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Plus d'une dizaine des Chefs d'Etat sont présent en ce jour du 14 juillet, à l'invitation du gouvernement français. Les troupes militaires africaines vont ainsi parader, défiler sur l'avenue des champs-elysées, devant le chef de l'Etat français Nicolas Sarkozy. La majorité des pays francophones d'Afrique subsaharienne ont tenu à y être. Il s'agit du Sénégal, Togo, Mali, Tchad, Mali, Bénin, Congo, Niger, Burkina Faso, Niger, Cameroun, Centrafrique.
A noter que deux chefs d'Etats sont absents. Ils sont décliné cette offre d'invitation de se rendre en France pour célébrer la fête du 14 juillet. Le président Laurent Gbagbo de la Côte d'Ivoire, qui n'a pas voulu s'associer à une telle fête très française, et le président Andry Rajoelina de l'île de Madagascar, qui ne s'est pas déplacé pour toute autre raison politique. Certains ont néanmoins envoyé leurs troupes de l'armée nationale.
A souligner aussi, que les pays du Maghreb, (hormis la Mauritanie), ne sont pas invitésau défiler du 14 juillet. Sont-ils des pays africains ou plutôt considérés comme des pays de l'Afrique dite "blanche", donc différents, selon la vision très partiale et parcellaire très colonisatrice. On invite donc cette autre Afrique dite "Noire", plus docile.
Pourquoi fête-t-on ce 14 juillet ? On célèbre ce jour de la prise de la Bastille. La fête nationale française commémore d'abord le 14 juillet 1789, première journée révolutionnaire à portée symbolique. Cet été là, une grande agitation règne à Paris. Face au mécontentement populaire, le roi a réuni les Etats généraux, une assemblée des représentants de la noblesse, du clergé et du tiers-état. Ces derniers demandent une réforme profonde des institutions et, le 9 juillet, se proclament Assemblée nationale constituante. L'initiative inquiète le roi qui fait venir en secret des régiments suisses et allemands à proximité de Versailles. La rumeur court bientôt que les troupes royales se préparent à entrer dans Paris pour arrêter les députés. Le 12 juillet, un orateur harangue la foule qu'il appelle à réagir : c'est Camille Desmoulins, monté sur un tonneau, qui annonce une "Saint Barthélemy des patriotes". Au matin du 14 juillet, des Parisiens en colère vont chercher des armes aux Invalides, puis se dirigent vers la vieille forteresse royale de la Bastille, en quête de poudre. Après une journée de fusillade sanglante, et grâce au ralliement de gardes nationaux, les Parisiens s'en emparent et entament sa démolition. Au final, ils ne libèrent que quelques prisonniers et malfrats sans envergure. Mais cette vieille prison médiévale incarne l'arbitraire de l'Ancien régime. En l'abattant, les Parisiens font tomber un rempart de l'absolutisme. Et cette journée, qui marque le début de la Révolution, restera dans les mémoires comme un jour de liberté. Cependant la fête nationale fait aussi référence à une autre événement moins connu : la fête de la Fédération du 14 juillet 1790. http://www.youtube.com/watch?v=qUVI3SuQsPo
Mais qu'est-ce qu'elle a, l'Afrique, à avoir avec une telle fête française ? Pour certains, cette fête symbolise la "liberté".
Pour d'autres, l'Afrique n'a pas à y être, surtout en ce moment où les pays africains francophones sont encore dirigés par des régimes dictatoriaux installés par l'ancienne puissance coloniale, la France. Ce qui fait polémique et soulève les débats passionnés en France.
En Afrique, les intellectuels s'indignent de cette présence africaine à ce défilé du 14 juillet, devant ce président français qui n'a pas hésité d'insulter l'Afrique, prônant le "changement dans la rupture", alors même qu'il soutient ces dictateurs-corrompus qui salissent l'image de l'Afrique progressiste. Même si, par effet d'annonces intempéstibles, il a annoncé le sort des anciens combattants. Comment lui faire confiance ?
L'invitation de ces présidents africains et leurs armées n'est-elle pas une réconnaissance de ces Africains qui sont prêts à rendre service à cette France-là que de développer leurs pays ? Cette récompense est aussi un symbole, une réconnaissance aux services rendus à la France au temps de guerre, selon les plus farouches opposants de l'initiative sarkozienne.
Dans tous les cas, voir les soldats africains défiler devant la France des "réseaux françafriques" est une honte de cette Afrique francophone toujours sous la botte de son ex-colonisateur, concluent ses détracteurs. Qui n'héstent pas non plus de mépriser ces soldats africains au garde-à-vous ! http://www.camer.be/index1.php?art=10700&rub=26:23