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On ne peut parler du groupe mythique antillais Kassav', sans évoquer le nom de Jacob Desvarieux.
Il fait partie de ceux que la musique caraïbéenne en général, et antillaise en particulier, ne doivent pas oublier. Jacob Desvarieux restera dans l'histoire de l'évolution de la musique tropicale afro-caraïbéenne actuelle, d'aujourd'hui et de demain.
Musicien dans l'âme, c'est l'homme par qui le style zouk a pris corps, tant sa contribution restera importante. Il a été à l'origine dès la création du groupe Kassav', avec le véritable fondateur de ce grand groupe antillais, l'initiateur Pierre-Edouard Decimus. C'est lui qui était à l'origine de cette généreuse idée de créer Kassav'. Jacob Desvarieux a donc pris les choses en main en y apportant son savoir musical et son expérience. Trois noms à retenir : les deux frères Decimus et Desvarieux. Tous, originaires de l'archipel de la Guadeloupe.
Ils ont pu réussir à réunir les amis antillais, de la Guadeloupe, de la Martinique et un Africain, pour monter ce groupe Kassav'. Une amitié solide s'est ensuite consolidée entre eux. Ce qui n'est pas toujurs facile, quand on connaît les mentalités des afro-caraïbéens, vaincus par l'égoïsme occidental. Chacun pour soi. Mais la passion musicale remporte souvent pour tout artiste animé par la bonne volonté de partager celle-ci. Faire la musique c'est apporter du bonheur aux autres. L'amour en plus.
Avant de parler de l'historique de ce groupe antillais, parlons de celui que nous reconnaissons l'important apport artistique dans la chanson caraïbéenne. Il a fallut que le fondateur du groupe Kassav', Pierre-Edouard Decimus rencontre Jacob Desvarieux à Paris, Chez « Safari Ambiance », une maison de distribution de disques africains, dans le 19è arrondissement de la capitale française, dont Jacob fréquentait souvent, et lui présenter son projet de fonder un grand groupe antillais, et que celui l'écoute et le comprenne pour que le groupe prenne corps : « J'ai une idée, cher Jacob, nous sommes tous deux Antillais mais où en est la place de notre musique dans le monde ? Je veux que nous ayons une production musicale à la hauteur des disques anglo-américains. J'ai besoin de toi pour m'aider. On fait quoi ? ». Jacob exhibe son beau sourire. « T'en fais pas, je suis capable de faire l'affaire, y apporter ma connaissance musicale avec une belle touche de la musique de nos pays des Antillaises françaises ! Chiche ? » Et, Edouard tape des mains : « Chiche ! ». Voilà la naissance d'une amitié et de la confiance comme du style musical, le zouk des Antilles.
Jacob Desvarieux est né à Paris, le 21 novembre 1955. Plus antillais que lui, tu meurs ! Aiment rappeller ses proches : « Même s'il est né en Europe, en France. La Guadeloupe, les Antilles, ce sont ses origines. Il ne l'oublie jamais. Le français, c'est sa langue de naissance mais le créole qu'il a appris est sa langue de ses racines.Il est arrivé à faire la synthèse culturelle de tout cela. C'est aussi cela sa force. » Je me rappelle bien lorsque j'étais en Guadeloupe, d'une amie chabine-indienne « coolie », du Lamentin, qui aimait bien m'emmener se promener et me montrer l'immeuble de la résidence des Lauriers Roses où habitait sa mère, Cécile Desvarieux. Je me souviens aussi des jeunes garçons et filles que j'ai connu là-bas. L'Afrique ? C'est les origines qui font les Antillais. Notamment cette Afrique des arrières-parents, les Ancêtres. La famille Desvarieux a vécu à Dakar, au Sénégal. C'est là que le virus de la musique a pris Jacob, avec sa première guitare. Un copain africain lui apprend à jouer. Au retour en France, la famille habite Marseille. Ayant appris à jouer de la guitare, il décide de connaître d'autres jeunes, dont le Camerounais Douglas M'bida (qui deviendra le seul Africain du groupe Kassav'). Un ami qui a joué avec lui dans diverses formations musicales, avant de monter dans la capitale et faire de la musique. Leur carrière. Dans les studios d'enregistrement. Pour différents artistes et groupes musicaux. Africains et Europées. De la musique tropicale au rock américain, ou de la musique anglo-saxonne !
Malgré ce métissage, Jacob Desvarieux reste très attaché à ses racines antillaises, guadeloupéennes.
Il s'intéresse au foklore et culture du pays. La connaissance de la langue créole lui sera d'un grand secours. La rencontre avec les artistes antillais se fera naturellement. Le rapprochement, aussi spontané. Guitariste rock, Jacob Desvarieux veut apporter la modernité dans la musique antillaise.
