Blog sur l'actualité des Antilles et du monde.
Poursuivons notre exploration de la musique antillaise en général, toute la nouvelle tendance actuelle dans ces îles de la Caraïbe, avec ce troisième volet. Le deuxième article publié ici, et vraiment non développé, évoquait le simplement le "dancehall" en proposant des clips-musicaux à découvrir. Cette fois-ci, nous essayerons de voir ces influences et ce sont les différentes tendances qui ont émaillées cette évolution de la musique dans les Antilles françaises. Nous verrons que la Caraïbe a toujours été à la pointe des nouveaux courants musicaux-qu'ils viennent des Etats-unis-, ou des styles anglo-saxons. Une ouverture musicale enrichissante. On verra que cette évolution musicale est une boufféé d'air. Aux Antilles françaises, les musiques s'importent, s'inventent, s'imposent et se réinventent des styles divers.
Prenons le style "ragga", ce genre musical venu de l'île soeur de la Caraïbe, la Jamaïque. Une musique dérivée du reggae qui continue à faire son chemin. Une musique reggae qui fut popularisée par Bob Marley, le véritable pape et roi du reggae.
Comme son aîné, le 'ragga' se nome aussi "raggamufin". Sa véritable appellation. C'est vers les années quatre-vingts que ce nouveau style a commencé par s'imposer dans toutes les Antilles, à commencer par l'île de la Jamaïque. A Kingston, les jeunes démunis se sont essayés à faire une musique à leur portée. Plus besoin d'avoir toutes les panoplies et un producteur attitré. Il suffisait tout simplement d'avoir un équipement approprié et faire la musique qui vous plaît. Sampler, mixer, mettre sa voix sur de la musique et imprimer son CD musical. La venue de nouvelle technologie sur ce plan fut bénéfique et salutaire pour les jeunes musiciens en herbe.
La musique reggae se popularisait et le 'ragga' commençait à prendre sa petite place dans les années quatre-vingts. Les plus jeunes s'y mettaient à jouer ces genres de musiques. Des musiques qui se distinguaient forcément. La nouvelle génération s'y mettent avec le coeur. Les jeunes s'autoproduisent et se chargent eux-mêmes de diffusaient leur musique et à la commercialiser et a la promotionner et la propager dans toute l'île de la Jamaïque. Les radios locales s'en emparèrent du phénomène. Naturellement, elle va se diffuser partout jusqu'à atteindre les îles avoisinnantes hispanophones et francophones. La musique reggae ou ragga plaît à la jeunesse de ces îles de la Caraïbe, anglophone et francophone, voire même celle du continent sud-américain hispanophone.
Si le reggae est langoureux, musicalement répétitif, le ragga va gagner en son côté percutant, avec des textes très rap. Parce que le ragga se rappe, plutôt. Le principe est d'ailleurs simple, sur du son de la musique, le chanteur raggamufin égrène ses phrases. Souvent engagées. Les problèmes sociaux étant aussi nombreux. Come souvent dans les autres îles de la Caraïbe. En écoutant la musique du ragga, on note que le chanteur égrène des paroles criantes de vérités (quelque soit la langue). Des paroles chantées ultra-rapides. Du genre rap. On bouge en écoutant la musique et les paroles. Le mélomane découvre aussi les parole du DJ, souvent le chanteur (ou chanteuse) attitré(e)s. Un style de rythme que les adeptes raffolent.
Ce fut l'ère de la révolutin digitale. Les DJ's s'y donnaient à coeur joie. C'est avec bonheur que l'on découvre les grands noms de ce style ragga, reggae, raggamufin, dancehall, dancefloor et autres, tels que, Capleton, Dr Alban, Elephan Man, Admiral Bailey, Lieutenant Stitchie, Ice MC, Datcha Dolar'z, Buju Banton, Josey Wales, Krys, Mr Vega, General Degree, Johnny Osbourne, Damian Marley, Shabba Ranks, Wayne Wonder, Terror Fabulous, Ranking Toyan, Mavado, Little Lenny, Super Cat, Lady Saw, Born Jamericans, Ward 21, Spragga Benz, Red Rat, on en oublierait presque les meilleurs, puisque la liste pourrait être très longue, surtout lorsqu'on pense aux plus grands, les pionniers,
comme U-Roy, ou Yellowman.
C'est vrai que depuis, les jeunes talents viennnent s'ajouter dans cette liste des meilleurs de ce genre musical jamaïcain très "made in Jamaïca".
