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Blog sur l'actualité des Antilles et du monde.

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L'Italie, en panne et en quête d'avenir, s'ouvre à la Chine.

 

Le marchand vénitien Marco Polo avait ouvert la voie dès le XIIIè siècle. Pour l'Italie, engluée dans la récession, capter l'attention de la riche Chine est une opportunité que le chef du gouvernement Matteo Renzi n'entend pas laisser échapper.

Sous forte pression pour redresser le pays dont il a pris les rênes en février, M. Renzi a reçu cette semaine avec les honneurs le Premier ministre chinois Li Keqiang, qu'il a retrouvé jeudi à Milan pour un sommet Asie-Europe.


Une vingtaine de contrats pour une valeur de plus de 8 milliards d'euros ont été signés mardi à Rome, impliquant plusieurs grands groupes italiens comme Enel, Finmeccanica, Intesa Sanpaolo.


En juillet, la Chine avait déjà investi 2,1 milliards d'euros dans une entreprise italienne d'infrastructure énergétique, le plus gros investissement de ce type jamais réalisé en Europe.


La Chine et l'Italie ont en commun "un grand passé et des perspectives de développement", a lancé M. Renzi à son homologue alors qu'il lui faisait visiter jeudi matin les locaux de la prestigieuse université milanaise Politecnico, pépinière d'ingénieurs, de designers et d'architectes.


"Nous devons être plus ouverts", a insisté le dirigeant italien, qui avait réservé à la Chine son tout premier voyage officiel peu après son entrée en fonctions.


Une douce musique aux oreilles d'Antonio Cianci, ancien conseiller du gouvernement italien et organisateur de l'un des nombreux forums d'affaires italo-chinois qui ont rythmé la visite de la délégation chinoise cette semaine.


"Renzi a eu l'intelligence de faire son premier voyage là-bas, c'est le signal qu'attendait la Chine", estime-t-il. "Les Chinois frappaient à notre porte mais nous n'étions pas capables de l'ouvrir", selon lui.


Balottée entre crises politiques et crises financières, l'Italie était "triste, congelée par la peur". "Occupée à se regarder le nombril", elle avait accumulé du retard dans ses relations avec Pékin par rapport à ses voisins -et concurrents - allemand et français, estime-t-il.


A l'en croire, les conditions pour une coopération gagnant-gagnant sont désormais réunies: la Chine a besoin de l'appui des industries européennes pour accomplir le saut qualitatif qui lui permettra de répondre à la demande croissante de son marché intérieur. L'Europe, handicapée par ses "rigidités financières", a besoin "d'oxygène".


L'Italie en particulier a une carte à jouer avec la tenue l'année prochaine à Milan de l'Exposition universelle, souligne-t-il.
Les Chinois, qui avaient organisé la précédente édition à Shangaï en 2010, sont très intéressés par l'événement, auquel ils pourraient dépêcher quelque 7 millions de visiteurs (sur les 20 millions attendus), moitié touristes, moitié business. Une bonne occasion de monter des "délégations d'affaires" pour aider les Chinois à prendre pied dans le pays, estime M. Cianci.


Ning Li, patron pour l'Europe de BGI, une entreprise hi-tech chinoise spécialisée dans la génomique, estime aussi que "les relations entre la Chine et l'Europe se sont améliorées. C'est très important car actuellement, en tant qu'entreprise chinoise nous avons vraiment besoin d'un partenaire international pour nous aider et travailler avec nous", dit-il.


M. Ning est venu à Milan pour signer un contrat avec deux instituts d'Italie et de San Marino concernant un test génétique destiné aux femmes enceintes. Un rare exemple de transfert technologique de la Chine vers l'Europe.


Son groupe travaille depuis 2010 avec l'Italie, où il compte de nombreux partenaires. "Si vous voulez que vos amis vous traitent bien, traitez-les bien d'abord. Je demande toujours à mon équipe de ne jamais se plaindre de l'environnement local, ça ne sert à rien", philosophe-t-il quand on l'interroge sur l'atmosphère dans le pays.


Avec sa puissance de frappe financière, la Chine ne peut-elle pas être aussi une menace pour une Italie affaiblie ? Pour M. Cianci, "elle joue la carte de l'excellence financière, je l'espère, pas pour acheter ou coloniser l'Europe mais pour avoir des rapports permettant de faire des affaires ensemble. Mais cela dépend de nous: si nous tendons la tête pour nous la faire couper, ce sera de notre faute", conclut-il.

 

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