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Première présidente élue d'Afrique, Ellen Johnson Sirleaf, en quête d'un 2e mandat lors de la présidentielle de mardi au Liberia, lauréate du prix Nobel de la paix pour ses efforts en vue de reconstruire une nation ravagée par 14 ans de guerre civile, est critiquée dans son propre pays.
Mme Sirleaf, 72 ans, est entrée dans l'Histoire en devenant en 2005 la première femme élue chef de l'Etat sur le continent africain, à la tête d'un pays de quatre millions d'habitants traumatisé par des guerres civiles qui, de 1989 à 2003, ont fait quelque 250.000 morts, détruit ses infrastructures et son économie.
Vendredi, elle a reçu conjointement avec sa compatriote pacifiste Leymah Gbowee et la Yémenite Tawakkol Karman, le prix Nobel de la Paix. Elles ont été récompensées "pour leur lutte non violente en faveur de la sécurité des femmes et de leurs droits à participer aux processus de paix".
Dès son investiture en 2006, Ellen Johnson Sirleaf entreprend une opération de charme auprès des institutions financières internationales qui la connaissent bien: économiste formée à Harvard, cette mère de quatre enfants et grand-mère de onze petits-enfants a travaillé pour l'ONU et la Banque mondiale.
La chancelière allemande Angela Merkel a félicité vendredi les trois femmes, Ellen Johnson Sirleaf, Leymah Gbowee et Tawakkol Karman, récompensées du prix Nobel de la paix.
La chancelière, femme la plus puissante du monde selon le magazine Forbes, a adressé ses voeux personnels aux trois femmes, saluant "leur combat pacifique en faveur des droits des femmes et en faveur de la paix", selon le porte-parole du gouvernement allemand Steffen Seibert.
Le comité du prix Nobel a pris "une sage décision" en attribuant le prix conjointement à la Yéménite Tawakkol Karman et à deux femmes libériennes, la présidente du pays Ellen Johnson Sirleaf et la militante Leymah Gbowee, a déclaré le porte-parole du gouvernement Steffen Seibert lors d'une conférence de presse régulière.
Les Libériens votent mardi à des élections présidentielle, législatives et sénatoriales devant consolider une paix encore fragile dans un pays sorti il y a huit ans de deux guerres civiles, où circulent toujours armes et mercenaires ayant récemment combattu en Côte d'Ivoire voisine.
Les 8.000 hommes de la Mission de l'ONU au Liberia (Minul), dont le mandat vient d'être renouvelé pour un an, sont en état d'alerte dans la crainte de violences de la part de mercenaires armés libériens et ivoiriens qui, après avoir participé au conflit post-électoral en Côte d'Ivoire, se cachent au Liberia.
"Nous ne savons pas quelles sont leurs intentions, peut-être veulent-ils rendre leurs armes, peut-être veulent ils créer des troubles en relation avec les élections", a déclaré à l'AFP Ellen Margrethe Loj, représentante de l'ONU au Liberia.
Ces hommes en armes, dont plusieurs ont récemment été arrêtés, sont pour la plupart dans la forêt tropicale difficilement contrôlable située à la frontière entre le Liberia et la Côte d'Ivoire.