Le drame qui vient d'affecter Haïti a profondément touché les Antillais des Départements d'Outre-mer de la France. Au nom des Martiniquais, le président du Conseil général a présenté la condoléance et la solidarité insulaire entre les peuples de deux îles de la Caraïbe, souvent exposés à des phénomènes de cyclones et de séismes. La Martinique se souvient de l'éruption du volcan sur la Montagne Pelée, qui a détruit et ravagé la ville de Saint-Pierre en 1902. Ce traumatisme est resté jusqu'à ce jour dans la conscience de tous les Martiniquais. L'île-aux fleurs, Madidina (ou la Martinique) est consituée au nord, par un massif volcanique dominée par le Mont Pelée, haut de 1.397 mètres.
De même pour l'île-papillon de la Guadeloupe. L'archipel se montre solidaire aux amis haïtiens victimes de ce séïsme meurtrier. La Guadeloupe est un archipel constitué de la grande et de ses petites îles dépendantes. La plus grande des îles est composée de la Grande Terre et de la Basse Terre, séparée par la rivière Salée. C'est à Basse Terre que l'on trouve la montagne la plus élevée, le volcan de la Souffrière, haute de 1.467 mètres. Les deux îles sont toujours sous la menace d'une éruption volcanique. Une angoisse qui habite les esprits de tous les Antillais.
Ce qui explique que ce qui s'est produit en Haïti n'est pas un phénomène isolé. Dans cette région de la Caraïbe, exposée aux zones sismiques et cyclôniques, aucun pays, aucune île, n'est à l'abri.
Dès l'annonce de la terrible nouvelle de tremblement de terre en Haïti, tous les Guadeloupéens se sont sentis concernés. Les responsables politiques et associatives, associés aux Associations haïtiennes qui existent dans ce département d'outre-mer, toutes, ce sont rencontrées pour conjuguer leurs efforts, pour étudier ensemble le comment pour venir en aide aux familles haïtiennes qui vivent en Guadeloupe. Une cellule psychologique a été mise en place. Elle est installée à Pointe-à-Pître, à la Maison de la Citoyenneté, sur la rue du Commandant Mortenol. Plusieurs réunions ont eu lieu, notamment à la Salle Georges Tarer.
Tout le pays de la Guadeloupe reste mobilisé pour soutenir les frères, soeurs, cousins, amis, et connaissances, Haïtiennes et Haïtiens, touchés par cette catastrophe.
Avec les images vues à la télévision, ou les informations entendues sur les ondes de la radio, voire encore, pour ce qu'ils ont vu sur internet, les Antillais de l'Outre-mer, ici comme là-bas, tous mesurent à présent l'étendu et la gravité des dégâts qui ont occasionnés diverses désolations dans toute l'île de Haïti. Un spectacle de fin du monde. Des maisons éffondrées, des paysages apocalyptiques, des morts se comptant par milliers, des blessés, et encore des gens piégés, coincés entre les bétons des immeubles détruits. Les Survivants aux yeux hagards, traumatisés. Des gens dehors, angoissés, sans abris, à la rue dans la recherche de ce qui reste encore comme membres de familles peut-être encore vivants. Une vie détruite. On pense surtout aux enfants orphelins, seuls, pas une main pour les soutenir. Des vieillards affaiblis, des femmes seules en pleurs. L'urgence est donc de leur venir en aide.
La République d'Haïti, déjà trop pauvre, n'a pas les moyens pour s'en sortir seule de cette triste catastrophe humaine.
La nature n'étant pas clémente, seuls les hommes peuvet les aider. Le pays a plus que jamais, hier, tout comme encore plus aujourd'hui, besoin d'aides diverses, de générosité de toute la communauté internationale.
Il faut saluer les réactions des pays comme les Etats-Unis, le Brésil, le Canada et le Venezuela, qui ont été les premiers à réagir avec rapidité. Le Président Barack Obama a débloqué 200 millions de dollars, dans un premier temps pour aider Haïti. L'Union européenne promet de verser 3 millions de dollars. Plusieurs autres pays s'engagent d'apporter leurs aides. L'ONU avance une aide de 180 millions de dollars d'aides. On ne peut oublier aussi la réaction énergique de la France. Le Président de la République s'est engagée de venir en aide à Haïti. Il s'est personnellement engagée, et pris des initiatives et des décisions d'urgence. Des avions de secours ont quitté la Martinique et la Guadeloupe pour prendre la direction de Port-au-Prince, la capitale d'Haïti. Plusieurs bateaux chargés de médicaments se dirigent actuellement vers cette île. La France recevra plusieurs survivants du séisme en Haïti. Ils seront repartis en Guadeloupe, à la Martinique et en France métropolitaine. Les premiers Haïtiens sont arrivés à Pointe-à-Pitre, pour la destination européenne. Paris vient de recevoir ses premiers rescapés d'Haïti. On ne peut que saluer cette importante aide de la France. Autre geste fort de la France, elle annule toutes les dettes de Haïti.
