuple congolais porté par un seul idéal, se libérer du joug colonial auquel les Congolais étaient soumis. Un seul homme portera cet espoir de son peuple : c'est Patrice Lumumba.
Cet homme est né le 2 juillet 1925 à Onalua, dans le district de Sankuru (Province du Kassaï-oriental, au Congo-belge). Patrice Emery Lumumba appartient à la tribu batetela.
Il a passé son enfance à Karabo-Kombé. C'est de là qu'il va commencer sa scolarité chez les pères catholiques, pour par la suite, quitter cette région pour Kindu.
C'est à Kisangani qu'il va passer son adolescence et achèver ses études primaires, toujours chez les missionnaires. Le jeune Patrice-Emery trouve du travail dans l'administration, très jeune, employé en tant que commis aux Ecritures. Ce travail de bureau lui permet d'obtenir le statut tant envié de Congolais "évolué". Il est ensuite employé aux services de l'Office de Poste (PTT).
Marié à Pauline Lumumba, ils auront plusieurs enfants. Six, au total. Père de famille, Lumumba a des ambitions pour nourrir sa famille. Il décide d'aller dans la capitale, Léopoldville (devenue plus tard, Kinshasa). Il reçoit sa carte d'immatriculation qui lui élève au rang des citadins "évolués", proches de la culture occidentale blanche. Qualifié comme tel, Lumumba peut se frotter à la réalité socio-culturelle du pays. Il est embauché dans une société de la bière "Polar". Cette boisson belgo-congolaise qu'il doit promouvoir. Ainsi, il rencontre les gens et les harangue. On lui découvre des talents d'orateur. Le jeune homme est persuasif, sait habillement convaincre. Ses déplacements attirent la foule. Il devient très populaire. Il lit beaucoup. S'informe et se cultive. Il n'a pas eu la chance de pousser loin ses études. Mais, autodidacte, il apprend beaucoup. Et, vite.
Au pays, les choses bougent. Et les idées politiques se réveillent. La population s'agite. Des partis politiques commencent à voir le jour. On entend parler de l'ABAKO, un parti politique de ressortissants d'ethnie bakongo. Dirigé par Joseph Kasa-Vubu.
Très vite, la politique l'attire, et Lumumba s'y intéresse. On parle de l'indépendance prochaine du Congo que les colonisateurs belges ne veulent pas entendre parler. Tout individu qui parle politique est soupçonné par le pouvoir colonial d'agitateur, de semeur de trouble à l'ordre public. Patrice Lumumba décide de fonder son propre parti politique qu'il nomme Mouvement National Congolais (MNC). Les adhérents se précipitent pour s'y inscrire. nous sommes dans les années cinquantes, le Congo-Belge avance vers sa libération. D'autres partis naissent. Le mot "Indépendance est sur toutes les lèvres. Les Belges intimident et arrêtent les leaders politiques. Mais le processus de la liberté est inébranlable. Les Congolais veulent tous se libérer du joug colonial belge et des injustices qu'ils subissent de leur part.
Devant cette réalité, la Belgique commence à mesurer l'importance et tente de diviser pour règner. Certains congolais sont corrompus et jouent le jeu du pouvoir colonial. Patrice Lumumba lui, reste entier et intransigeant. Pas question de trahir la cause de son peuple, ni brader l'avenir de son pays. Il harangue la foule afin de la conscientiser. Les Belges mènent une campagne contre le charisme de cet homme politique, jeune, mais très populaire. Lumumba voit son nom prendre de l'importance. On le cite partout. Les Blancs le dénigrent. On le traite de "communiste", de l'anti-Blanc, de "vendu aux Soviets". Les Américains entrent dans la danse. Le service secret américain récrute des élèments ou agents doubles, sur place. La CIA (Central Intelligence Agency) prend pied sur le Congo, avec l'aval des Belges. Des cellules sont créées.
Le 5 octobre 1958, le MNC-Lumumba est invité à une Conférence Panafricain à Accra, au Ghana. Le leader du MNC, Patrice Lumumba, fait le déplacement pour y participer. Le Ghana de NKwameh Nkrumah est le fer de lance du panafricanisme continental. Lumumba devenu aussi pour l'occasion, journaliste des journaux "L'Echo Postal" et de l'"Afrique et le Monde". A ce titre, il participe aussi à cette fameuse Conférence de Bruxelles, en tant que leader politique Congolais, censé préparer l'indépendance et la transition après la décolonisation du Congo-Belge. C'est de Bruxelles qu'il rencontre d'un certain jeune homme du nom de Joseph Mobutu, ancien caporal dans l'armée colonial "Forces Publiques", sorti "sergent", et devenu "journaliste-stagiaire en Belgique". En fait, Mobutu fut un agent des Belges et des Américains, récruté par la CIA pour infiltrer les milieux des Noirs Congolais et autres afin de retarder la progresssion de l'Afrique militante. Pour les Occidentaux, tous les Noirs revendicateurs sont des "Communistes à la solde de Moscou" !
