Hier, on l'appelait encore "la nouvelle Lisbonne" (Nova Lisboa). La ville de Huambo fut l'une des plus belles villes de l'Angola colonisée. Cette beauté, jugée selon les normes occidentales dont la ville resemblait comme toute autre en Europe. Après Luanda la blanche, Huambo fut aussi considérée comme une deuxième belle vitrine coloniale portugaise. Ainsi sacrée, ville par excellence s'il en est, Huambo fut fondée par les Portugais vers 1912.
Sa position géographique de la ville du centre du pays, elle a fait de Huambo, un des endroits rêvés pour y vivre. Elle est située sur un plateau à quelques 1.800 m au dessus du niveau de la mer, à 600 km au sud-est de la capitale angolaise et seulement à 200 km à l'est de Benguela le port de l'océan atlantique.
Au départ, la ville n'est qu'un centre agricole, mais très vite, Huambo prend des allules d'une véritable ville et un centre économique du pays. Elle prend donc de l'importance grâce à ses activités.. C'est déjà la seconde ville indstriellede l'Angola encore sous domination. En somme, une ville des affaires pour les colons portugais plus présent sur place.
Capitale de la province du même nom, Huambo c'est aussi le centre dans le vrai sens du mot. C'est l'axe Benguela-Huambo-Menongue. Plus haut, la ville de Bié. Plus au sud, Lubango.
Le chemin de fer, Luau-Luena-Munhango, jusqu'à Benguela, puis le grand port de LObito, après avoir traversé ces terres parfois par endroits montagneux. C'est un chemin de fer qui a toujours joué un rôle important pour l'économie angolaise.
C'est en 1902 que le Portugais Texeira de Souza, (ministre de la Marine et de l'Outre-Mer, durant la période coloniale), qui va conclure un contrat de construction de ce Chemin de fer, avec l'ingénieur Britanique Robert Williams. Pour le compte de la "Tanganyika Concession Limited". Une voie ferrée de quelques 1.300 kilomètres, destinée à l'évacuation des minerais tirés à la Zambie, (Copper Belt). Trois pays coloniaux européens étaient dans le coup pour maintenir ce chemin de fer terrestre, la Grande Bretagne, la Belgique et le Portugal. Le premier pays, pour leur exploitation des mines en Tanzanie et en Zambie ( jadis appelée la Rhodésie du Nord). Le deuxième, pour l'évacuation des mines extraits dans la réion sud du Congo (Province de Katanga). Et le Portugal, pour tous les minérais et autres produits exploités en Angola (jadis "Province d'Outre-Mer" du Portugal).
La Société qui gérait ce chemin de fer, était dirigée par la "Tanganyika Concession Limited", majoritaire dans le capital de cette voie ferrée qui traverse l'Angola jusqu'à Benguela. Le port angolais de Lobito était aussi utilisé dans ce trafic. Les minerais et autres produits africains quittaient le continent en direction de l'Europe, sa déstination finale.
En ce temps-là, la colonisation et l'exploitation étaient considérée comme des activités économiques "normales". Chaque pays y allait et se justifait en tant que tuteur colonial, selon les découpages de la conférence de Berlin, en 1885, pour le partage de l'Afrique. Ce pillage officiel accepté, chacun était très satifait de ce partage équitable du butin colonial. Le sol et sous-sol africain ont cet avantage de récéler des matières premières en grandes quantités. Ce qui explique l'importance de la création de ce chemin de fer.
Autres raisons que les colons portugais aimaient bien vivre à Huambo, c'est son éloignement. Un isolement à l'intérieur du pays permettant parfois d'échapper à certains poids migratoires dans la capitale et autres grandes villes côtières. Pour bien y vivre, il fallait retrouver les repères, le cadre idéal, le panorama de cette vie européenne. La ville de Huambo sera construite à cette image voulue par les riches exploitants coloniaux en Angola. Tellement bien construite qu'on l'apppela "Nova Lisboa". La nouvelle capitale portugaise sous les tropiques. On y trouvait presque de tout. Sinon, du tout. Beaux immeubles, belles avenues, des parcs fleuris, des villas, des très belles maisons coloniales, le tout dans les quartiers résidentiels reservés uniquement aux Blancs colonisateurs et autres hommes d'affaires en Angola.