Le style de cette musique ne c essant d'évolueravec des apports divers, technologiques ou tendances musicales. La révolution technologique a, en effet, permis une amélioration de la qualité musicale de la musique antillaise. Il existe aujourd'hui plusieurs façons de faire et jouer de la musique. Sans passer dans les canaux habituels. Avec une boîte à rythmes, seul dans son coin, devant son ordinateur, micro à la main, on peut composer, chanter, ajouter de la musique qu'on veut, dessus, créer son propre style, graver sur son CD sa propre musique, la diffuser, comme on veut. C'est cela aussi l'évolution technologique dans ce domaine. Plage musicale, synthétiseur, boîte à rythmes. On peut tout faire avec cette nouvelle technique dans la musique des tropiques. Certains en ont trouvé le bon filon pour faire la musique.
De là, on en est arrivé à ce style de musique nommé la "dancehall hardcore". Dont, les meilleursreprésentants restent des artistes comme Capleton, Bounty Killer, ou Bernie Man.
Dans notre précédent article, consacré à l'évolution de la musique des Antilles, nous vous avons laissés apprécier cette musique de 'dancehall', avec quelques clips. Des styles très variés. Ajoutons tout de même, qu'avec cet article, nous allons encore plus loin sur la "Dancehall". Issue du reggae, ce dernier a vu le jour à la Jamïque, bien sûr, dans les années quatre-vingts, d'ailleurs quelques temps enfantant le 'raggamufin'. C'est donc avec raison que l'appelation de "ragga dancehall" soit fort juste pour ce style de musique. Le style a enfanté ses dérivés en reggae, en soca, et tout le reste. Il y en a tant de ces styles : ragga jungle, slackness, rub-a-dub, et plus loin, le reggaeton (pour l'Amérique latine).
Le reggae dancehall est une variante de dancehall la plus proche du 'reggae' des années soixante-dix, sur des rythmes très 'roots' conservant la structure 'one drop' de celui-ci. C'est une définition qui lui va bien puisqu'elle a souvent le même style de message engagé à faire passer, que le reggae lui-même, militer contre ce que l'on nomme "Babylon", pour la légalisation de la marijuana, mais aussi, des révendicatiôns sociales ou politiques, plus diverses.
Les thèmes et les sujets révendicatifs ne manquent pas dans ces régions dominées par les puissants à l'esprit très colonialiste.
Pour les textes, les auteurs du reggae dancehall doivent faire preuve d'originalité dans leurs compositions musicales. Certains morceaux sont assez explicatifs, faciles à saisir le message. En anglais, en français, en créole ou en espagnol. La Jamaïque en est arrivée à s'inventer des nouveaux mots dans une une langue anglaise branchée, compréhensible seulement aux initiés. Les non-initiés ne retenant que les rythmiques. Au fond, la nouvelle musique de dancehall est révendicative. Pour les mélomanes, cette musique a tendance à se rassembler.
Le style musical de ce dancehall est parfois difficilement définissable. A noter qu'à l'origine, il s'agit d'une musique restreinte, jouée dans un espace clos. Ce terme désigne plutôt une connotation de groupe, d'ambiance, de rassemblement. Ainsi, le 'dancehall' peut rendre le son aussi bien numérique ou 'hardcore', que 'roots'. On peut considérer que le 'dancehall' est au monde, ce que le 'hip hop' est, en sens technique, à la musique noire américaine populaire. Il s'agit de 'deejays' posant sur des rythmes 'hardcore', (c'est-à-dire plus violents que le reggae et non plus 'rrot'. On peut le dire, dans les ressemblements festifs habituels que l'on appelait 'Dancehall', à l'origine de ce style, on réalisait un morceau différent à partir d'échantillons de vieux classiques de reggae. Le parallèle avec la musique "hip hop" se fait donc par l'utilisation non seulement de 'samples', mais également de synthétiseurs intervenant, parfois de bout en bout, dans la réalisation de certains albums.
Une contatation. La grande révolution fut, en effet, l'arrivée des machines numériques, en Jamaïque, vers 1984. De nombreux compositeurs se sont mis à la composition audio-numérique. Le nouvel outil informatique qu'est l'Internet, permet ainsi de faire connaître, se faire connaître, par le biais des réseaux sociaux et des sites d'hébergement de vidéo (nous pensons au site de Youtube, par exemple). Très rapidement, ce style musique s'est propagé partout dans la Caraïbe anglophone, espagnole, puis en Amérique latine, hispanophone et les Antilles francophones.