Lors de sa campagne de lancement de la bière « Polar », il avait déjà eu l'occasion de croiser cet énergumène nommé Joseph Mobutu, à peine sorti de son service militaire. .
1959, le Congo est dans le chaos. Lumumba du MNC et Kasa-Vubu, leader de l'ABAKO, font front pour exiger l'indépendance du Congo. Plusieurs partis vont s'y associer. Les Belges sont contraints de l'accepter.
Le 30 juin 1960 le Congo devient un pays "Indépendant". Joseph Kasa-Vubu devient président de la République. Tandis que Patrice Emery Lumumba assume le poste de Premier ministre.
Mais hélas, trois mois plus tard, ce gouvernement ne tiendra pas. les Belges n'ayant jamais pardonné à Lumumba son discours nationaliste le jour de la proclamation de cette indépendance devant leur roi Baudoin 1er.
Des complots vont se formenter. Avec la complicité de quelques traitres Congolais, au service de l'impéralisme et de colonisateur belge. Dont, Mobutu et consorts.
Le 17 janvier 1961, Patrice Lumbumba est arrêté, cruellement torturé, et finalement, assassiné. Son corps fut plongé dans l'acide, comme pour éviter de laisser ses traces. Oubliant que cet assassinat a fait de lui un Héros africain. Son idéal panafricain lui a survécu.
Sa mort tragique inaugura la tragédie congolaise...ou zaïroise.
La « République Démocratique du Congo » et l'autre « Congo-Brazzaville »
Deux pays voisins, homonymes, partageant des points communs et un même destin pour l'avenir du continent africain. Il s'agit bien sûr, de deux « CONGO » : la « République Démocratique du Congo » et la « République du Congo » (ou le « Congo-Brazzaville ».
Le premier pays, ancienne colonie belge, la « RDCongo » a obtenu son indépendance un jour du 30 juin 1960, avec à sa tête, homme d'église, un ancien séminariste, Joseph Kasa-Vubu.
Le deuxième pays, ancienne colonie française, la « République du Congo », capitale Brazzaville, obtint son indépendance le 15 août 1960, avec un premier président de la république, homme d'église, un curé tombé en disgrâce auprès du Vatican en raison de son activisme politique nationaliste et patriotique, l'abbé Fulbert Youlou.
Comme dans toute cette région de l'Afrique centrale, l'église chrétienne, catholique, a joué un grand rôle pour former des cadres et placer indirectement ses fidèles. Rebelles à ces paroles contradictoires de leur église qui prêchait la bonne parole, bible à la main, alors qu'en réalité, servait l'action coloniale européenne. En cette année 1960, les deux pays ont fait confiance, (du moins au début), à ces deux hommes chrétiens.
Pour le grand CONGO, (République Démocratique du Congo), l'histoire est très riche à raconter. D'abord, la libération du pays ne fut pas de tout repos. L'accession à l'indépendance ne fut pas non plus si facile. Surtout avec la présence d'un jeune homme aux idées assez révolutionnaires pour l'époque. Cet homme, c'est Patrice Lumumba, qui va aussi marquer l'histoire de l'indépendance de cet immense pays si convoité, avec un charisme qui fera trembler le pouvoir colonial belge, et que lui, tout comme les congolais, ne voulaient surtout pas céder et en aucun prix. L'histoire était déjà en marche.
Plus rien ne pouvait plus arrêter son cours. Les Congolais voulaient leur « indépendance ».
Et, ils vont le montrer. Par des actions révendicatives plus ou moins violentes. On parlait du « chaos » pour le Congo. La décolonisation sera un échec pour les Belges. Une indépendance qui sera plutôt arracher. Malgré quelques concessions pour apaiser la fureur du peuple survolté contre cette Belgique qui voulait maintenir le statut colonial : « Avant l'indépendance égal après l'indépendance » ! répétait-on au sein de l'armée coloniale comme dans l'administration.
Le pouvoir colonial belge, dépassé par les événèments, n'avaient d'autres choix, que de céder aux révendications indépendantistes des Noirs épris de soif de la liberté. Les Belges n'avaient plus d'alternative, que d'accorder l'indépendance aux Congolais. Laisser le pays aux Noirs très déterminés à en finir. L'homme qui se montrait le plus farouchement déterminé dans ce combat pour la liberté de son pays, était naturellement, Patrice Emery Lumumba. Ce dernier n'a jamais voulu trahir sa cause, ni son idéal : libérer son pays qui sera un prélude pour la libération de toute l'Afrique. C'est lui qui va sincérement défendre la dignité de l'homme noir, de l'homme tout court.