Culture tropicale, le folklore des Antilles vont faire leur apparition à la naissance du groupe KASSAV'. En 1979, le groupe entre dans le studio pour enregistrer « Love and Ka Dance ». On sent le désir d'imposer le 'gwo ka', le folklore guadeloupéen. « Banzawa » ! Il avoue : « J'ai rencontré Pierre-Edouard Decimus et on était d'accord sur le but à atteindre. Depuis que je compose, je joue de la guitare, je chante, j'arrange les morceaux, mais tout le monde met la main à la pâte ». Avouons que la main de Jacob Desvarieux à cette pâte est prépondérante.
Il faudrait dire que Jacob DESVARIEUX reste et restera un maestro du zouk antillais. Pour son passé et errance, on l'appellait « l'Africain ». Celui qui a réellement la musique dans ses veines.
Etatn dit que la musique vient d'Afrique. Comme on dit aussi, selon les scientifiques, l'Afrique est le berceau de l'Humanité. Pour Jacob Desvarieux, le but final, c'est de mettre la folklore guadelupéen au goût du jour et la populariser au monde entier.
Avec KASSAV', la musique antillaise sera reconnue. La relève doit être assuré pour que la musique du pays des Antilles ne soit pas oubliée. Grâce au zouk, les Antillais sont reconnus excellents artistes. Et que la musique des îles sont certes exotiques mais apportent la joie et de la bonne humeur à la triste Europe et les Européens. Le style 'ZOUK' est là pour tout cela. 'Zouk sé sel médikaman nou ni' !!!! Et, il n'y a pas que les Antilles. Le phénomène Kassav' est planétaire.
Pas seulement ailleurs, puisque l'Afrique s'y interresse et aime la musique antillaise, dont Kassav' en est le véritable ambassadeur. Le groupe s'est produit, par deux fois, sur le continent, et en Angola. Kassav' aime ce pays, l'Angola. Les musiciens reviennent si souvent. Une culture très proche des les Antilles, (Guadeloupe, Martinque, Cuba, Haïti-chérie).
L'artiste-muscien Desvarieux en est le pillier du groupe antillais, certes, mais père de plusieurs enfants, dont deux jumeaux. Musicien, il est incontestablement un grand et talentueux artiste, et qui rassure les autres. Meneur du groupe, il a su ramener les pertubateurs dans les rangs avec un seul argument convainquant : faire rayonner la musique des Antilles, en y montrant le sérieux, la cohésion et le savoir. Le groupe, malgré les années, a connu très peu de division. Peu de départs.
Joselyne Beroard, Jean-Claude Naimro, Jean Philippe Marthély, tous Martinquais, ils sont restés encore dans le groupe. Trois décenies plus tard. La Martiniquaise Cathérine Laupa, danseuse, avait essayé de partir par lassitude. (Cathérine a une une soeur Marie-Line Laupa, que l'on confond aisément). L'autre danseuse guadeloupéenne, la très voluptueuse Marie-Josée Gibon, reste dans le groupe. Douglas M'Bida est resté silencieux et discret. Ainsi que, Patrick Saint-Eloi, (qui vient définitivement de nous quitter). En revanche, le synthétiseur Jean-Claude Naimro, la chanteuse Jocelyne Beroard, le chanteur Jean-Philippe Marthelly, la danseuse-choriste Marie-Josée Gibon; la choriste Marie-Céline Chroné, le batteur Claude Vamur, le percussionniste César Durcin, le Camerounais Douglas M'bida, et les souffleurs Hamid Belhocine (Algérie) ; et les Français Freddy Houssepian (Marseillais), Jean-Pierre Ramirez (de Carcassone), Claude Romano (de Bordeaux) ; du Belge, Claude Thirifays ; et d'autres.
Enfin, il faut aussi signaler, comme l'a dit Jacob Desvarieux, le groupe Kassav' travaille en famille antillaise, « Tout le monde met la main à la pâte. Si je compose, tout le monde est derrière pour m'aider à aller plus loin. Pas d'histoire de chef, on est tous de grands garçons et filles ! Au départ, on était trois, on faisait des disques. Alors on prenait les musiciens disponibles, ceux qui nous semblaient les meilleurs dans le milieu musicale antillais parisien. On a monté le groupe petit à petit : il y a des gens qui se sont détachés du lot et le groupe Kassav' s'est formé. Aujourd'hui, on tient le coup parce qu'on veut tous la même chose. On a tous le même but. Nous sommes majoritairement d'abord, Antillais. » De culture antillaise.
Aujourd'hui, Kassav' parcourt le monde entier et devient universel. Le groupe vient de se produire par deux fois en Angola.Une pays d'Afrique, où Kassav' a gardé intact sa popularité. Un grand Festival s'y est déroulé avec la participation de plusieurs groupes angolais, cap-verdien, sao-toméen. Malgré une défection d'un artiste de l'Afrique centrale (bien connu pour son manque de sérieux), le Festival « Saudade », qui s'est déroulé à Luanda, en Angola, le samedi 23 avril 2011, restera dans les annales, pour son immense succès.