La base "reggae" servant de référence musicale. Pour s'en inspirer. Aux Antilles françaises, par exemple, le 'dancehall' a été une révélation musicale. Tous les jeunes vont s'y mettre. Après les autres rythmes qu'a connu la Caraïbe francophone, le 'dancehall' va peu à peu prendre sa place auprès des jeunes.
La jeunesse antillaise va s'en emparer, pour tenter d'imposer certaines révendications sociales, passer souvent sous-silence. Le problème de société, le chômage, etc..., tout cela va être mis en lumière des responsables politiques. Hier, parfois avec indifférence, mais aujourd'hui, on ne peut plus en esquiver. La France doit voir ces Antilles souvent oubliées. Que ce soit à la Guadeloupe ou à la Martinique, et en Guyane, des jeunes artistes osent. Parfois maladroitement. La vulgarité prenant le dessus. Voire même parfois, la violence. On a du mal à comprendre les agressions physiques. Comme par exemple ce qui s'est passé le 25 août 2012, en Guadeloupe, à Petit-Bourg, où l'on a appris avec stupeur l'agression du chanteur de dance hall, Saïk, qui a été poignardé, par un autre chanteur. Pourquoi ? Par jalousie ? Commandité ? Nous verrons ici, les noms de tous ces artistes qui s'impsent dans ce style de musique. Ils chantent en français, en créole, parfois aussi en anglais (influence ango-saxonnne oblige). Mais en général, chacun veut garder l'authenticité de la couleur locale. Le phénomène s'est étendu jusqu'à la Guyane française.
Dans les Antilles françaises, les jeunes artistes vont sortir des albums style dancehall, ou ragga (raggamufin). A l'exemple des artistes, ou groupes, tels que, le Guadeloupéen Admiral T., ajouter aussi tant d'autres qui n'ont pas échapper au phénomène, Karukéra Sound System, Krys, Kalash, Kaf Malbar, Nèg Marron, DJ Halan, Saïk, Raggasonic, Lieutenant, Général Tcho, Daddy Yod, MC Janik, Saï Saï, Taïno, Original Uman, Little Dany, Jamadom, Digital Cut, Blacko, etc...,pour ne citer que ceux-là, les plus en vogue actuellement dans les Antilles-Guyane-Réunion. On n'oublie pas non lus les autres départements d'outre-mers, comme la Nouvelle Calédonie ou le Mayotte.
Bien entendu, tous se sont saisis de ce phénomène du "reggae", ", "dancehall", "dancefloor", et autres. C'est un phénomène qui a toujours existé. Les Jeunes s'adonnent à toutes ces nouvellles musiques qui déferlent dans les Caraïbes. Comme jadis, lors de l'apparition du reggae jamaïcain de la grande gloire avec Bob Marley et l'apparition des cheveux "dreadlook" et autres 'tresses' à l'africaine. On peut encore l'observer aujourd'hui. Il suffit de se promener dans les rues de Pointe-à-Pître, Basse-Terre, Fort-de-France, Cayenne, Saint-Denis de la Réunion, Port-au-Prince d'Haïti. L'univers music s'est aggrandi. On dit "les adeptes de la musique rasta", pour les généraliser. De toutes les façons les influences anglaises sont si puissantes que la société antillaise a réellement changé au niveau comportemental, tant dans le parler même. (Le créole s'est anglicisé). C'est un constat depuis plus de deux décennies.
Le ragga a été le véhicule pour propager ce style de musique et s'imposer dans la société antillaise. Même si les autres musiques persistent et existent toujours. L'arrivée du reggae a été un phénomène non seulement musical mais sociétal. On apprécie les "riddims dancehall Club" qui se développe encore. Les jeunes se réunissent souvent pour écouter et apprécier ce style de musiques. Tout cela qui fait évolué la musique dans la Caraïbe.
A lire les articles déjà parus dans ce blog :
- "Musique antillaise : De la biguine au Zouk" ( paru le 1/ 07/ 2007)
- "Musique antillaise : Du Zouk au Dancehall" (paru le 3/ 11/ 2007) - avec des vidéos
- "Musique antillaise : Evolution de styles musicaux, de ragga au dancehall, en passant par le dancefloor (7/ 04/ 2013).