Il a extrapolé en parlant du Congo, puisque sa voix parlait au nom de tout le continent asservi par le système colonial. La décolonisation sera la démarche à suivre en ce début de l'année soixante.
Ce qui d'ailleurs, le distingue de tous les autres leaders politiques de cette époque-là. Le premier à le dire. Cet humanisme a frappé les esprits dans le monde libre, progressiste, et les militants de la Paix, ou de la cause africaine. Il s'agissait de défendre les « droits de l'homme », dans son vrai sens.
Le Congo cessa d'être belge, et se libéra. La colonie n'avait plus sa raison d'être après quatre-vingts ans de présence belge. Quatre années d'effervescence nationaliste ont suffi pour bouter dehors le colonialisme. Le 30 juin 1960, la « République du Congo » vit le jour.
Joseph Kasa-Vuvu est le premier président. Tandis que, Patrice Lumumba devient le Premier Ministre. Il a juste 35 ans.
Pour les Congolais, ce sera la fête nationale. Le mot « indépendance » était sur toutes les lèvres. Partout, on chantait : « Indépendance cha cha ! » « La Table Ronde » de Bruxelles a été gagnée par les patriotes Congolais. Un premier gouvernement vit le jour. On nomma un chef de l'armée pour reconstruire l'ancienne force publique, pour mettre en place une « armée nationale congolaise ».
Hélas, tout cela était trop beau pour durer. Le 4 juillet l'armée se rebelle. En même temps qu'on célébrait l'indépendance de la jeune nation congolaise, une province du sud, le Katanga avec à sa tête Moïse Tshombé, faisait sécession dès le 11 juillet 1960. La province minière était le poumon de la colonie belge. Le Katanga est riche en toutes sorte de minerais, notamment le cuivre, (exploité par la société belge UMHK, Union Minière du Haut-Katanga). Société dite, société belgo-congolaise. La Belgique qui continue d'exploiter les mines du Katanga, avant et après l'indépendance du Congo. Le 9 août la même année, Albert Kalonji, chef traditionnel des « Baluba », appellé « Mulupwé » imite Moïse Tshombé dans la sécession provinciale. Il proclame pour sa région kassaënne, un Etat autonome du Sud-Kassaï, avec Bakwanga (Luluabourg), comme capitale. Cette région est riche en diamant.
Le chef de l'armée nationale, nommé entretemps colonel, décide seul de mâter la rebellion. Il envoie ses militaires massacrer les populations villageoises de Kassaï. Les crimes de cette armée de Mobutu soulèvent l'indignation dans le monde entier. On crie au génocide des Baluba que Mobutu refuse de porter le chapeau, se justifiant que l'ordre venait du premier ministre Lumumba. Arguant même à évoquer la haine tribale entre les « Lulua » et les « Baluba » !
Devant les démentis, et les querelles politciennes entre le chef de l'Etat et son premier ministre, Mobutu se distancie d'eux et le 13 septembre, il prend le pouvoir, en écartant les deux chefs exécutifs politiques, le président Kasa-Vubu et le premier ministre Lumumba. Les deux hommes « neutralisés », le colonel Mobutu règne déjà en maître du pays, en cette année 1960...: « Je n'ai ni le temps, ni l'opportunité de résoudre cet important problème constitutionnel. Ces deux-là doivent se mettre d'accord ! En attendant, je les écarte du pouvoir. » !!!
Maître du jeu politique, poussé par la Belgique (d'où il a travaillé dans le service de la sûreté belge), et par les Etats-Unis (dont il fut un des agents de la CIA contre le communisme en Afrique),Mobutu observe et apprend vite. Trois mois, au poste de premier ministre, trois mois pour lui pourrir la vie, et le2 décembre, Mobutu fait arrêter Patrice Lumumba. Battu, humilié, finalement livré à son pire ennemi au Katanga, Lumumba et ses deux compagnons Mpolo et Okito, sont aux mains de Moïse Tsombé qui les confie aux agents belges. Ils seront assassinés le 17 janvier 1961.
Le Congo traverse une crise sans précéent. C'est le chaos et l'anarchie. Le nouveau pouvoir cédé aux Noirs vacille. On parle de « congolisation », de « sauvagerie », etc.Le chef de l'armée, le colnel Mobutu remet le président Joseph Kasa-Vubu au pouvoir. Le temps de règler quelques rectificatifs politiques. Surtout se préparer lui-même, avant de prendre la place, après son coup d'Etat qui intervient le 25 novembre 1965. Le lieutenant-colonel Joseph-Désiré Mobutu devient Président de la République Démocratique du Congo. Il se proclame chef de l'Etat, crée un parti unique, le MPR, (Mouvement Populaire de la Révolution). Il change le nom du pays. Le Congo devient le « Zaïre ».
