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Trente-deux voix, c'est l'avance pour l'instant de Barack Obama sur Mitt Romney... au Harry's Bar, repaire mythique des Américains à Paris, qui organise un "straw vote" ("vote de paille") à chaque élection depuis 1924 et ne s'est trompé qu'à deux reprises.
"On est l'institut de sondages le plus fiable", commente, clin d'oeil à l'appui, Isabelle MacElhone, qui dirige cette institution centenaire, petit coin de Manhattan dans le centre de Paris, près de l'Opéra, sous un néon rouge et or.
Chaque Américain qui passe au Harry's le temps d'un cocktail peut voter pour son candidat dans le mois qui précède le jour officiel du vote.
"Nous demandons aux Américains de nous montrer leurs passeports, on vérifie qu'ils ne votent pas deux fois et après on leur donne un bulletin de vote", explique Mme MacElhone.
Chaque semaine, l'urne, fermée par un cadenas, est dépouillée et le score affiché sur la vitre surplombant le vieux comptoir en acajou... http://www.barackobama.com/splash/choice-signup-nd?
Le sosie et la "nounou" de Barack déplorent la fin de l'Obamanie en Indonésie: "J'ai toujours du travail quand je joue Obama, mais évidemment, ce n'est plus ce que c'était": Ilham Anas, sosie du président américain, constate tristement la fin de l'"Obamania" qui avait enfiévré en 2008 l'Indonésie où le "petit Barry" a passé une partie de son enfance.
Avec son large sourire et ses oreilles légèrement décollées, Ilham Anas, 38 ans, pourrait aisément passer pour un frère, ou un cousin, de Barack Obama. Aussi, lorsque celui-ci entre pour la première fois à la Maison Blanche il y a quatre ans, il accède subitement à la célébrité.
Pendant des mois, le jeune homme arpente les studios de télévision et de cinéma en Asie pour des prestations payées rubis sur l'ongle qui lui permettent d'ouvrir sa propre agence de sosies.
Mais quatre ans plus tard, la source s'est tarie et ce photographe de formation est obligé de revenir à son ancien métier. "S'il gagne (un second mandat), j'aurai un peu plus de travail, alors évidemment il a mon vote", s'amuse-t-il.
Barack Obama a vécu entre 1967 et 1971 en Indonésie, archipel de 240 millions d'habitants et pays musulman le plus peuplé du monde, avec sa mère, Ann Dunham, et son nouveau mari indonésien.
Le président démocrate y est revenu en 2010 avec son épouse Michelle. "C'est merveilleux d'être de retour ici!", s'était-il réjoui.
A Jakarta, un homme l'attendait, rêvait de le rencontrer, de le serrer dans ses bras, 40 ans plus tard. Cet homme, Turdi, ou plutôt cette femme, "Evie", un transsexuel, ancien cuisinier et "nounou" des Obamas. Mais Barack ne viendra jamais le voir.
En 2008, "des journalistes du monde entier venaient me voir, d'Amérique, de France, d'Australie, d'Angleterre. Ils me donnaient un peu d'argent. Aujourd'hui, ils ne viennent plus", se lamente le transsexuel de 67 ans qui dut vendre ses charmes après le départ de ses employeurs.
Ilham et Turdi sont les victimes un peu pathétiques de la relative indifférence avec laquelle l'élection présidentielle du 6 novembre est perçue en Indonésie, même s'ils restent majoritairement acquis au candidat démocrate.
Un "Indonésien" devenu l'homme le plus puissant de la planète?
"La dernière fois c'était nouveau, la question était +est-ce qu'un gamin de Menteng (le quartier central de Jakarta), quelqu'un qui a vécu ici, peut vraiment réaliser le rêve américain et devenir président", analyse Arian Ardie, le représentant des démocrates américains en Indonésie.