Il faut faire encore plus. Le temps presse. Il s'agit de sauver le plus rapidement possible la vie des gens qui en ont grandement besoin. On n'a plus le temps d'attendre car il faut agir le plus vite que possible. Il faut se dépecher donc pour faire sortir des gens encore sous les décombres. Apporter les premiers soins aux blessés. Dégager les morts pour éviter les épidémies.
La Croix-Rouge Internationale est évidemment déjà sur place et fait ce qu'il faut. Mais c'est insuffisant. Il faudrait des hommes, des medecins, des infirmiers, des aide-soignants et tout autre secouriste.
La Mission de l'ONU, (MINUSTAH, la Mission des Nations Unies pour la STabilité en Haïti), se trouve aussi depuis longtemps sur place. Soulignons que l'organisation onusienne a été elle-même touché avec la mort de son représentant sur le terrain en Haïti. D'aileurs, malgré tout ce qu'elle fait, l'ONU subit des critiques. Pourtant cette organisation internationale fait ce qu'elle peut pour donner un semblant d'existence à ce pays qualifié de maudit.
Pour comprendre encore cette malédiction, il faudrait peut-être rappeller son histoire, remonter le temps, appréhender ce passé. Haïti est île peuplé par l'aventure européenne de l'esclavage des Africains ramenés là-bas pour travailler la terre au bénéfice des blancs de l'époque. Cette terre fertile est aussi très exposée géologiquement. Car, ce séisme du 12 janvier 2010, n'est qu'une suite des séries malheureuses. Déjà en 1751 et en 1771, la ville de Port-au-Prince avait connu un terrible tremblement de terre qui avait totalement détruit la capitale de Haïti, par un séisme d'une même magnitude que celle-ci, et avec une telle intensité qu'il ne restait plus rien de trace d'une ville. Cela devrait déjà interroger les responsables de l'époque, c'est-à-dire, les colons français. Malgré cela, ils ont reconstruits la ville.
Après des années de conflits politiques, le pays accéda à son indépendance en 1804.
1842, de nouveau un séisme, plus grâve encore, de magnitude 8,1 sur l'échelle de Richter avait détruit l'autre ville haïtienne, de Cap Haïtien, faisant des milliers de morts.
Deux siècles se sont passés. Au XXè siècle, ce n'est plus les tremblements de terre (qui se sont momentanément calmés), mais ce fut les périodes des cyclônes qui vont s'acharner dans la caraïbe, singulièrement en Haïti. En 1963-1964, un cyclone nommé "Flora" avait à peine touché l'île mais faisant d'énormes dégâts, entraînant avec lui sa pire épidémie de paludisme. Et qui va finalement faire plus de huit milles victimes. De nouveau en 1994, où plus d'un millier de personnes sont mortes, ensevelies, après le passage du cyclône "Gordon". Quatre années plus tard, l'ouragan "Georges", bien que moins violent, fera tout de même des gros dégâts matériels, détruisant 80% des récoltes agricoles en Haïti. Le pays connaîtra ensuite des pluies torrentielles impressionnantes, avec des déstructions des plantations. Dans les années 2.000, Haïti va connaître quatre drames : 2004, l'ouragan "Jeanne" fait 3.000 morts ; 2005, un séisme endommage le réseau électrique de la capitale, avec des conséquences terribles, ajouter encore, que les collines autour de la ville haïtienne de Gonaïves vont se dénudées, les forêts et leurs arbres, asséchées, et ce, durant plusieurs années ; 2008, le pays est balayé par des vents violents et des pluies torrentielles, de juin à novembre, avec quatre tempêtes tropicales et des ouragans (dont les plus tristement célèbres sont : Fay, Gustav, Ike, et Hanna), causant toujours des morts et des dégâts, et des Sans-abris ; et enfin, en 2010, ce terrible séisme qui vient de secouer Haïti soulevant l'émotion dans le monde entier, touchant la capitale Port-au-Prince et ses environs, avec une estimation de 100.000 morts, sans compter les blessés et des Sans domiciles.
Nous sommes là, face à drame et à une malédiction divine, diront certains.
C'est vrai que Haïti est un des Etats les plus pauvres de la planète. Il figure, selon le classement de la PNUD (Programme des Nations Unies pour le Développement), à la 154è place de l'indice de développement. Le Programme Alimentaire Mondial apporte son aide pour nourir la population la plus pauvre. 80% de la population vit avec moins de 2 dollars par jours. Quand ils arrivent à les avoir ces deux dollars. Autrement dit, les Haïtiens ne vivent pas mais survivent. Haïti a un fort taux de sa population jeune de moins de 18 ans, à environ 80 % de ses 9 millions d'habitants. La misère est partout. Elle est la conséquence de la mauvaise politique dans ce pays, et de tous les governements qui se sont succédés. Le chômage de ces dernières années a atteint 65% de gens, et que 35% des habitants ne savent ni lire ni écrire. La majoritévit dans des quartiers populaires, souvent insalubles. Sans eau potable, ni nouritures correctes. Les bidonvilles pullulent vaille que vaille. S'alignant dans des endroits exposés aux inondations et autres calamités. Les pouvoirs n'osent même pas les voir, ni s'en occuper sérieusement. Dans ces conditions, il n'est pas étonnant que se développe la délinquance, la prostitution, la pédophilie, le banditisme et la violence gratuite qui conduisent souvent aux assassinats. Ces populations pauvres et vulnérables sont victimes des malfrats et autres marchands d'esclaves (marchands de sommeil), qui profitent de la misère des autres pour les exploiter sans état d'âme. La misère d'un peuple étant souvent conditionnée.