Autoritaire, il dirige de main de maître un grand pays de 2.344.885 km2, dont (Léopoldville est rebâptisé Kinshasa), et ses sujets qu'ils qualifient des « Zaïrois ». Il impose la langue lingala partout dans le pays. Un seul chef, un seul pays, une seule monnaie, un seul parti, le MPR. Le « mobutisme » devient l'idéologie officielle des « Zaïrois » qui vouent un culte de personnalité à leur président, Joseph-Désiré Mobutu. L'heure est à l'authenticité à la zaïroise. On change le nom, à commencer par lui-même : Mobutu Sese Seko Kuku Ngbendu Wa Zabanga.
Il « zaïranise » l'économie du pays. Ses courtisants occupent des postes-clefs. Ils favorisent son clan. Promut lui-même le « Maréchal Mobutu », il devient immensement riche, alors que le pays plonge dans la crise économique, avec une population de plus en plus pauvre. Il parade dans le monde entier étalant sa fortune. Des châteaux par-ci, des villas par-là, des comptes bancaires dans des paradis fiscaux partout dans le monde, (des comptes aux Etats-Unis, en France, en Suisse, en Espagne, etc.) Rien dans son propre pays ! Devenu férocement un véritable « dictateur », il écarte tous ceux qui s'opposent é lui, n'hésitant pas d'éliminer physiquement ceux qui le contredisent. Comble de perversion, sa première épouse meure dans des circonstances atroces, le Maréchal Mobutu prend les deux soeurs de ses nombreuses maîtresses qu'il installe dans son Palais présidentiel. Les occidentaux l'adorent. Il défend bien leurs intérêts. Le temps de l'assassinat du héros congolais semble bien loin. Avec cynisme, il le proclame « Lumumba, héros national » !
Un boulevard porte son nom dans la capitale Kinshasa (à Limété) et il érigera même un monument à son honneur...Le comble dela folie dictatoriale. Le pays lui appartient. Il aliène sa population. Tout le monde chante : « Mobutu, le plus grand chef d'Afrique et du plus beau et du grand pays riche , le Zaïre » ! Au passage, le déspote continue de s'entourer des courtisans qui lui glorifient « Mobutu, l'éternel ! », « Mobutu, le sauveur ! », etc... Son parti unique devient une planque pour tous les opportunistes qui veulent s'enrichir. Même les intellectuels adhèrent au MPR, le ridicule ne tue pas. La politique du ventre et de la poche pleine. On « magouille », on « corrompt », on « brade » les terres du pays. Mobutu a céder un immense territoire aux...Allemands, pour des expériences scientifiques, et surtout pour un projet ambitieux de lancer une fusée !!! Toutes ces « bêtises » entraînent le pays dans une ruine économique sans précédente. Qu'il serait difficile de surmonter même aujourd'hui encore.
Son règne durera de 1965 à l'année 1997. Ce sera la dernière année pour son règne démesuré. Le régime Mobutu tombe. Emporté par une rebellion menée à l'Est du pays par un certain Laurent-Désiré Kabila. Ce dernier marche jusqu'à Kinshasa, avec sa milice, appuyée par les deux pays voisins, le Rwanda(de Paul Kagamé) et l'Ouganda( de Yoweri Museveni). Il va facilement prendre la capitale et s'installer au pouvoir. Progressant de l'est à l'ouest, les troupes rebelles contraignent l'armée de Mobutu de capituler et le Maréchal d'abandonner le pouvoir au profit de nouvel homme fort. Mobutu Sese Seko Kuku Ngbendu Wa Zabanga est chassé du pouvoir en 1997. Sa clique est déboussolée. Une bande de courtisans qui vient de perdre son mentor, sa source financière d'un enrichissement illicite. Mobutu ira mourrir pauvrement au royaume du Maroc. (Dont, ironie de l'histoire, le Maroc devient un pays de tourisme des Congolais et de certains dictateurs africains, encore au poste, dans certains pays d'Afrique dite...francophone). Une fascination morbide.
Heureusement, l'opposition a résisté contre la dictature du pouvoir mobutiste. Les Congolais se sont ressaisis pour enfin redresser leur pays meurtrie par des années de la dictature sanglante.
La prise de pouvoir de Laurent-Désiré Kabila ne va pas ramener le pays. Ce nouveau président veut marquer le changement dans son pays. Il reprend le nom de « Congo », éffaçant le « Zaïre » qui redevient la « République Démocratique du Congo » (RDC). L'ancien hymne national congolais revient et on reprend les anciens noms ou prénoms abandonnés sous Mobutu.