La Province de Huambo a une superficie de 34.270 km2. Avec une population actuelle de plus de 2 millions d'habitants. Elle est la plus peuplée du pays, puisqu'elle représente 15 % de l'ensemble de la population de l'Angola.
Cette province du centre est aujourd'hui subdivisée en 11 municipalités : Huambo (la capitale de la province), Baïlundo, Mungo, Ukuma, Tchinjeje, Longonjo, Tchicala-Tcholoango, Londuimbali, Caula, Ekunha et enfin, Katchiungo.
Les habitants de Huambo sont majoritairement des Ovimbundu, qui vivent souvent dans les campagnes. Mais la ville les attire en tant que lieu de travail. Tous finissent par rentrer dans leurs villages d'origines. Ce sont ces lieux qu'ils préfèrent à cause de cette attachement viscérale à leurs terres ancêstrales. Depuis deux décennies, on constate l'augmentation de citadins, souvent des jeunes qui viennent vendre leurs forces de l'âge et de travail. Les villes de la province attirent comme les autres provinces du pays.
Les paysages de Huambo restent encore vierges malgré les dégradations dûes aux divers conflits. Ici, c'est la savane qui domine. Au loin, on peut admirer les hauteurs de montagnes environnantes. On peut y voir les monts de Chilenge ou de Humba. Les deux sont dominées par le Mont "Morro de Moco" d'une hauteur de 2.620 mètres. La hauteur de cette montagne couvre l'environnement d'où que l'on passe.
C'est de ces montagnes, dit-on, que naissent les sources des fleuves angolais, notamment le "Kwanza", le "Cunene" (qui se jettent dans l'océan Atlantique). Le plus long fleuve de cette partie régionale s'appelle, l'Okavango. (Okavango est un fleuve long de 975 km). Ce fleuve qui descend jusqu'aux marais de l'Okavango, au nord de Botswana. Il existe aussi d'autres afflents, comme le "Kwango" qui coule vers le Nord pour se jeter dans le fleuve Congo.
Dans cette province de Huambo, l'agriculture a toute son importance. La culture vivrière y est aussi assez abondante. Le climat régional joue un rôle positif pour la culture de ces produits agricoles. On y trouve du café, du coton, du caoutchouc, de l'hévéa, du tabac de l'huile de palme et du sisal, sans négliger les cannes à sucre, bananes, etc.
Sur le plan animal, l'élévage de bovins est aussi une des activités éconmiques dans cette région. Autre aspect important que Huambo veut développer, c'est le tourisme. Les endroits encore inexplorés sont si nombreux. La nature est restée à son état sauvage. Mais on oublie pas non plus que la guerre civile a laissé ici des traces indébiles. Jadis, les activités étaient ralenties pour cause de troubles. La savane, (ou forêt) avait permis le camouflage des rebelles. Ce qui, après la guerre, la nature va souffrir des conséquences de celle-ci. Déforestations sauvages, bombes défoliantes, mines antipersonnel, les impacts des balles qui sont encore visibles sur les murs de la ville de Huambo où les dernièrs combats furent particulièrement violents. Les habitants ont été contraints de fuir dans la brousse.
Aujourd'hui, la ville de Huambo est toujours à réconstruire. Ceci afin de favoriser le retour de la population encore traumatisée. Faire sortir les paysans de leurs cachettes pour retrouver leurs villages et leurs terres. Il faudrait bien que les cultivateurs se remettent au travail, que les usines s'ouvrent et offrent du travail. On sait que plusieurs entreprises sont sur place. Il faut qu'elles embauches les ouvriers pour les faire tourner. En Angola, il y a encore beaucoup à faire.
La bonne volonté gouvernementale s'observe dans la prise en main de plusierus secteurs mis à l'abandon.
Le programme politique actuel a permis le retour des activités à Huambo et dans les autres villes de la Province. Le ministre des travaux publics a fait de la réconstruction de cette région de Huambo une des priotés du gouvernement. Et ce dernier continue de faire des appels d'offres aux entrepreneurs pour qu'ils reviennent investir à Huambo, et surtout, aider l'Angola à se développer. Le pari d'aujourd'hui, c'est cela : remettre la ville de Huambo en bon état, la rendre encore plus vivante, active, non pas la plus belle comme jadis lorsqu'on l'appellait la nouvelle Lisbonne, mais l'une des plus belles vitrines de l'Angola.