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Dans un entretien accordé à une chaîne d'information française lors du récent sommet de la Francophonie qui a clos ses portes samedi dernier à Kinshasa, Alpha Condé a promis d'organiser les "élections législatives avant la fin de l'année ou au début de l'année prochaine", a rapporté un communiqué officiel.
Pour le président guinéen, le calendrier de ce scrutin dépend désormais de l'installation de la nouvelle CENI. "Dès qu'elle sera installée, et qu'elle donnera un chronogramme, je vais convoquer les élections", a-t-il indiqué dans cet entretien.
Le président Alpha Condé a confirmé également que "le processus électoral se fait sous la surveillance de la Francophonie".
Pour le chef de l'Etat guinéen, la tenue de ces élections dépend "de la capacité de la CENI à donner un chronogramme. Si la CENI peut le donner avant le 20 Octobre, les élections auraient lieu avant la fin de l'année. Sinon, ce sera au début de l'année prochaine".
Le président Alpha Condé a mis cette occasion à profit pour rappeler "son engagement déterminé et renforcé au service de la bonne gouvernance, de la liberté et de la transparence".
"Je me suis battu pendant 50 ans pour deux objectifs : montrer qu'on peut gouverner l'Afrique autrement, au profit des peuples africains, et montrer qu'on peut faire des élections libres et transparentes en Afrique", a déclaré le président Condé, ancienne figure historique de l'opposition démocratique.
M. Condé s'est rendu dimanche soir au domicile de Mme Boiro à Conakry afin d'y présenter ses condoléances à sa famille, a indiqué la radio publique. Dans un communiqué de la présidence, le chef de l'Etat a indiqué que "les responsables de cet acte lâche et odieux seront traduits en justice" ajoutant que cet assassinat "ne détournera pas le gouvernement guinéen de sa campagne anti-corruption".
"Aïssatou Boiro a lutté sans répit contre la corruption dans notre jeune démocratie. Elle a été emportée de la pire manière mais son travail ne sera pas vain. Nous continuerons le combat contre la corruption", a-t-il affirmé. Alpha Condé, premier président démocratiquement élu de Guinée en novembre 2010, a fait de la lutte anti-corruption une de ses principales priorités.
Plusieurs responsables d'organisations de la société civile de Guinée ont également condamné l'assassinat de Mme Boiro. Leur porte-parole, Fatou Baldé, l'a qualifié de "tragédie (...) qu'aucune raison ne peut justifier". Selon elle, les autorités portent "une lourde responsabilité" dans le niveau élevé d'insécurité actuel en Guinée.
Le responsable de l'Organisation guinéenne des droits de l'homme (OGDH), Thierno Maadjou Sow, s'et dit "choqué et perturbé par cet acte criminel qu'il faudra punir à la hauteur de la forfaiture. Il faudra que l'Etat trouve les moyens de sécuriser les citoyens guinéens qui ont dans leur grande majorité perdu leur sommeil".
Aïssatou Boiro a été assassinée vendredi soir par des inconnus, dont l'un portait l'uniforme de l'armée, dans un quartier résidentiel de Conakry, alors qu'elle revenait du ministère du Budget.
Elle a été à l'origine du démantèlement d'un réseau qui avait tenté en mai de détourner plus de 13 milliards de Francs guinéens (1,5 million d'euros) de la Banque centrale de la république de Guinée (BCRG) impliquant plusieurs cadres du Trésor public, du ministère des Finances et de la Banque centrale, indique-t-on de sources proches des milieux économiques et financiers à Conakry.
Au moins neuf personnes ont été arrêtées à la suite du démantèlement du réseau qui avait tenté de détourner des fonds publics. Une autre est en fuite.