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François Hollande a décrété mercredi dernier "une lutte implacable contre les dérives de l'argent" après l'affaire Cahuzac en annonçant une série de mesures pour moraliser la vie politique, mais des doutes se font déjà jour quant à leur efficacité ou même leur caractère réellement nouveau. http://www.elysee.fr/
Deux semaines après les aveux dévastateurs de l'ex-ministre du Budget sur ses comptes dissimulés à l'étranger, le président de la République a voulu frapper un grand coup avec trois grandes mesures : la création d'une haute autorité chargée de contrôler le patrimoine des ministres et parlementaires, celle d'un "parquet financier" à compétence nationale et une "mobilisation" contre les paradis fiscaux.
Mais à peine annoncées, la polémique s'est enclenchée sur leur capacité à mettre fin aux dérives en matière fiscale et financière. Ainsi, le Syndicat de la magistrature (SM, classé à gauche) et l'Union syndicale des magistrats (USM), première organisation de la profession, étaient mercredi interloqués par la création d'un parquet financier national, n'y voyant ni "annonce", ni "avancée".
Depuis plusieurs années il existe des juridictions spécialisées dans la délinquance économique et financière, comprenant notamment des parquetiers et des juges d'instruction, ont-ils fait remarquer . Quant aux mesures pour lutter contre les paradis fiscaux que M. Hollande veut "éradiquer en Europe et dans le monde", elles sont de l'avis des spécialistes assez peu novatrices. Une liste noire existe en effet déjà depuis 2010.
Quant à l'obligation faite aux banques de rendre "publique chaque année la liste de toutes leurs filiales partout dans le monde, pays par pays" et "la nature de leurs activités", annoncée par le chef de l'Etat, ces mesures sont déjà intégrées à la loi bancaire en voie d'adoption au Parlement, "initialement contre l'avis de Bercy", a souligné Mathilde Dupré, de l'ONG CCFD-Terre solidaire. http://www.parti-socialiste.fr/articles/transparence-les-ministres-devoilent-aujourdhui-leur-patrimoine?utm_source=Parti+socialiste&utm_campaign=PS_16_04_2013&utm_medium=email
Sur un ton martial, M. Hollande a prévenu qu'il serait "intraitable", promettant "une lutte implacable contre les dérives de l'argent, la cupidité et la finance occulte". Mais ce qui a le plus suscité le débat parmi les élus est le souhait de l'exécutif d'obliger les parlementaires et ministres à publier leur patrimoine, ainsi que l'interdiction du cumul des mandats de sénateur ou député avec certaine professions.
François Hollande a eu beau affirmer que "la défaillance d'un homme ne (devait) pas jeter le discrédit, le soupçon sur les élus qui se dévouent pour le bien public sans en retirer le moindre avantage", l'opposition a redoublé de force dans ses critiques sur ce thème.
http://www.frontnational.com/2013/04/manifestation-du-21-avril-contre-la-loi-taubira/ ;
http://fr.news.yahoo.com/ayrault-députés-ump-insinuez-dénigrez-salissez-141100171.html ; http://www.dailymotion.com/video/xryj31_gros-chahut-sur-les-bancs-de-l-assemblee-pour-le-discours-d-ayrault_news