Allant plus loin encore, la monnaie « zaïre » est remplacé par le « franc congolais ». Le président Laurent-Désiré Kabila commence à prendre la distance vis-à-vis de ses anciens alliés rwandais. Et revoilà le pays qui replonge dans la guerre à l'Est, qui entre en rebellions. Des factions rebelles se forment. Des massacres ont lieu un peu partout à l'est, avec des violations des droits de l'homme.
Le pouvoir de Kinshasa est contesté par une opposition farouche qui reproche cette présence « étrangère » des Rwandais au Congo-démocratique. Kabila fait appel aux Angolais pour sauver son régime. Au sein de son propre camp, il est malmené. C'est la guerre. Le pouvoir tient bon. On reproche encore au président d'écarter les « tutsi Congolais ». La rebellion de l'Est du pays est manifestement soutenu par des pays voisins. La région est déstabilisée. On soupçonne le Rwanda et l'Ouganda. Qui nient tout.
Le 16 janvier 2001, le président Laurent-Désiré Kabila est assassiné dans son palais présidentiel.
Pour éviter le vide au pouvoir, son fils Joseph Kabila est porté à la tête du pays. Un accord de paix est signé. Le gouvernement conclut l'accord de paix avec les factions rebelles, prévoyant la mise en place d'un gouvernement d'union nationale pour deux ans. Malgré les contestations électorales.
Certains politiciens jouent le jeu. Ils acceptent la proposition. Les anciens mobutistes réjoignent le gouvernement. Joseph Kabila est élu président de la République Démocratique du Congo.
Même si certains mettent en doute ses origines, Joseph Kabila a la nationalité congolaise et se reconnaît comme « Congolais ». Pour contester son pouvoir, une rebellion s'intensifie à l'est du Congo, en 2006. Un ex-général de l'armée, (d'origine tutsie congolaise), le général Laurent Nkunda, reprend les armes avec une poignée de militaires. Ils mettent l'Est en feu et à sang, occupant des terrains. Nkunda justifie sa guerre pour les mêmes raisons, de ne pas prendre en compte cette composante congolaise, (Tutsie et Banyamulengue). En réalité, Laurent Nkunda vise les richesses minières qui sont abondantes dans cette région de l'est du Congo. Il réfuse de coopérer avec le pouvoir de Kinshasa. Les rebelles de Nkunda veulent aller jusqu'au bout. Le RDCongo et le Rwanda signent un accord de détente entre les deux pays.
Le 20 janvier 2009, l'armée congolaise et l'armée rwandaise coopérent et lancent conjointement une opération nommée « Umoja Wetu », afin de neutraliser les rebelles congolais du CNDP de l'ex-général Laurent Nkunda, et surtout les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), de tendance ethnique « hutu » rwandaise.
Le 29 janvier 2009, le chef des rebelles Laurent Nkunda est arrêté et transféré dans une prison au....Rwanda. Le pouvoir de Kinshasa réclame son extradition pour être jugé. Pour le gouvernement congolais, Laurent Nkunda étant de nationalité congolaise devrait être jugé dans son pays. Ce qui n'est pas le point de vue de certains « tutsis » qui voient les choses différement.
Malgré l'arrêstation de Nkunda, d'autres factions rebelles poursuivent les combats, commettant des exactions en terrorisant les populations congolaises à l'est du pays.
Les organisations humanitaires dénoncnent les violations des droits de l'homme, les viols systématiques des femmes et l'exploitation des enfants. Que fait la MONUC dans la région ?
Les forces onusiennes sont sur place depuis le début des combats mais se montrent incapables de règler cette situation complexe. L'ONU a été obligée d'intervenir souvent, sans réellement apporté des solutions concrètes, à la grande frustration des Congolais. Le 30 juin 2010, le pays célèbre la fête de son indépendance. Une date qui devrait, en principe, coïncider avec le départ de la Mission des Nations Unies au Congo. Pour laisser la place au gouvernement central de s'occuper de cette région et l'armée congolaise de se déployer à l'est. Mais a-t-il les moyens de le faire, ce gouvernement ? La situation étant encore loin d'être calme, encore moins, stable. Les intérêts étrangers sont encore immenses pour ce pays riche en minérais.
En conclusion, deux hommes auront réellement marqué l'histoire de la RDCongo : Patrice Lumumba, qui en est le véritable héros...et Joseph Mobutu, qui a laissé et pillé ce pays.
Le CONGO-BRAZZAVILLE, l'un de plus petit des deux pays nommées CONGO, sa superficie est de 342.000 km2. (En comparaison avec son voisin, le Grand Congo-Démocratique, qui est un immense territoire de 2.344.860 km2).
