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Blog sur l'actualité des Antilles et du monde.

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La Guadeloupe en crise aujourd’hui : Une photo de la France demain ?

 

La Guadeloupe, son soleil, ses plages, sa mer bleu émeraude, sa douceur de vivre et.. ses entreprises qui n’en peuvent plus. Le chiffre qui tue, et résume tous les autres : 52 % des entreprises guadeloupéennes sont en défaut de paiement avec l’URSSAF, non pas des charges patronales, mais de la partie salariale, autrement appelé précompte.

                                                                           Emeutes en Guadeloupe, février 2009

Autrement dit, les PME (il n’y a que des PME et même essentiellement des TPE en Guadeloupe) de l’île ont plusieurs mois de retard de paiement des charges sociales, et ne peuvent même pas honorer le minimum légal, le “précompte”, qui représente pourtant “seulement” 30 % du montant total des cotisations à la Sécurité Sociale !

Plusieurs raisons à cela. D’abord bien entendu la crise, qui a ralentit l’activité économique sur l’île, réduit les marges, fragilisé un peu plus encore les trésoreries. Mais en grattant un peu, on découvre un coupable idéal : La Région Guadeloupe et les collectivités locales, gros donneurs d’ordres sur l’île… seraient de très mauvais payeurs.
 
Certains entrepreneurs se plaignent d’avoir dans leurs comptes des factures vieilles de plusieurs mois, voire plusieurs années parfois, tirées sur une commune ou sur la région. Ils avaient d’ailleurs manifesté en octobre dernier, bloquant les routes, pour réclamer le paiement des arriérés. Les banques de l’île, connaissant le problème, acceptent de les contregarantir – en utilisant le Dailly où en accordant des facilités de caisse “les yeux fermés” – mais limitent dans le temps leur souplesse, qui plus est payante, au prix fort.

Ce chiffre dramatique a deux conséquences : la première, c’est qu’arrivé à un tel niveau d’insolvabilité, on n’imagine pas les rédacteurs juridiques de l’URSSAF – ceux qui envoient les relances et notifient les redressements par courrier – faire du zèle. Les inspecteurs qui se déplacent encore moins. Quand une entreprise sur deux ne paye plus ses charges sociales, même le précompte, on attend que le vent tourne.

La deuxième, cela veut dire que les prestations sociales servies dans l’île le sont à crédit, grâce à l’argent envoyé de métropole. Sauf que la métropole, elle, emprunte sur les marchés pour financer à crédit son fameux modèle social….

La Guadeloupe n’est ni plus ni moins qu’une mini-France, en situation d’extrême faiblesse. 25 % des actifs travaillent pour le secteur public en Guadeloupe. En France, ce chiffre n’est “que” de 22 %. Il y a 30 % de chômeurs sur l’île ? Si la France frise les 12 % de chômeurs de catégorie A, en ajoutant les chômeurs de catégorie B et C, et tout ceux qui sont dissuadés de chercher encore un emploi ou ont renoncé à le faire, le seuil des 20 % est largement atteint.

L’agriculture guadeloupéenne est réduite à la portion congrue, décimée par la concurrence des pays à bas coût, ce qui subsiste étant subventionné par les achats français (le fameux privilège de la banane) ? L’agriculture française survit grâce à la politique agricole commune et aux prix négociés, ce qui n’empêche pas le suicide d’un agriculteur par jour en métropole, et l’extrême indigence d’une majorité d’entre eux. En Guadeloupe, 95 % de ce qui est consommé est importé. La France, qui n’est pas une île pourtant, ne fait pas tellement mieux tout proportions gardées, elle dont la balance commerciale est déficitaire de près de 70 milliards encore en 2013.

Finalement, la Guadeloupe ne survit que grâce à son industrie touristique, la première activité économique de l’île. Or, c’est justement le destin que bien des études économiques prédisent à la France, parfois le plus sérieusement du monde : le destin de l’Hexagone, première destination touristique au monde, serait de se transformer en immense Disneyworld pour touristes du monde entier.

Ce que la Guadeloupe est déjà, n’en déplaise à ses habitants. Comment s’en sortir ? Repenser la mondialisation, ici, comme partout ailleurs. Que 95 % de ce qui est consommé sur l’île puisse être moins cher importé que produit localement prouve bien que le bon prix d’un produit ou d’un service n’est pas le même à Caracas, Pointe-à-Pitre, Porto ou Bordeaux. Mais il faudra sans doute encore quelques secousses telluriquo-économiques pour que cette constatation s’élève au rang des évidences.

 

Par Henri   -  (Sources : Economie matin/Fortune)

 

http://www.youtube.com/watch?v=CnOObvUBFKY ; http://search.yahoo.com/search?p=chanson%20antillaise ;

http://www.youtube.com/watch?v=9eiUo8QvNTo ;  http://www.youtube.com/watch?v=nBUQjXHqb3s.

 

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