Sur le plan politique, beaucoup ne pensent qu'à eux. Cet égoïsme conduit souvent à l'abandon du devoir et de la mission auquel ils sont mandatés. D'ailleurs la poliitque est devenu un gros mot que l'on qualifie de métier de "menteur professionnel".
On sait aussi que le dictateur-président François Duvalier, dit "Papa Doc", (qui a règné en Haïti de 1957 à 1964, avec sa sinistre milice "les Tontons Macoutes", avant de se voir succéder par son fils Jean-Claude Duvalier,dit "Baby Doc", du même accabit), ces deux personages illustrent bien le chaos prémedité du pays, jusqu'à ce jour. Tous ceux qui les ont succédé n'ont fait que profiter et s'enrichir au pouvoir. Appliquant une dictature nauséabonde. Produisant des fuites des intellectuels et des artistes, exilant les opposants, à défaut de les emprisonner ou les tuer. On oublie pas non plus les "boat people", ces bateaux de fortune bondés fuyant l'île pour réjoindre les côtes américaines. Beaucoup sont morts noyés avant d'arriver à leur eldorado. De plus en plus d'Haïtiens vivent en exil, fuyant la misère et la dictature. Les politiciens étant incapables de développer leur pays. Avec eux, Haïti n'a connu que la malédiction.
Il a fallu les aides extérieures pour aider le peuple haïtien à survivre. Les Organisations Non-Gouvernementales ont été d'une grande efficacité. Sans oublier les Eglises et les associations caritatives. N'oublions pas non plus l'aide des Nations Unies et de certains pays voisins de l'Amérique latine, qui continuent de porter leurs aides à Haïti.
Malgré la bonne volonté des uns et des autres, le pays est demeuré très pauvre.
Il est aussi juste de rappeler que Haïti paye de son audace et de sa fierté. Il est le premier pays "noir" de réclamer son Indépendance. Depuis la révolte des esclaves, il y a 206 ans. La France n'a jamais accepté cela en la quittant. Les Etats-Unis qui ont aussi occupé le pays durant plus d'une trentaine d'années n'ont rien fait non plus durant leur présence dans l'île. De 1915 à 1934, l'endettement extérieur t la crise politique avaient entraîné l'intervention et l'occupation des Etats-Unis. Après leur départ, s'ouvrait l'ère des dictatures jusqu'à maintenant. Cette instabilité est une des conséquences de début de la misère et la pauvreté. Aucun politicien n'a pu faire de Haïti un Etat moderne.
S'il faut porter un bémol, et relativiser cet échec, disons que dans la mesure où un blocus politico-économique s'est instauré par les grandes puissances d'hier et d'aujourd'hui, refusant systématique d'apporter une aide à ce pays, il est évident que le pouvoir avait les mains liées. Dans cette condition, il était impossible de réussir l'après-indépendance.
"1804, Haïti, premier pays indépendant noir !" Et aussi le début de la malédiction.
Au début de ce XXIè siècle, Haïti commençait à donner des bons signes. Le pays allait s'en sortir, croyait-on. Mais, on avait oublié le cataclysme naturel. On peut même se demander pourquoi ce mauvais sort continue à s'acharner sur ce pays ? Le séisme de ce mardi et mercredi dernier a fait réagir rapidement les pays riches et la communauté internationale.
Mais, c'est hier qu'il fallait aider Haïti lorsqu'il avait besoin d'aides. C'est hier, qu'il fallait aider Haïti alors que les scientifiques savaient que le pays était dans une zone dangereuse. Les sismologues, vulcanologues, et autres scientifiques devaient aller sur place pour installer ce qu'il fallait pour observer tout mouvement sismique et les plaques terrestres. On peut déplorer que rien n'a été fait.
Réconstruire Haïti sera un long travail et demandera beaucoup d'argent, des moyens et des politiques adaptées.
Il n'est jamais trop tard pour tout recommencer. Peut-être que ce séisme est un bon signe de bienvenu pour réveiller les énergies pour rebâtir ce pays meurtrie. il faudra des sacrifices. Il faudra laisser ce réconstruire Haïti par les Haïtiens et les aider sincèrement. C'est un devoir pour tous.
Les Antilles françaises, comme les autres pays de la Terre devront s'engager dans cette tâche de la réconstruction d'un peuple. Tout est à faire, à refaire. Plus que jamais, aidons Haïti, restons solidaires à Haïti. Ce pays doit vivre !