La capitale du Congo est donc Brazzaville. Les villes les plus importantes sont : Pointe Noire, Dolisie, Ouesso, Madingou, Loubomo, Madingou, Mossendjo, Kinkala, Loutété, Ndjambala, Mossaka, Owando, Ngbala, Nkayi, Makoua, Imfondo, Mbomo, Mfouati, Liranga, Epéna, Loukoléla, Makotopoko, Mindouli, Betou, etc.
Ce pays est peuplé de près de quatre millions d'habitants (plus exactement 3,9 millions).
Le Congo se situe au coeur de l'Afrique centrale. Ses voisins sont le Gabon, le Cameroun, le Centrafrique et la RDCongo. Le fleuve Congo sépare les deux capitales de deux Congo : Brazzaville et Kinshasa. Tout comme une bonne partie-sud du Congo-Brazza. Long de 1200 km.
L'océan Atlantique borde la partie occidentale du pays, le dotant d'une façade maritime longue de 170 km. La ville de Pointe Noire abrite le plus grand port du pays.
Comme son grand voisin, le Congo abrite aussi la forêt équatoriale qui recouvre plus de la moitié de la superficie du pays. C'est une forêt de 22,2 millions d'hectares.
La République du Congo possède un sous-sol très riche en matières minérales. Le pétrole à lui seul est la ressource par excellence du Congo, le 4è pays producteur de l'or noir en Afrique subsaharienne. Le Congo y tire 90% des recettes d'exportations. On estime que les reserves pétroliers sont encore suffisants pour encore des nombreuses années à venir. Le pétrole congolais est très convoité comme celui des autres pays de cette région du golfe de guinée. (Guinée-Equatoriale, Gabon, Nigéria, Cameroun, RDCongo, Cabinda, Angola).
Le secteur des hydrocarbures fait du Congo un des pays riches d'Afrique centrale.. Hier, comme encore aujourd'hui.
Ancienne colonie française, on retiendra que ce pays africain est profondément marqué par l'arrivée des Européens, notamment les Français, qui se sont toujours intéressés par le Congo. Et ce, dès le XIXè siècle. Le premier européen a marqué de son empreinte. Son nom, Savorgnan de Brazza. C'est lui d'ailleurs qui va fonder une ville qui portera son nom : Brazza-Ville. Devenue depuis la capitale du Congo. Le partage de l'Afrique en 1885, lors de la fameuse Conférence de Berlin, va sceller le sort des Congolais à celui de la France. Le pays va subir la colonisation française avec tout ce que cela comporte dans ce système de domination. L'exploitation des matières premières va motiver la puissance coloniale de la France. En y construisant des comptoirs, et surtout le fameux « Chemin de Fer Congo-Océan »,(CFCO), qui vont coûter la vie à des milliers de travailleurs et ouvriers Congolais. On y exploitera des bois, et autres matières premières qui seront évacués dans les trains sur ce chemin de fer construit, prenant la direction du port de Pointe Noire, et finir en Europe.
Entre 1926 et 1942, va naître dans le pays, un mouvement syncrétiste, d'inspiration chrétienne, le « matswanisme » (d'André Matswa), qui va mener des révendications en dénonçant le système colonial et les mensonges de l'église auprès des Noirs. Ce qui va entraîner des soulevements populaires, provoquer des troubles sociaux (grèves, manifestations, révoltes). André Matwa disparait en 1942.
Au XXè siècle, la France est bien présente au Congo. Brazzaville est la capitale de l'Afrique- Equatoriale Française (AEF). Pendant la Seconde Guerre Mondiale, la capitale congolaise, Brazzaville, sera la capitale de la « France Libre ». Plusieurs Congolais feront partie des « Tirailleurs » Africains, qui vont se battre au front pour sauver la France de l'occupation allemande.
Le Général Charles de Gaulle viendra y organiser une conférence destinée à définir le type de rapports à venir qui devaient exister entre la métropole et ses « colonies », à la lumière des changements imposés par le conflit. C'est bien la France qui va accompagner ce pays vers son émancipation. On y voit surgir des noms comme Jean-Feslix Tchicaya (le père du futur grand poète congolais Tchicaya U'Tamsi), Jacques Opangault, et tant d'autres encore.
En 1944, et à Brazzaville, c'est un gouverneur noir qui admnistre le pays sous autorité française. Il s'appelle Felix Eboué. (Originaire de la Guyane Française). Plusieurs Français d'Outre-Mer vont ainsi faire partie des colons français travaillant dans les colonies d'Afrique ou d'ailleurs.
