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L'instauration d'un cessez-le feu en Colombie, que les Farc ont proposé jeudi de sceller dès l'ouverture de négociations de paix en octobre, reste une option très improbable, le gouvernement étant déterminé à ne pas relâcher la pression sur la guérilla.
Pour la première fois depuis l'officialisation du dialogue de paix visant à terminer un conflit de près d'un demi-siècle, les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) ont dévoilé leur intention de réclamer un arrêt des hostilités durant les négociations, prévues en Norvège puis à Cuba.
"Le cessez-le-feu, nous allons le proposer dès que nous serons assis à la table", a lancé l'un des commandants de la rébellion marxiste, Mauricio Jaramillo, lors d'une conférence de presse à La Havane.
Mais cet objectif s'est heurté au refus des autorités, échaudées par l'échec fracassant il y a dix ans des dernières négociations qui s'étaient déroulées dans une région démilitarisée de Colombie et avaient permis aux Farc de se renforcer, selon le gouvernement.
A mi-mandat avant les élections de 2014, le président colombien Juan Manuel Santos a martelé à plusieurs reprises qu'il n'allait pas "répéter les erreurs du passé". En réponse à l'intervention des Farc, M. Santos a appelé jeudi la guérilla à être "réaliste". "Il n'y aura aucun cessez-le-feu, rien, tant qu'on arrivera pas à l'accord final", a lancé le chef de l'Etat, appelant même l'armée à "intensifier ses actions", lors d'un discours devant une cinquantaine de généraux.
"Il est probable qu'un cessez-le feu n'intervienne qu'à la fin du processus de paix", a estimé Ariel Avila, analyste à la fondation Nuevo Arco Iris, spécialiste du conflit colombien, dans un entretien à l'AFP.
"Bien sûr, il y a le risque que le processus s'enraye en cas d'une attaque violente ou d'un attentat à la voiture piégée, mais il est aussi possible que les hostilités diminuent", poursuit cet expert.
L'appel à un cessez-le feu, revendication de longue date de la communauté internationale, a été lancé il y a une semaine en Colombie par plusieurs organisations qui y voient une garantie pour les négociations.