Plusieurs Congolais auront une bonne éducation dans des écoles françaises. Ce sont eux qui remplaceront les Français si le pays réclamait un jour son indépendance. D'ailleurs, le combat politique des Congolais pour l'émancipation commence dès la fin de la guerre. Plusieurs personnalités politiques vont se distinguer. Au final, la France va accorder cette indépendance.
A la suite du reférendum du 28 septembre 1958, le Congo devint une République autonome dans le cadre de la Communauté. Le 8 décembre de la même année, l'Assemblée législative nomme l'abbé Fulbert Youlou Premier ministre. Le 21 novembre 1959, celui-ci devient président.
C'est l'abbé Fulbert Youlou qui sera le premier président du Congo devenu indépendant dès le 15 août 1960, après la proclamation officielle.
Trois ans plus tard, suite à des agitations dans tout le pays, il est obligé de démissionner. On lui reprochait sa politique de corruption généralisée. Contestation de 1963, menée par les organisations syndicales, dont Massamba-Débat fut l'un des plus farouches adversaires du pouvoir.
Alphonse Massamba-Débat devint le Président de la République. Il nomme Pascal Lissouba au poste de Premier ministre du gouvernement. Durant cinq, le Congo s'oriente vers l'idéologie d'inspiration marxiste et s'affiche ouvertement de gauche.
S'appuyant sur le parti unique, le Mouvement National Révolutionaire, le M.N.R., et un mouvement pro-maoïste, la Jeunesse du Mouvement National de la Révolution, la J.M.N.R., le régime ne tarda pas à davantage se gauchiser et finalement, à se diviser. Massamba-Débat décide de rémanier le gouvernement. En 1966, Ambroise Noumazalay, de tendance plus modérée, succède à Lissouba au poste de chef du gouvernement. Le président Alphonse Massamba-Débat reste au pouvoir jusqu'au 31 juillet 1968. Mais l'armée n'apprécie pas ce président. Il est donc renversé par les éléments de l'armée qui désigne le commandant Raoul pour présider le pays.
En janvier 1969, c'est un autre jeune commandant, Marien Ngouabi, qui prend le pouvoir. Sous sa houlette, le pays devient de plus en plus « rouge » et porte le nom de la « République Populaire du Congo » (RPC). Ngouabi resserre ses liens avec la Chine et les pays du Pacte de Varsovie.
Les options marxistes-léninistes des précédents gouvernements ne furent pas reniées. Au contraire. Le président Marien Ngouabi se veut un « révolutionnaire » auprès de son peuple. Le Parti Congolais du Travail (le PCT), fondé sur le principe du « centralisme démocratique », devint le nouveau parti unique. Le 3 janvier 1970, la République Populaire du Congo se dote d'une nouvelle Constitution de type socialiste.
Bien qu'il soit près des travailleurs, le président Ngouabi voit surgir les rivalités au sein de l'armée et de son entourage immédiat. Le pays ne connaît pas non plus de stabilité politique. Périodiquement, on agite le spectre des coups d'Etat ou des complots. Un esprit paranoïaque s'installe au pouvoir. Réel ou supposé, le pays s'agite avec des nouveaux contestataires et opposant au régime de Ngouabi. Ainsi donc, le 22 février 1972, des éléments de l'armée purent se rendre maîtres de la capitale Brazzaville durant 24 heures ! Prenant au passage la station nationale de radiodiffusion. Mais la prise d'otages ne durera pas longtemps, ils seront neutralisés par les fidèles du présiddent Marien Ngouabi. C'est un échec pour cette tentative de coup d'Etat fomenté par des éléments de l'armée. Le ministre de la Défense de Ngouabi n'est rien d'autre que le colonel Denis Sassou-Nguesso. Il a suivi la tentaive de putsch de ce lieutenant Pierre Kinganga. Le pouvoir se radicalise. Les slogans révolutionnairs font leur apparition sur les murs, sur les édifices, dans les banderolles, bref partout dans la capitale. Le tout ponctué par des chants révolutionnaires digne des pays de l'Est ou de la Chine Communiste. Mais le discours révolutionnaire ne nourrit pas le peuple. Le président rouge congolais adoucit son discours. L'agressivité à l'égard des capitalistes et surtout la politique de la nationalisation ont échouées.
Pragmatique, bien que révolutionnaire, Marien Ngouabi veut instaurer une « révolution socialiste à la sauce africaine ». Dirigiste libéral, Ngouabi respecte les monopoles capitalistes, partant du principe que le Congo révolutionnaire n'est pas la Chine populaire, ni l'Union Soviétique (URSS). La République Populaire du Congo, si elle est vraiment indépendante, se doit d'allier à ses richesses naturelles la compétence de la technique étrangère, de quelque horizon qu'elle vienne.Le socialisme à la congolaise devrait concilier théorie et pratique. Surtout dans le domaine économique. Il reste un des hommes qui auraient marqué la vie politique du Congo. Sous son règne, Ngouabi a essayé de s'adapter.
Ce changement a dérouté les plus caciques et les ennemis de sa révolution. Une opposition interne va mettre le pays en branle. Le président Marien Ngouabi s'appliqua à mâter toutes rebellions dans le pays. Le danger ne viendra pas de la rue mais plutôt au sein de l'armée, dont les rivalités entre officiers se font de plus en plus. La politique attire les militaires. Le pouvoir les fascine. Le pays est riche en pétrole. Des pays étrangers se montrent de plus en plus très intéressés.
Après quelques mois d'instabilités, le pouvoir a du mal à calmer les ardeurs des uns et des autres.
Le 18 mars 1977, le président Marien Ngouabi est assassiné. Les Congolais sont surpris par la violence des hommes. L'armée s'installe au pouvoir. C'est le colonel Yhombi Opango qui prend la place du chef de l'Etat éliminé, durant deux années. Jusqu'au 5 février 1979, date à laquelle le jeune colonel Denis Sassou-Nguesso accède au pouvoir. Il s'installe dans le fauteuil tout chaud et tant convoité. Comme souvent, celui qu'on a évincé au profit de Sassou Nguesso, ce n'est qu'une transition puisque celui ne va pas changer fondamentalement de politique. Donc, pas de changement de cap. Le pays reste dans le cadre idéologique marxiste-léniniste.
Quelques années plus tard, on sent le vent du changement partout dans le monde. L'Afrique doit se démocratiser, selon les normes occidentales. Les années quatre-vingt dix seront les années-phares.
Il faut désormais s'adapter. Le Congo a, dès lors, abandonné la « République Populaire du Congo » pour reprendre sobrement son appellation de la « République du Congo ». On tourne la pas du « socialisme scientifique », et autres slogans creux, on abandonne le parti unique pour instaurer le « multipartisme ». En 1991, on organise une « Conférence Nationale », avec à la clef, l'élection présidentielle.
Elle aura lieu en juin 1992. Le président sortant Denis Sassou-Nguesso pose sa candidature. Mais il n'arrive qu'à la troisième place du résultat proclamé. C'est Pascal Lissouba qui remporte l'élection présidentielle. Démocratiquement élu, comme on dit. Sassou-Nguesso est battu. Il l'a soutenu au second tours. En bon joueur...
Cinq ans plus tard, Pascal Lissouba organise des élections législatives anticipées que l'opposition conteste. C'est le début du chaos congolais de cette année noire de 1997. Les leaders politiques sont dépassés par les événements. La guerre civile éclate dans la capitale, Brazzaville est à feu et à sang. On tire à l'arme lourde. On bombarde en plein centre-ville. Le carnage fait des centaines de morts. Les cadavres jonchent les rues de Brazzaville. Le maire de la ville ne peut arrêter les tueries.
Bernard Kolélas est le président du MCDDI, (le Mouvement Congolais pour la Démocratie et le Développement Intégral). Les troubles sont très violentes. Seul un homme peut arrêter les massacres. Les hommes de l'ancien président Sassou Nguesso parviennent à remporter la victoire contre les hommes de Lissouba et les autres milices engagées dans les combats. Il sort vainqueur et l'ancien président reprend du service. Il retrouve son fauteuil perdu aux élections. Cette fois ce sont les armes qui ont parlé. Des groupes armés dirigés par le rebelle, « Ntumi », de son véritable nom Frédéric Bintsamou. En tant que militaire, le colonel redevenu président savait comment sortir de cette situation. Proposant le dialogue et l'amnisitie pour tous. Il vérouille et stabilise son pouvoir politique dont il tient fermement les rênes. L'opposition lui reproche son enrichissment personnel et le vérouillage de sa politique sur le plan de la liberté d'expression ou individuelle.
Le 15 octobre 1997, revenu au pouvoir, cinq ans plus tard, le président Denis Sassou Nguesso peut enfin organiser un référendum, en vue d'adoption d'une nouvelle Constitution pour le Congo.
Aux élections, il remporte encore une fois. Le 10 mars 2002, il est à nouveau élu Chef de l'Etat, à l'issue de ce scrutin, pour un mandat de sept ans. Soit jusqu'en juillet 2009. Il a été réélu le 12 juillet 2009, pour un nouveau mandat, avec un score confortable de 78,61%. L'opposition a contesté ce score. Le président Sassou Nguesso reste pour l'heure l'homme fort du Congo.
Denis Sassou Nguesso est né à Edou, en 1943. Il est à la tête du pays depuis plus de 25 ans.